04 juillet 2007
Juin 2005 – Juliette – tourmente
Univers quantique
[ Jeudi 2 Juin 2005 - Deux membres de Médecins sans frontières, un coordinateur logistique français et un chauffeur congolais, ont été enlevés par des hommes armés en Ituri, dans le nord-est du pays. L'organisation Médecins sans frontières a précisé être sans nouvelles des deux membres qui se rendaient dans une voiture clairement identifiée sur le camp de déplacés de Jina dans la région de Djugu, situé à 35km au nord de Bunia, la capitale du district d'Ituri. Des témoins rapportent les avoir vus se faire arrêter et conduire à pied par un groupe d'hommes armés non identifié vers une destination inconnue. L'enlèvement n'a pas été revendiqué et aucune demande n'a été formulée. ]
Tout a pourtant bien commencé : Juliette est partie en prenant bien soin de se prévoir une marge : elle ne doit pas rater l’heure.
Elle se rend à la Sorbonne, assister à une conférence sur l’Art, mais chose plus importante, rencontrer André Chichon. Elle a déjà manqué un premier rendez-vous, le fameux jour où elle a trouvé son Arnaud au Café « L’Insolite ». Heureusement, le grand parfumeur ne lui a pas tenu rigueur du rendez-vous manqué et elle a pu reprendre contact.
Il est vrai que son charme a joué, même si elle ne s’en rend pas compte.
Elle a donc pu « rattraper le coup » en obtenant une seconde chance, ce rendez-vous de ce matin. Mais ensuite, les évènements tournent mal.
D’abord, une chaleur orageuse et étouffante baigne sur Paris depuis le matin et Juliette supporte très mal tous ces temps. Mais pas uniquement elle : elle ressent une agressivité latente chez toutes les personnes qu’elle croise, il y a de « l’électricité dans l’air ».
Ensuite, le bus qu’elle doit prendre lui file sous le nez, alors qu’elle arrive à l’arrêt. Et ce, malgré le signe qu’elle a fait. Impossible que le conducteur ne l’ait pas vue : Il a manifestement détourné l’attention, et comme aucun voyageur ne souhaitait descendre, il en a profité pour griller la station !
Plus d’un quart d’heure d’attente avant que le suivant n’arrive. Bondé, bien sûr et une promiscuité gênante.
Puis des camions poubelles, ralentissant la progression du bus, une altercation entre le conducteur et une femme agressive, qui légèrement bousculée par un jeune, plus insouciant que réellement violent, s’emporte après lui violemment. Une dispute qui dégénère, la femme, plutôt bourgeoise, n’admettant aucun des arguments de conciliation proposés par le jeune pour calmer la situation. Juliette voit avec horreur le temps passer, elle va arriver en retard si cela doit continuer comme cela...
Enfin, pour couronner le tout, Bénédicte l’a appelée sur son portable : Juliette cherche à louer un deux pièces pour se rapprocher d’Arnaud et son amie lui a promis de se porter garant pour la caution. Et là, soudainement, Bénédicte se défile. Peu importe les raisons, Juliette ne peut s’empêcher de penser qu’une « meilleure amie » ne peut faire cela. Elle-même, dans une situation identique, n’aurait jamais agi ainsi.
C’est dans ces conditions qu’elle est arrivée à la Sorbonne. Par chance, l’exposé n’a pas commencé, le conférencier est en retard.
Juliette souffle : tout s’arrange...
Elle se présente au contrôle, et là, on lui demande sa carte d’identité.
« Curieux... » pense-t-elle.
Jusqu’à présent, la présentation des papiers n’était pas exigée, mais apparemment des consignes plus strictes ont été mises en place.
Et avec horreur, Juliette s’aperçoit qu’elle ne les retrouve plus ! Impossible d’y déroger : on lui refuse l’entrée.
Son esprit vacille : chaque fois qu’elle entreprend quelque chose des empêchements se mettent en place.
En désespoir de cause, elle se décide à appeler Arnaud. Elle ne veut pas le reconnaître, mais il a de temps en temps de bonnes idées.
Le portable a sonné, Arnaud décroche.
« J’ai un problème : je ne retrouve plus mes papiers... C’est grave : on me refuse l’entrée, je vais encore une fois rater mon rendez-vous avec André Chichon... »
Elle est soulagée d’entendre sa voix, elle se sent si seule et démunie dans ces moments là ! Arnaud lui a répondu. Mais c’est la douche froide pour Juliette. Une nouvelle fois ! Juliette répond presque en colère, malgré elle car elle sait au fond d’elle que ce n’est pas la bonne méthode :
« Bien sûr que je les ai cherché partout... »
Juliette a pris de plein fouet la réflexion d’Arnaud. Encore une fois, elle culpabilise : comme si elle était responsable de la façon dont les évènements s’enchaînent ! En temps normal, elle aurait réagi plus sereinement. Mais cette rencontre avec André Chichon est vitale pour elle. Elle écoute Arnaud :
« (... )
- Comment cela : « ce n’est pas grave ! » ?
- (... )
- Quoi ? Sous tes affaires ? Mais tu le fais exprès. Tu aurais du savoir que j’en avais besoin... »
- (... ) »
Cette fois, Juliette est prise par une fureur incontrôlée :
« Tu vois dans quel pétrin tu me mets. Tu ne fais attention à rien. Je ne veux plus te parler.
- (... )
- Non ! Je ne veux pas que tu viennes. Et ne me rappelle pas, je coupe le téléphone. Salut. »
Rageusement, Juliette a coupé le portable. Cela a été plus fort qu’elle.
Elle se sent tout de suite horriblement mal.
Mais pas question de rappeler Arnaud : après ce qu’il lui a dit !
Elle reste un instant immobile, avant de s’asseoir sur la banquette, face à l’accueil. Elle a décidé de ne pas se laisser submerger par ce qu’elle appelle un « trou noir ».
Se concentrer et évacuer le stress et la frustration par la respiration : quatre inspirations, trois temps d’apnée, puis trois d’expiration suivis à nouveau de trois apnées. Un temps, un battement de cœur. Et cela pendant une minute...
Pendant son « travail », un éclair illumine la baie vitrée suivis presque immédiatement d’un roulement de tonnerre et d’énormes trombes d’eau.
Une pluie diluvienne s’abat qui submergea tous les trottoirs, faisant dégorger les bouches de caniveau.
En quelques minutes, c’est un raz de marée, toute la circulation est immobilisée...
Les lumières s’éteignent, seuls les lampes de secours continuent à luire. Juliette a arrêté son exercice : elle n’aime pas les orages. Cela doit évoquer des souvenirs inconscients et douloureux. Elle n’a pas encore compris exactement pourquoi.
Une porte s’ouvre : par précaution, la sécurité fait évacuer les lieux.
Et dans le groupe de personnes qui lentement sortent, André Chichon !
Juliette le reconnaît de suite et va à sa rencontre.
« Monsieur André Chichon ?
- Oui ?
- Je suis Juliette Despré. Nous avions rendez-vous.
- Effectivement. Mais comme je ne vous ai pas vu...
- Veuillez m’excuser, mais j’ai eu un contretemps. J’abuse, mais si vous me permettez de passer un coup de fil rapide...
- Je vous en prie... »
Juliette appelle Arnaud.
… Ce dernier a été « anéanti » par la brusquerie de Juliette lorsqu’elle lui a raccroché au nez. Elle le sent immédiatement et regrette sa réaction brutale.
Mais dès qu’il entend sa voix et qu’ils peuvent s’expliquer, tout est à nouveau clair.
« Un amour ! Mon bébé d’amour... » pense Juliette. Au son de la voix d’Arnaud, Juliette se sent à nouveau en harmonie, tous ses tracas précédents dilués.
Et chose merveilleuse, il en est de même pour Arnaud.
La pluie a nettement diminué d’intensité, le cours normal des choses se remet en place...
Après une courte explication entre eux, chacun se remet à fonctionner : Juliette retrouve André Chichon, ils décident de prendre un pot à la cafétéria en attendant que l’exposition rouvre ses portes. Quant à Arnaud, il se remet à son ordinateur pour écrire son texte...
Pour Juliette et Arnaud, l’univers s’est remis en ordre de marche...
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=228769&pid=5347203
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :