L'oiseau blanc ou sous le signe de la sciatique

Il avait pensé : « On va faire péter l'Univers ! » Et il le lui avait dit.

04 juillet 2007

Juin 2005 – Les signes

Univers quantique

[ Mardi 31 Mai 2005 Démission de Jean-Pierre Raffarin. Dominique de Villepin est nommé Premier ministre. La passation des pouvoirs a eu lieu à 16 heures à l'hôtel Matignon.]

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( réf : http://planetebleue.canalblog.com/images/t-cigarette_composition.gif - journée anti-tabac)

L’histoire de Juliette et Arnaud est arrivé à un point où... un point est nécessaire !
Arnaud est seul dans son studio, assis dans son fauteuil, et pratique une sorte de « méditation », même s’il est encore novice dans cet art.
Il essaie d’éliminer toute pensée concernant ses tracas quotidiens pour se concentrer sur les évènements des six derniers mois. Il se dit que trop de coïncidences sont survenues pour que celles-ci ne soient que le fait du « hasard », tout au moins au sens commun du terme, et il est bien obligé de constater que le hasard n’existe pas. Ou plutôt, que c’est une frontière artificielle posée là par la science pour indiquer ses limites.
Là où finit la science, commence donc le « hasard ». Cette pensée le perturbe car elle va à l’encontre de son éducation, de toutes ses convictions ayant conduit sa vie avant sa rencontre qu’il a longtemps interprétée comme l’amorce des coïncidences.

Mais objectivement, il ne pense plus que ces hasards « providentiels » soient provoqués par son amie, car ils se sont manifestés avant même qu’il ne la connaisse. Aujourd’hui, il est persuadé que le spirituel a quelque chose à voir avec ces phénomènes, d’autant que Juliette a exploré bien avant lui ce chemin. A sa manière, bien sûr, et sans que pour elle ne se manifeste ces synchronicités.
Son amie a baigné depuis sa plus tendre enfance dans un monde « fantastique » et a bien du mal à se gérer : la jointure avec le quotidien d’un monde uniquement préoccupé de matériel est délicate...
Quant à Arnaud, il a toujours vécu jusqu’avant sa rencontre dans un cocon ronronnant, rationaliste jusqu’au bout des ongles, ne croyant absolument pas à tout ce qui concerne le « paranormal », évitant toute remise en question.

Chacun apporte donc à l’autre sa vision. Une complémentarité. Deux fenêtres sur l’Universel. Il se dit que tout devrait être simple, mais de par leur caractère, affirmé et différent, il leur est difficile de s’entendre.

Et des heurts inévitables se produisent. Destructeurs, mais aussi constructifs, par les prises de conscience qu’ils provoquent. Et il sent confusément qu’ils se doivent d’explorer ensemble ce chemin de Vie, malgré toutes les difficultés – la plus part imaginaires d’ailleurs et grossies via le prisme de leur imagination débordante. Heureusement, Juliette est sur la même longueur d’onde sur ce choix de continuer la route ensemble.

Arnaud se remémore son ancienne vie...

Etat des lieux de leur situation avant leur rencontre.

Jusqu’à ses six derniers mois, Arnaud n’avait pas vécu heureux. Et il avait pensé que quelque chose avait cloché chez lui.
Son couple s’était lézardé au fil du temps et s’il avait continué ainsi, son fils, Benoît, âgé de 16 ans aurait fugué, il en était sûr : l’hostilité latente qui s’était progressivement installée dans le couple avait fortement perturbé son fils qui écourtait de plus en plus les moments où il devait être à la maison. Pour Coralie, sa fille âgée de vingt ans, le problème ne se posait pas : elle était majeure, indépendante, un boulot, un studio à Paris et un petit ami.

Aussi, Arnaud avait décidé un jour qu’il allait droit dans le mur et  s’était mis à chercher un studio.
Pour faire un break.
Peu de temps après, il rencontrait Juliette.

Aujourd’hui, Arnaud trouve encore extraordinaire cette rencontre à priori improbable, même si le chemin du spirituel qu’il commence à emprunter lui donne un début d’explication. Il est maintenant persuadé que c’est grâce aux « signes » que la rencontre a eu lieu.

… Arnaud souhaite mettre les choses à plat : il s’installe à son ordinateur et commence à frapper. En mode télégraphique...
« Sous-location – studio, visite avec Marc – sa petite amie qui sous-loue.
absente... »

Arnaud s’est arrêté d’écrire, repensant une nouvelle fois à la manière dont tout cela s’est passé.

... Pourtant, cela avait été un rendez-vous banal. Mais ensuite, la manière dont la location - plutôt la sous-location - s’était réglée avait été étrange, le studio qu’il avait visité répondait en grande partie à ses attentes : entièrement meublé, cuisine spacieuse, grande chambre avec deux fenêtres sur cour qu’il pourrait séparer avec des paravents, lui permettant de recevoir son fils.

A Marc qui lui faisait visiter le studio, il avait tenu à raconter honnêtement son histoire. En fait, il s’agissait d’une sous-location d’une durée de six mois au moins, la location elle-même était au nom de l’amie de Marc : 
« C’est curieux votre histoire, avait répondu Marc après qu’Arnaud lui ait présenté sa situation. Cela ressemble à mon histoire. J’ai fait un break avec mon amie, et nous allons nous remettre ensemble... »
L’analogie était quand même approximative : Arnaud avait tout juste cinquante ans, alors que Marc et son amie en comptaient à peine trente et le « break » des deux histoires n’avait de commun que la dénomination.

Arnaud s’est remis à son texte.
« Rappel le soir – amie de Marc qui me sous-loue le studio – sans me voir. Premier signe ? » 

... Il n’avait pas vu l’amie de Marc...
Ils s’étaient quittés sur le coup de deux heures, il saurait dans la soirée si la transaction pouvait se faire.
Le soir, la petite amie de Marc l’appelait.
Arnaud lui avait présenté sa situation plus en détail, Marc ayant déjà transmis à son amie un certain nombre de renseignements.
Sans voir Arnaud, elle avait dit :
« Ce studio, c’est pour vous... »
L’amie de Marc s’appelait Juliette...
Second signe...

«... Plus frappant : prénom amie Marc : Juliette ! »

Mais ce n’était pas « sa » Juliette, la véritable rencontre viendrait peu de temps après.
Une fois dans son studio, très agréable, il n’avait pu s’empêcher de déprimer. Et sa femme, Martine n’avait rien fait rien pour l’aider : elle pensait sans doute que cela n’aurait duré qu’un temps, qu’il aurait fait amende honorable et serait revenu « à la maison », comme un toutou demandant pardon !
Même si cela avait été tentant, à aucun moment Arnaud n’avait  songé retourner dans son trois-pièces.
Trois-pièces qu’il avait d’ailleurs entièrement payé, et que sa femme avait cependant occupé sans que cela ne lui posât aucun problème ! Son du en somme...

Tout cela s’était passé en Septembre.
Au début, Arnaud était retourné à « la maison ». Difficile de couper tout, après vingt ans de vie commune. Obligé de laisser tous ses objets : de toute façon, il n’aurait pas eu de place dans son studio. Mais toujours sous l’hostilité et la rancune de sa femme. Il n’y pouvait rien : le passé était le passé, il n’aurait pu réécrire l’histoire, et même, honnêtement, il n’avait pas bien vu où il avait exagéré.
Oh, bien sûr, il avait constaté amèrement son manque de fermeté, tant auprès de sa femme que de son fils, mais là encore il n’avait pu changer, malgré tous ses efforts.

Arnaud a continué de frapper à l’ordinateur.
« Fin septembre : emménagement studio - deux mois de solitude, Benoît  trois jours par semaine.
Fin Octobre : vacances de Toussaint. Une semaine Alpes - association de randonnées. – Sciatique
Mi-Novembre : rencontre Juliette – Café " L’Insolite " »

...Puis, il y avait eu la Toussaint, une semaine de vacances dans les Alpes, avec une association de passionnés de randonnée qui louait un chalet depuis des années pour leurs activités.
Un certain Roland Couettaroc, architecte renommé, passionné de randonnées entre copains, avait créé cette association qui affichait déjà plus de vingt ans d’ancienneté. C’était le second séjour d’Arnaud dans ce chalet.

Arnaud était parti avec son fils. Pour la première fois, il y avait retrouvé ses compagnons de l’année précédente avec plaisir. Mais ce n’était pas que des vacances, car il avait été prévu quelques travaux pour l’entretien du chalet. En particulier de la peinture.

Il faisait froid, Arnaud était peu sportif.
C’est là qu’il avait contracté une  " sciatique ".

Arnaud s’est arrêté d’écrire. Il n’est pas satisfait. Peu de phrases tapées, mais déjà, il trouve ennuyeux d’écrire de cette manière. Trop sec. Il a envie d’autre chose. De créer ce monde qui mêle réalité et imaginaire...
Où il prend plaisir à écrire.
Pourquoi pas sous forme théâtrale ? Il a un petit talent d’écriture, il a déjà plusieurs sketchs à son actif, mais il ne voit pas comment mêler ce genre avec cette histoire de signes et de coïncidences...

Ce doit être un roman ! Il ne s’est jamais risqué à ce type de littérature, mais il se sent prêt.
Il commence à imaginer le scénario.
En premier lieu, il ne souhaite pas utiliser leurs propres prénoms : il décide d’appeler ses personnages Vincent et Audrey.

Le titre de son texte lui parait évident : « L’oiseau blanc, ou sous le signe de la sciatique ».

Posté par Pluto à 06:12 - Vibration incertaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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