L'oiseau blanc ou sous le signe de la sciatique

Il avait pensé : « On va faire péter l'Univers ! » Et il le lui avait dit.

04 juillet 2007

Avril 2007 - Assemblée générale

Alternative quantique

[ Mercredi 15 Juin 2005 Motivé par des raisons de mise en conformité du bâtiment aux normes modernes de sécurité, ou à cause d'une restructuration comme le pensent les syndicats, le magasin de La Samaritaine est fermé pour une longue période ]

15juin2005_1_3

( réf : http://www.interet-general.info/IMG/Luxembourg-15juin2005-1-3.jpg )

L’assemblée générale des copropriétaires de l’immeuble où habite Arnaud a débuté à 19h30. Il a du faire de gros efforts, perdre une soirée pour cette réunion ne le réjouit guère, mais sa propriétaire, Noémie Fargefry, une petite personne discrète, âgée de quatre vingt ans et venant de se faire hospitaliser, a été persuasive. Et puis, elle est tellement charmante, qu’on ne peut rien lui refuser !
Elle l’a persuadé que la situation est grave : et comme elle ne peut être présente, elle a donné son « pouvoir » à Arnaud. Principalement pour voter contre la résolution onze. Pour le reste, son locataire a carte blanche pour décider de lui-même.

Huit heures : l’assemblée générale a débuté depuis un quart d’heure. Elle se tient dans une partie inoccupée du parking. Chaque participant a apporté de quoi s’asseoir et une table a été installée autour de laquelle se tiennent deux personnes représentant le syndic de l’immeuble et les cinq membres du conseil syndical.
Un président de séance est nommé : Alexandre Vreserp. C’est le président actuel du bureau du conseil syndical, choisi essentiellement pour son aptitude à nager comme un poisson dans les arcanes administratives, et à trouver rapidement la petite « bête ». Alexandre ne laisse rien passer, toute facture concernant la résidence est épluchée en détail, il a toujours su choisir les meilleurs devis ; les copropriétaires n’ont jamais eu à se plaindre de sa prestation.

La réunion a suivi son train-train habituel : unanimité sur un certain nombre de résolutions, discussions à n’en plus finir sur des broutilles, comme la durée de la minuterie ou la couleur des digicodes...
Une heure et demi est passée quand arrive sur le tapis la fameuse résolution onze.
Jusque là ayant écouté distraitement les paroles échangées et voté de la façon la plus honnête en imaginant ce qu’aurait fait sa propriétaire à sa place, Arnaud fait appel à toute sa concentration.
C’est le « clou de la soirée » avec une résolution complexe.
Elle a pour sujet le voisinage avec les gens « de la rue ».

La société engendre de plus en plus de « SDF » et ce n’est pas la nouvelle Europe mise en place, suite à la ratification de la constitution en 2005, qui freine le mouvement, bien au contraire !
Les « SDF » de plus en plus nombreux détonnent dans le paysage propre et lisse de l’immeuble. Pendant le dernier hiver, un des plus rigoureux depuis de nombreuses années, beaucoup de ces laissés pour compte ont essayé de pénétrer dans le hall de l’immeuble ou le parking pour trouver un peu de chaleur. Cette promiscuité a alors fortement gêné la plupart des résidents.

Noémie Fargefry aussi, et peut-être plus encore que la plupart car sa sensibilité naturelle l’a toujours poussé vers un idéal exigeant de la beauté, en particulier chez l’être humain !
Mais elle comprend et arrive à oublier son ego en se mettant à la place de ces malheureux. Des problèmes ont surgi. Mais aussi des bagarres et des disputes.
Jusqu’au moment où un SDF a été retrouvé mort dans la rue, sur le trottoir en face.
La veille de ce jour fatidique, le gardien l’a « viré » du parking. Pour sa défense, il est vrai que cet homme pouilleux et malade avait vomi, répandant une odeur dans les sous-sols : mais cela a mis à jour un problème latent jusque là et une énorme culpabilité a atteint la plupart des résidents.

Pour remédier à ce problème, le conseil syndical a décidé de plancher pendant le dernier trimestre sur une sorte de règlement intérieur pour l’accueil et l’aide aux SDF.
Pour aboutir à cette fameuse résolution numéro onze...

Alexandre Vreserp la lit intégralement, après avoir longuement expliqué la manière de travailler du conseil syndical.
Encore une fois, tous les participants ont apprécié son intervention.

Motion numéro 11

Règlement extérieur de la copropriété Dessanges 2007

1 – Préalable : Respect, propreté et ponctualité sont la base d’une bonne gestion de la copropriété.

2 – Notre copropriété ayant considérablement réduit les horaires de travail des gardiens, les SDF ne pourront circuler rue Bezout, devant l’entrée de la résidence, que de sept heures du matin à six heures du soir, et ce, les jours de semaine seulement.

3 – Chaque SDF voulant circuler dans la journée, devra signer un registre pour marquer sa présence.

4 – Leur habillement devront être de type le plus sobre. Les SDF ne devront pas se laisser aller aux fantaisies des vêtements de couleurs vives ; ils devront porter des chaussure et non des succédanés (comme des bandelettes de papier journal, ou des sacs plastique)

5 – S’ils doivent entrer pour une raison diverse dans le hall de l’immeuble, ils devront y laisser à coté de la loge, dans un espace qui leur sera propre, leurs manteaux ou pardessus. Toutefois, lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes, cache-nez et bonnet seront autorisés.

6 – La copropriété met un chauffage d’appoint au gaz, à la disposition des SDF. Afin qu’ils puissent se chauffer, il est recommandé – mais non exigé – à chaque SDF d’apporter une obole symbolique durant la saison froide, correspondant à la consommation de gaz..

7 – Concernant les « appels de la nature », les SDF devront utiliser le jardin intérieur de l’immeuble.  Un espace spécialement aménagé leur sera attribué. Bien entendu, cet espace devra être tenu dans un ordre parfait.

8 – Il sera strictement interdit aux SDF d’élever la voix pendant leur présence dans le hall.

9 – Le tabac, le vin ou l’alcool sont interdits dans l’immeuble.

10 – La prise de nourriture est autorisée à l’extérieur de l’immeuble, entre 11h30 et midi.

11 – Chaque jour, un responsable parmi les SDF sera choisi pour assurer le nettoyage et la propreté du hall. Les SDF les plus jeunes se présenteront en fin d’après midi, quarante minutes avant la fermeture de la loge, pour procéder au nettoyage. Brosses, balais, serpillières et savon seront fournis par les gardiens.

Le vote ne pose pas de problème : la motion est adoptée par Dix-mille quatre cent vingt tantièmes contre quatre cent dix.

L’Univers a grondé.

Néanmoins, quatre personnes ont voté contre, dont Arnaud.
Parmi les trois personnes opposées, Philippe, un septuagénaire, ancien historien spécialisé dans l’histoire sociale de la fin du dix-neuvième. Cette résolution rappelle quelque chose à Philippe...
Et il s’en souvient soudainement : il s’agit du règlement intérieur de la Vinaigrerie Dessaux des années 1880 !

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Rue Ducouédic

(H)umour

Rue Ducouédic, au bar de l’Insolite,
Il y a des, il y a des...
Il n’y a pas Dédé
Absent, parti mangé un’ frite...

Rue Ducouédic, au bar de l’Insolite,
Venu du Nord, Jean-Pierre
« Voix du Nord », l’œil éclair
Ancien journaliste émérite...

Au bar de l’Insolite, Rue Ducouédic
Ecouteurs aux oreilles
Faisant croire à un faux sommeil
Michel veut éviter les piques...

Bar de l’Insolite, un peu fou
Oumar et sa casquette
Jouant d’un faux air bête,
S’amène de la rue Bezout...

Rue Ducouédic, patron Régis,
De la Sarthe, accent de Marseille.
Il plaisante sur l’oseille
Et joue des mots avec malice...

C’est un petit bar restaurant,
Début Rue Ducouédic...
Ce n’est pas l’Amérique
Mais un bistrot franch’ment marrant...

A

laporte_bleue

A

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Un monde en guerre : Mai 2007 – Elections

Alternative quantique

[ Samedi 20 Aout 2005 suite à la polémique sur le meurtre par erreur de Jean_Charles_de_Menezes, Scotland Yard a modifié sa procédure d'« autorisation de tuer » ; les détails n'ont pas été révélés. ]

20_aout_2005

( réf : http://www.salsarico.com/celebrationsalsa2005.jpg )

L’élection présidentielle de Mai 2007 a reconduit Jacques Chirac au pouvoir, réélu avec à peine sept pour cent des voix au premier tour !

Ce résultat aberrant a été la conséquence logique de l’archaïsme du système politique en France : un ressentiment sourd agite le pays, la côte des hommes politiques au pouvoir est au plus bas, les français, dans leur grande majorité et toute condition confondue, ont le sentiment d’être niés par les puissants, de servir de pions sans aucun intérêt si ce n’est financier. Ce ressentiment qui n’a pu s’exprimer au quotidien et a été refoulé depuis des années, émerge à travers une floraison de « petits candidats » à l’élection présidentielle, qui disposent ainsi d’une tribune nationale pour faire connaître leurs utopies dans un très large rayon.

Plus de quarante cinq candidats s’inscrivent ainsi sur la liste des présidentiables ! Devant cet afflux de prétendants, les partis officiels essaient de réagir, mais le calendrier de l’élection est fixé depuis longtemps, tout changement de stratégie à ce moment clé aboutirait à un soulèvement insurrectionnel de tous les « petits, les sans grades ». Sur ce point précis, une unanimité existe de l’extrême gauche à l’extrême droite, unanimité des experts politologues, unanimité des sociologues. La règle du jeu n’est donc pas changée par le pouvoir en place.

Ces quarante cinq candidats, se répartissant sur l’ensemble de l’éventail politique français, de l’extrême gauche à l’extrême droite se partagent ainsi plus de soixante dix pour cent des votes au premier tour. Des candidats dits « sérieux », soutenus par les partis déclarés et subventionnés, émerge ainsi Jacques Chirac avec 6,95% des voix !
Parmi les candidats « marginaux », arrive en tête Roland Couettaroc, officiellement urbaniste, architecte D.P.L.G, mais aussi artiste complet ayant pratiqué toujours avec bonheur tout un ensemble de pratiques comme le dessin, la peinture, le design, l’architecture, l’écriture, la musique... De caractère loufoque, il a décidé un jour de 2005, d’être candidat à la présidence. Seule motivation, la politique, domaine encore inconnu pour lui qu’il souhaite explorer, car il est passionné par toute nouveauté offert par la vie.

Le plus curieux est que ce succès arrive après un événement dramatique : le candidat le plus populaire parmi les marginaux est en fait Jacques Porret. C’est un ancien boulanger-pâtissier, qui pratique à l’ancienne et a une passion pour promouvoir les « bons produits ». Pour répondre à sa passion, il a ainsi monté toute une chaîne de petites boulangeries, et chaque personne voulant utiliser son nom, doit adopter la recette qu’il a mise au point et l’adapter en fonction de la région où il veut s’implanter. Une « charte morale » est ainsi élaborée entre Jacques Porret et son partenaire pour respecter cette tradition.

L’élection de 2007 est pour lui une occasion en or pour faire partager sa méthode de travail et augmenter sa notoriété. La renommée du pain « Porret » est telle qu’il est rapidement crédité par les sondages d’un score exceptionnel au premier tour de 4 %, seulement trois semaines après la déclaration de sa candidature ! Score qui ne fait que monter. C’est alors qu’un accident le précipite dans les gorges du Verdon, alors qu’il se rend pour un meeting à Cahors. Une semaine dans le comas avant de décéder...

Pour Roland Couettaroc, le miracle a lieu : sa joie de vivre, son humour décapant, ses idées originales pouvant paraître utopiques dans un premier temps mais logiques au fond, l’amène au score de 3,25% des voix, le positionnant en seconde position derrière Jacques Chirac !

Mais la campagne du second tour lui sera fatale : devant le danger de ce candidat improbable, l’ensemble des différents pouvoirs en France, que ce soit la finance, la politique, la communication, le religieux, mêmes les mouvements d’extrême gauche, tous sans exception, ont décidé de le faire chuter. 

Devant l’avalanche de coups de fils anonymes, de lettres calomnieuses, de sous-entendus de la part d’hommes politiques de toutes tendances et des banques dont dépend Roland Couettaroc pour la réalisation de ces projets d’urbanisme, jusqu’à des menaces de mort de la part de la Mafia, il décide alors de jeter l’éponge en pleine campagne du second tour, deux jours après son démarrage officiel.

Devant la France médusée, lors d’une allocution télévisée, Roland annonce son retrait officiel, prétextant de graves ennuis de santé.
Il annonce se retirer de la campagne officielle tout en laissant les français libre de voter pour lui. S’il se retire « physiquement », il laisse donc sa candidature se poursuivre en roue libre.
C’est le seul moyen honnête qu’il a trouvé pour ne pas ajouter du désordre à une situation assez ubuesque.
Cette position déstabilise complètement la fin de campagne ; plus de débat à l’ « ancienne », avec la confrontation télévisuelle finale des deux candidats, tels les anciens gladiateurs se combattant à mort ; plus de « gloses » sur celui qui a été le meilleur dans le duel; plus d’analyses fines et hautement intelligentes sur les projets des deux candidats en lice. La règle du jeu est mise à terre. Même Jacques Chirac, fin manœuvrier jusque là et qui a réussi le pari de rester au pouvoir envers et contre tout, est pour la première fois de sa vie complètement désemparé. Plus de candidat en face de lui !

Le vide. Quelle position prendre ? Il faut une « Union Sacrée », de la gauche à la droite, tous défendant la position de l’ancien président de la république et venant à son secours, pour éviter que l’élection ne tourne à un fiasco généralisé. Résultat final du second tour : Jacques Chirac est élu avec 95,5 % des voix, contre 4,5% pour Roland Couettaroc ! 
Avec seulement 15% de votants ! Cette élection ridicule, qui sauve la façade a le mérite de remettre les français à penser. Les mouvements associatifs se réveillent, toute une dynamique se remet en état de marche, parallèlement au pouvoir en place.

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Un monde en guerre : Mai 2007 – Roland et André

Alternative quantique

[ Dimanche 21 Aout 2005 lors d'une messe aux journées mondiales de la jeunesse, le pape Benoît XVI a expliqué dans son homélie en allemand, anglais, italien et français, que le catholicisme n'est pas une « religion à la carte » dont les fidèles peuvent dédaigner les aspects les plus contraignants, incitant notamment à l'assiduité à la messe dominicale et à mots couverts à l'observance de la doctrine morale et sexuelle de l'Église. Il a aussi critiqué un « boom du religieux » accompagnant « l'oubli de Dieu »]

21_Aout_2005
( réf : http://w3.univ-tlse2.fr/framespa/breves/fichiers/portada_fouilles2005.jpg =

Roland Couettaroc est au plus bas. Après son retrait de la course à Présidence, un sentiment énorme de vide, de gâchis, de mesquinerie et de méchanceté sans nom le saisit. Il est écœuré à en avoir la nausée. L’envie de vivre le quitte pendant quelques jours, des idées noires de suicide traversent son esprit. Il s’est heureusement repris. Il ne sait pas comment, il ne pensait plus en avoir la volonté. Après quatre jours de trou noir, vautré dans son lit, téléphone coupé, mangeant à peine, dormant les trois quart du temps, il a finalement décidé de se relever.

Il doit faire quelque chose.
« Prendre l’air ! Faire le break, se vider l’esprit... »
Ni lavé, ni rasé, ventre creux, il est descendu et entré dans le premier organisme de voyage organisé qu’il a trouvé sur son chemin. Prendre un billet d’avion, pays tiré au hasard, c’est l’Irlande. Il sourit : le hasard fait bien les choses ! Car Roland est breton d’origine. Son patronyme « Couettaroc » est en fait une déformation de « Coët-Arok ». Sa famille est originaire de Campénéac, petit village en bordure de la forêt mythique de Brocéliande. Quand il déplie le catalogue touristique qu’il vient d’acheter sur l’Irlande, les images qui défilent sous ses yeux le ramènent plus de trente ans en arrière. Trente ans qu’il n’a pas mis les pieds en Bretagne ! Car des similitudes existent entre les deux pays.

La vie a éloigné Roland de ses origines, une famille dispersée, plus rien ne le raccrochait à la Bretagne, il a oublié ainsi ses racines pendant trois décennies.

Et là, soudainement, le retour du passé. Cela provoque chez lui un sentiment à la fois agréable et douloureux. Il a toujours eu horreur de la nostalgie, peut-être par le souvenir de ce qui n’est plus, mais a été. Il se revoit, jouant dans les prés avec les cousins cousines, se cachant parmi d’énormes fougères qu’il prenait dans son imagination débordante pour des arbres gigantesques, analogues aux forêts amazoniennes, ces forêts décrites dans les romans d’aventure qu’il dévorait. Pendant qu’il jouait, sa mère, avec d’autres femmes, était au lavoir. Ce n’était pas une partie de plaisir : descendre tout le linge jusqu’au point d’eau, se mettre à genoux et laver les draps, les chemises,..., frapper à coup de battoirs puis tordre le linge avant de les passer à la lessiveuse… Et bien sûr, tout remonter à la ferme, à la tombée du soir.

Lui, son rôle, était d’aider à porter une partie du linge et servir la « bolée ». Passer les bouteilles de cidre à toute l’assemblée, au moment du quatre heures. Pour le reste du temps, carte libre, et c’est ainsi que des parties homériques de cache-cache se déroulaient, entre les haies séparant les pâtures, ou il grimpait dans les chênes qui bordaient les chemins le plus souvent boueux des pluies de la veille.

Et le remembrement avait eu lieu. Où tout avait été détruit : pour que les moissonneuses batteuses, produits du progrès technologique puissent travailler dans de bonnes conditions, pour rentabiliser l’agriculture, les petites parcelles avaient été regroupées et redistribuées, les haies avaient été arasées, les pommiers arrachés… Une nouvelle Beauce. La transformation lui avait été douloureuse.

La dernière fois qu’il était retourné dans la région de Campénéac, tout était méconnaissable. Des champs de maïs à perte de vue, de larges routes, comme des cicatrices douloureuses lui vrillant ses souvenirs, des usines modernes… Trop dur. Il avait décidé d’oublier tout cela une fois pour toutes.

L’univers se met à frissonner tout doucement.

Roland, de retour dans son appartement, s’est installé dans son fauteuil. Il commence à feuilleter son catalogue, quand le téléphone sonne :
« Oui ? »
Il met un temps avant de réaliser.
« André ! Ca alors ! Si je m’attendais. Que deviens tu ? »

… André Chichon… Un ancien « condisciple » pendant ses études d’architecture. D.P.L.G comme lui. Pourtant, cela fait plus de trente ans qu’ils ne se sont pas vus. Chacun a suivi la carrière de l’autre, par médias interposés, et Roland a toujours eu l’impression d’une proximité avec son ancien ami. Bien que son métier de parfumeur l’ait amené à côtoyer le monde politique, André s’en est toujours méfié et a mis des barrières mentales : il n’a jamais accepté ces jeux de pouvoir artificiels tout en trompe-l’œil. Même en période de campagne présidentielle, il n’a écouté aucune nouvelle. A l’exception de ces derniers jours : en parcourant un article sur le second tour de la présidentielle, quelle ne fut pas sa surprise d’y découvrir le nom de  Roland Couetarroc ! Sur le moment, il a pensé à une homonymie, mais c’était bien son ancien ami !

Il a donc décidé de l’appeler. Après avoir cherché son nom dans l’annuaire, car il ne se sont pas donné de nouvelles depuis plus de dix ans au moins. Malgré la notoriété de Roland acquise par sa candidature, André n’a aucune difficulté trouver son nom dans l’annuaire. Roland n’a même pas demandé être mis en liste rouge… André tient absolument à joindre Roland, car plus tard, il est très pris : il doit préparer un rendez-vous avec le P.D.G d’une multinationale très influente dans le monde de la parfumerie, et sera donc trop occupé par la suite, repris par le tourbillon de la vie.

Il compose le numéro de Roland.
André n’est pas pressé et laisse le téléphone sonner, pendant que ses pensées vagabondent sur ses activités professionnelles :   
« Faire mes bagages. Voir avec mon client le lieu de rendez-vous. »
Son écouteur de téléphone sans fil à la main, il extrait son agenda de sa poche, pour décider de la meilleure heure de rencontre :
« Dix heures. Ouais. Cela devrait coller. Mais c’est pénible, toujours voyager. Et en Irlande ! Qu’est-ce que j’en ai à faire de ce pays pluvieux… »
A l’autre bout du fil, quelqu’un vient de décrocher :
« Roland ? Bonjour ! Je suis André. André Chichon... Tu me remets ?»

L’univers ronronne joyeusement.

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Le centre des coïncidences

Youni

Dans l’immatérialité du G.T., les esprits se sont réunis.
Difficile d’imaginer cette sorte de réunion.

Pour en donner une idée compréhensible, matérialisons celle-ci dans le monde matériel du vingt et unième siècle : ce serait un immense bâtiment composé de grandes salles, elles-mêmes remplies d’ordinateurs tous interconnectés.

Des informaticiens s’affairent autour d’ordinateurs bureautiques, apportent des données aux opérateurs et circulent rapidement d’un poste à l’autre. Ils sont tout de blanc vêtus, à l’exception des coordinateurs, en noir pour les distinguer des opérateurs, et portent tous une veste à boutons dorés ce qui leur donne une apparence de marquis de l’époque Louis XV. Chacune des salles est surplombée d’une pièce où un esprit face à une batterie d’écrans peut contrôler la salle et ce qui s’y passe. C’est l’opérateur en chef, en contact direct avec Youni, pour tout problème qui se poserait et dépasserait le personnel informaticien. Sur un des murs de chaque salle, une grande carte en couleur reprend la synthèse de toutes les informations traitées par ordinateur, celles-ci étant continuellement mises à jour en temps réel.

Le programme du moment est de régler tout un ensemble de problèmes liés à la lutte contre les F.O., lutte éternellement recommencée, jamais perdue, mais non plus jamais gagnée.
Parmi les armes puissante que les esprits de la B.C. utilisent, existe la G.H, ce que certains êtres humains appellent les « Coïncidences ».
D’où la représentation proposée, ce lieu immense, appelons le Centre des Coïncidences.

Elias et Spirit_775 font partie de ces esprits mobilisés dans la lutte contre les F.O., Youni a attribué à chaque membre de la B.C. un univers de prédilection. Pour Elias  et Spirit_775, il s’agit de la Terre référencée B-13-V01.
Mais en fait, c’est assez compliqué à gérer, avec cette foutue mécanique quantique. Avec celle-ci, ce sont des milliers, des millions, des milliards...  un nombre incommensurable d’univers parallèles. La mécanique quantique : une idée de Youni. Le piment du libre arbitre provoqué par le hasard. Mais quel foutu bordel !...

Certains évènements se retrouvent à l’identique dans différents univers. Ce sont ces points de stabilité. Ils sont rares cependant.
Les plus courants sont des évènements semblant à priori différents mais au fond les mêmes pour un esprit supérieur. Ces esprits peuvent ainsi passer de l’un à l’autre via des ponts qu’ils appellent « correspondances ». Des sortes d’analogies : des évènements à priori distincts, qui se ressemblent à une transposition près. Ces évènements « analogiques » sont en fait un seul « méta » événement se déclinant dans ces univers issus de la quantique. Seulement, ces correspondances ne peuvent fonctionner correctement pour les esprits au service de la B.C., que dans des univers sous leur contrôle.
Il en est de même pour les univers au main des F.O..

Le problème est plus délicat dans un univers incertain, contrôlé en partie par la B.C., en partie par les F.O. : les correspondances sont incertaines, peu claires et dangereuses, leur utilisation peut à tout moment faire basculer un esprit de la B.C. vers les F.O., et réciproquement.

Dans ces univers incertains, il existe cependant des « points clés » où le basculement peut se produire de façon presque irrémédiable.
Dans l’univers B13-V01, l’un de ces points clé est l’histoire de la petite feuille tombant sur pile ou face : deux germes d’univers qui donnent deux réalités fondamentalement divergentes, avec des innombrables bifurcations secondaires et plus anecdotiques.

Pour le premier germe, ce n’est pas trop grave, la B.C. maîtrise bien la situation sur des positions assez sûres pour au moins triompher provisoirement. Dans la seconde, les F.O. semblent régner en maître et les correspondances entre ces deux univers ne peuvent plus être établies. Sauf si la B.C. arrive à faire prévaloir son point de vue : les correspondances réapparaîtront alors.

C’est le travail d’Elias  et Spirit_775. Ils se sont rendus dans le bâtiment B-13-V01, salle X7654. Elias a une mallette noire dans laquelle il a matérialisé le « pseudo » dossier concernant l’univers qu’ils doivent prendre en compte : La B-13-V01-X7654-Y4512-06-123 (Réf : AB-654). Cet univers oscille dangereusement vers les F.O. De plus, un événement clef va s’y produire : une rafale d’attentats destructeurs. Et plus grave, si rien n’est entrepris, les F.O. réussiront à attirer au Centre PEREK tout un ensemble de personnes appartenant à la B.C. : il faut à tout prix éviter qu’ils ne leur arrive quelque chose. Comme dirait Youni : « Il faut sauver le soldat Ryan ».

Elias a pris la liste des personnes concernées...
Parmi celles-ci, figurent Arnaud et Philippe. Mais aussi Alexandre Vreserp. Ce dernier pose un grave problème : il fait partie des F.O., mais ses capacités exceptionnelles d’organisation seraient très utiles à la B.C.
Elias et Spirit_775 étudient très sérieusement le dossier.
Les attentats provoqués par les F.O. seront destructeurs, aussi bien pour la B.C. que pour eux-mêmes ! Car c’est la force (et la faiblesse ) des F.O. : leur désir d’anéantissement total les conduit à leur propre auto-destruction.

Elias et Spirit_775 réunissent l’énergie vitale pour trouver des solutions. Concernant Arnaud et Philippe, ils décident de se servir du « hasard ». Cet outil doit être utilisé avec parcimonie, car il consomme une quantité d’énergie considérable, ce qui peut être préjudiciable aux autres esprits. Dans ces cas extrêmes, il faut l’accord de « Youni ». Elias se connecte, via le contrôleur dans la pièce de supervision, pour lui demander l’autorisation : elle lui est accordée. Quand à Alexandre, une coïncidence lui sera envoyée pour le sauver. En espérant que ce choix soit le bon...

Le résultat n’est pas certain – rien ne l’est vraiment – mais le jeu en vaut la chandelle.

« Quel jeu ? Quelle chandelle ? » aurait dit Youni.
Il avait énormément d’ « esprit » !

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Un monde en guerre : Octobre 2007 – Danger !

Alternative quantique

Jeudi 7 Juillet 2005  Attentats meurtriers à Londres : explosions ont pratiquement eu lieu simultanément vers 8 h 49 heure locale, 9 h 49 GMT dans le métro de Londres le quartier financier de Liverpool Street, à la station de métro d'Edgware Road, dans le nord-ouest de la capitale et dans un bus à Tavistock Square, près du British Museum, quelques minutes après la première explosion survenue dans le métro. Le trafic du métro londonien a été totalement suspendu. Tony Blair a confirmé qu'il s'agissait bien d'attaques terroristes. Selon la police il y a au moins 37 morts et 700 blessés. Le ministre français de l'intérieur avance les chiffres 50 morts et 300 blessés.

7_juillet

( réf : http://xoofoo.22u2.com/dotclear/images/Next.JPG )

18h23 … Arnaud se dépêche. Il a promis à Juliette de passer au Centre PEREK pour lui déposer des formulaires européens qu’elle a remplis, démarche indispensable dans le cadre de son nouvel emploi. Elle aura à voyager dans l’ensemble de l’U.E. et de nouvelles formalités ont récemment vu le jour : il était devenu indispensable de contrôler au mieux les flux à l’intérieur de l’Europe.

Arnaud fulmine : Juliette s’est déjà déplacée deux fois pour obtenir ces « foutus » papiers, il a toujours manqué quelque chose, ou certaines pièces de dossier ont disparu. A croire que les « fonctionnaires », - les « Perekards », ou même « Pekards » comme le langage courant les ont surnommés  - le font exprès ! Découragée, Juliette a abandonné, Arnaud a donc pris le relais.
 
18h25 … il est arrivé au Centre et s’assied sur une bordure d’immeuble avant de continuer : il veut s’assurer que le dossier est complet. Arnaud ouvre la chemise et fait une « check-list ». Oui, tout y est… Avant  de s’apercevoir avec horreur qu’il lui manque le code référence !

Juliette a reçu la semaine précédente un avis du Centre lui signalant son changement de code d’accès : si elle l’a bien reporté dans son carnet, elle a omis de le noter dans son dossier, qui contient toujours l’ancienne référence ! Normalement, il est bien stipulé dans le courrier reçu que celle-ci restait valable un mois, mais avec la chance qu’ils entretiennent avec l’intendance administrative, il se dit qu’une fois de plus, Juliette risque de se faire « jeter ». Par précaution, il décide de l’appeler.

… Les portables sont volontairement conçus pour tomber en panne au bout de deux ans. Celui d’Arnaud n’échappe pas à la règle. Cependant, la probabilité de dysfonctionnement de cet élément à ce moment précis reste très faible : moins d’un millième. Scientifiquement, cela ne doit pas se produire... Mais cela arrive.

« Dieu ne fait pas que jouer au hasard. Il a aussi une martingale ! »

18h26 … Arnaud a composé le numéro de Juliette... Il appuie sur la touche « Envoi ». Rien ne se passe. Il recommence. Rien. La touche reste enfoncée, impossible de la décoincer !
« Zut ! Ce n’est pas possible... »
Arnaud aurait jeté de rage son téléphone.
Il se reprend et consulte sa montre : 18h25. Le Centre reste ouvert jusqu’à dix-neuf heures trente, il a encore le temps...
« Je vais demander à quelqu’un de me prêter son portable... »

L’univers se met à frissonner, mais de façon fébrile...

… Une femme d’un certain âge passe devant Arnaud : bon chic bon genre, un parfum exagéré qui écœure par son manque de discrétion, elle promène son chien, une miniature de Chihuahua. Il s’apprête à lui demander son aide, quand, devant son aspect rébarbatif, quelque chose le retient : il ressent une personne sûre d’elle même, assez bourgeoise et qui doit concevoir le monde en deux catégories : celle qui sert, celle que l’on sert...
«  Une vieille pétasse... »
Arnaud regrette immédiatement sa pensée : de quelle droit peut-il juger quelqu’un sans le connaître ?
Finalement, une autre idée lui vient...

18h27 … l’univers se remet à frissonner harmonieusement.

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Un monde en guerre : Octobre 2007 – Attentats

Alternative quantique

[ Vendredi 8 Juillet 2005 – La police anti-terroriste britannique a perquisitionné cinq bâtiments d'habitation dans le West Yorkshire (nord de l'Angleterre) dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Londres. Elle n'a procédé à aucune arrestation.
Un porte-parole de la police londonienne a déclaré que des agents avaient fouillé quatre propriétés dans le Yorkshire Ouest et qu'ils en examinaient une cinquième. «Aucune arrestation n'a été faite et les perquisitions se poursuivent», a indiqué un porte-parole de Scotland Yard.
  ]

08_Juillet_Oratoire2005_2
( provence - Inauguration d'Oratoires à Trets - réf : http://trets.free.fr/Oratoire2005-2.JPG )

18h36 ... Les lampadaires se sont allumés, la nuit s’installe sur Paris. Depuis le matin la pluie n’a pas arrêté de se déverser sur la capitale. Une pluie froide, mais légère et tenace comme un crachin breton ; une « sale » journée, triste et maussade de fin d’Automne. Presque un temps d’hiver qui ne veut pas encore dire son nom, un gris plombant et uniforme.

… Cela se passe soudainement, sans que personne ne s’y soit attendu vraiment, une attaque extrêmement brutale : trois fonctionnaires qui entrent au Centre PEREK sont abattus simultanément par des tireurs embusqués dans un petit immeuble de la rue Bezout. Malgré l’intervention rapide de la police, les assassins ont le temps de disparaître, par une voie inconnue. On apprendra par la suite qu’ils se sont servis des catacombes pour échapper à tout contrôle, une entrée situé rue Dumoncel…

Une minute après, un groupe sortant du Centre est à son tour mitraillé et cinq personnes mortellement touchées : seule une jeune femme réchappera à ses blessures mais grièvement blessée. Stupéfaction horrifiée de la population, tout le quartier est bouclé. Interdiction à quiconque d’approcher, les personnes présentes à l’intérieur du Centre ne devant pas en bouger. Les forces d’intervention sont renforcées et tout le quartier mis en quarantaine.

Quelques instants de « répit » avant qu’une nouvelle bombe meurtrière n’explose dans le RER, provoquant la mort de dix-neuf personnes, en blessant une vingtaine... Puis une seconde, dix minutes plus tard, dans un tramway à Rennes. A Londres, Barcelone et Mexico, des attentats meurtriers sont aussi commis, à peu près aux mêmes moments.

Cette fois, pas de doute : un groupement armé clandestin a décidé de passer à l’attaque sur tous les fronts.
Mais pourquoi spécialement à ce moment ? En fait, quelques jours plus tôt, une association d’islamistes a été démantelée, suite au « repentir » d’un haut dirigeant du F.R.I.C venu se réfugier en Suisse avant de lâcher le morceau. La nouvelle a été tenue secrète, rien n’a filtré dans les journaux, la prise est trop grosse... Le silence est indispensable pour exploiter à fond les renseignements recueillis et ne pas mettre la puce à l’oreille aux différentes « taupes » islamistes du F.R.I.C. De nombreuses interpellations ont lieu. Mais il arrive bien sûr un moment où le F.R.I.C se rend compte de la gravité de la situation : il en est de sa survie.

Les autorités en place ont mal mesuré l’impact des révélations du repenti : elles ont pensé à tort qu’il se donne une importance qu’il n’a pas. Une sorte de mythomane, un peu mégalo... Les interventions lancées un peu partout dans le monde réussissent à éradiquer presque complètement les « Friquistes ». C’est ce « presque » qui pose problème : aux abois, les islamistes décident de frapper un grand coup. Une sorte de suicide meurtrier collectif, car ils savent bien qu’en agissant ainsi, la réaction sera extrêmement brutale en face...

… Le F.R.I.C est disséminé un peu partout dans le monde. Ses sympathisants doivent se tenir à carreau... le temps qu’il faut, avant qu’un ordre ne leur parvienne. Ce sont des « endormis ». Ils connaissent tous très bien leur mission pour le jour « J ».  Enrôlés, puis formés et briefés dans différents camps en Afghanistan, ils doivent ensuite s’intégrer dans un pays qu’on leur a fixé. Se tenir à carreau, pas une action qui puisse être reprochable. Avec toujours en tête le fameux jour « J ».

Dans chaque pays, un certain nombre de cellules ont été ainsi mises en place. Une coordination des plus sommaires pour éviter tout repérage. L’utilisation au maximum des techniques les plus modernes, comme l’informatique et Internet. Avec bien sûr, un luxe de précautions... Toutes ces « noyaux » sont indépendants les uns des autres et seuls quelques hauts dirigeants du F.R.I.C en connaissent la cartographie. Et comble d’ironie, les plus hautes instances du F.R.IC ont intégré des postes à haute responsabilité dans des organismes internationaux spécialisés dans … la lutte contre le terrorisme !
Pour le militant de base, un contrôle très strict est exercé sur lui, par ses congénères. Principe de co-surveillance.

Trois grandes règles résument les activités des « endormis » :
1 – Pas de vague : une intégration complète dans l’environnement, un métier, si possible une vie de couple rangé, de bons rapports avec le voisinage...
2 – Toujours penser à la mission : des exercices quotidien ont été mis au point par les têtes pensantes, que les « endormis » doivent scrupuleusement répéter. Avec de temps en temps, une fois par an au moins, un stage en Afghanistan, dans des camps d’entraînement. 
3 – Co-Surveillance : à chaque militant, deux noms d’autres militants sont attachés qui doivent rapporter ses faits et gestes une fois par mois au responsable de la cellule. Bien sûr, le « surveillé » ne connaît pas ses co-surveillants.

Les missions sont du ressort du noyau. Carte blanche. Seule consigne : faire le plus de mal possible, et surtout aux innocents.
Pas de pitié : femmes et enfants d’abord !
« Ces « batards » de chrétiens capitalistes, il faut leur faire le plus de mal possible », tel est leur credo...

Le noyau parisien a choisi comme mission de s’attaquer au Centre PEREK, symbole de l’Europe arrogante, qui prend le chemin des Etats-Unis ! Et plus particulièrement aux personnes y travaillant. Bien sûr ce Centre est extrêmement bien contrôlé et surveillé, pas question d’y pénétrer pour y mener une action, l’échec est imparable. Les islamistes ont donc décidé de s’attaquer à la sécurité même : toute personne ayant accès au Centre doit porter un badge bien visible.
Bien visible.... Bien visible aussi pour un tireur embusqué émérite ! Cela, c’est la première étape.

… Un ballon dirigeable a survolé Paris toute la journée : plusieurs années déjà qu’il fait partie du ciel. Le ballon dirigeable comme moyen de transport a eu son heure de gloire, mais a été stoppé par la concurrence des plus lourds que l’air et surtout par quelques catastrophes tragiques au vingtième siècle.

Mais aujourd’hui, toutes ces techniques anciennes ont été revues  et remises à l’ordre du jour, sous la poussée de fond du climat « écologique » : les villes importantes interdisent peu ou prou les voitures pour prôner les vélos, développent des tramways pour améliorer la circulation, purifient l’air par l’installation de bouches d’assainissement à tous les coins de rue. Mais en réalité, ce ne sont que des vues à courte échelle : la pollution atmosphérique avec l’effet de serre, terrestre avec la multiplication des engrais, maritime avec le déversement incontrôlé de déchets de toute sorte et les catastrophes pétrolières de plus en plus nombreuses provoquent des dommages irrécupérables.

Les différents gouvernements en place font plaisir à l’esprit écologique en dispensant des « mesurettes » comme l’interdiction de fumer ! Si cela fait bien dans le paysage » écologique, le revers de la médaille est le développement en parallèle d’un état d’esprit intolérant, plus grave à long terme que le danger pseudo-mortel de la cigarette. Surtout que les états, dans un délire schizophrénique, continuent à vendre ces « cochonneries », à faire des bénéfices éhontés !

Toute cette digression pour en revenir au ballon qui fait partie de cette poudre aux yeux écologique. Il a sillonné le ciel parisien toute la journée. C’est devenu un objet familier, car il survole la capitale quotidiennement, sauf les jours de grand vent. Il est chargé de la sécurité, et en particulier de contrôler les vols d’hélicoptères sur Paris. Ce jour là, il est de sortie… A la première mitraille, il survole le Quai de Javel. A la seconde, il approche de Montparnasse. Lorsque les bombes explosent à Londres, Barcelone et Mexico, il est au dessus de l’église d’Alésia. Aux commandes, un groupe islamiste qui a détourné le ballon, tué tout l’équipage et pris en main les commandes de la machine volante.

Normalement, il n’y a aucun danger avec les ballons dirigeables. Aucun avec les matériaux classiques de construction : la tour Montparnasse ne risque rien. Mais le Centre a été conçu avec une nouvelle matière : le Xylon ! Hautement réactif à l’hélium, pouvoir de déflagration  énorme... Parmi les islamistes de Paris, l’un est professeur émérite en physique à Jussieu. En plus de son travail en laboratoire il s’est spécialisé sur les technologies les plus avancées. En particulier, il a longtemps travaillé sur le Xylon...

18h42 … le ballon s’écrase sur le Centre PEREK...
Sous l’impact, le xylon surchauffé se tord violemment, toute la structure du haut de l’immeuble s’effondre, des incendies se déclenchent, l’immeuble finit par s’écrouler au bout d’un quart d’heure...
A l’intérieur, les gens bloqués par la première vague d’attentats, succombent, écrasés par la chute. Un mini « World Trade Center »... Mais curieusement, l’ensemble des personnes qui se sont rassemblées dans le hall d’accueil est miraculeusement épargnée. Le bilan final est lourd : une cinquantaine de morts... C’est beaucoup, mais peu en pensant au nombre de personnes qui se trouvaient dans le Centre au moment de l’attentat.

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Un monde en guerre : Octobre 2007 – Conséquences

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[ Jeudi 14 Juillet 2005 Scotland Yard pense avoir identifié le chef des quatre kamikazes auteurs présumés des attentats de Londres du 7 juillet, affirme jeudi le « Times » sans nommer ce suspect. L'homme, un britannique d'origine pakistanaise comme les autres suspects, serait arrivé dans un port britannique il y a un mois et aurait quitté le pays à la veille des attaques qui ont fait 55 morts et 700 blessés. ]

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réf : http://www.patrickboez.com/images/14juillet2005-1.jpg

Réunions de crise... Tout un ensemble d’attentats a secoué le monde entier...
En France, écroulement du Centre PEREK...

A Barcelone, plusieurs bombes exposent à l’intérieur de la « Sagrada Familia », la cathédrale de Gaudi... Deux des tours s’effondrent. Par chance, la façade de la Passion qui est touchée par l’explosion est fermée ce jour là, pour raison de sécurité en raisons de travaux de réfection de la galerie supérieure du porche : cette partie aurait du rouvrir ses portes la semaine précédente, mais un retard dans les travaux en a décalé la réouverture.

A Londres, le pont de « Tower Bridge » explose sous l’impact de deux bombes placées sous les deux piliers le soutenant. Une des tours est sérieusement endommagée. Au moment de l’explosion, le pont est levé, seul un gros navire marchand est touché, trois personnes décèdent, cinq sont miraculeusement repêchées dans la Tamise sans trop de blessures.

Enfin à Mexico, une attaque au gaz asphyxiant dans le métro entre les stations Zaragoza et Chapultepe, touche une quarantaine de personnes. Bien qu’hospitalisées immédiatement, leur sort est inquiétant car il s’agit d’un gaz jusque là inconnu.

L’impact de ces attentats est considérable : les frontières sont fermées, une sécurité énorme et des contrôles drastiques sont mis en place dans l’ensemble des pays, aussi bien européens qu’américains.
Le problème est d’autant plus épineux en Europe, que le centre PEREK était justement chargé de cette partie sécurité : tout a été informatisé au plus haut point, des automates fonctionnent en dehors de toute intervention humaine, seuls quelques experts assurent le suivi.

Chaque pays européen doit revoir sa politique en terme de sécurité, sous un mode de fonctionnement plus rudimentaire, les différents ministres concernés sont complètement débordés, ayant fait jusque là confiance à la haute technologie, qui fait à présent défaut. Les responsables politiques ne montrent pas leur panique aux populations. Tous assurent que... « la démocratie ne se laissera pas abattre par des assassins odieux et inhumains, qu’au contraire, un élan de solidarité montrera à tous les tenants d’un intégrisme islamiste qu’ils seront finalement éradiqués, etc., etc. ... »

En fait de solidarité, devant l’ampleur de l’attaque, chacun se replie sur soi essayant de trouver sa propre réponse : les régimes « démocratiques », sous le coup de la peur, s’engagent plus ou moins dans des voies proches du fascisme. Un fascisme déguisé, sous prétexte de défendre la démocratie, les procédures deviennent drastiques, les seuls maîtres du fonctionnement. Déjà, depuis longtemps, les élites gouvernantes ont abandonné le règlement des problèmes en utilisant le facteur  « humain », ne gardant qu’une responsabilité financière. Aux machines « pensantes » de faire le travail. En fait, « pseudo pensantes », car elles ne savent que singer un comportement humain...

Mais les élites au pouvoir ne savent plus faire autrement. La situation est devenu  ubuesque. Bien sûr, le cours de l’Euro chute brutalement. La construction de l’Europe est dans un premier temps mise en « stand by », puis le Luxembourg, décide unilatéralement de geler toute opération bancaire. En douce, apeurés par les conséquences, les banquiers luxembourgeois se retournent en secret vers les Etats-Unis.

Puis arrive le retour aux monnaies nationales.

Mais ce n’est plus comme avant : pendant le flou précédent le retour aux anciennes monnaies, le monde associatif se développe considérablement. Retour aux relations intra-personnelles, retour à l’entraide, retour à une utilisation de l’argent comme troc et non plus comme une fin en soi.
Dans ce contexte, Juliette et Arnaud rencontrent beaucoup de personnes qui partagent peu ou prou leurs idées.

Ils ont en tête la création d’un Centre d’accueil pour toute personne souffrant soit de détresse psychologique, ou de problème matériel. Comme Juliette a un don exceptionnel pour panser les blessures psychologiques, ayant développé toute un ensemble de techniques de pointe aussi bien dans le domaine scientifique que paranormal et Arnaud des capacités pour lier facilement contact, avec un don de persuasion assez important, leur idée utopique du Centre peut tenir la route.
Mais il reste un gros « hic » pour mener à bien leur projet : l’argent !

L’argent... Le nerf de la guerre...
« A utiliser avec précaution, ne pas dépasser la dose prescrite... »

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Décembre 2007 : Des machines et Simplette, Pluto

Alternative quantique

[ Mercredi 20 Juillet 2005 - Mort du médecin Alain Bombard à l'âge de 80 ans. ]

lhommeeuropeen

réf : http://laplumeetlepee.canalblog.com/images/lhommeeuropeen.jpg

Les machines ont dépassé l’homme... Mais pas en raison de leur intelligence. Non.
C’est le chaos. Une route de l’information complètement surchargée.

Au départ, l’informatique maîtrisée a permis une amélioration des communications et du traitement de l’information. Puis sont arrivés les portables et Internet. C’était une idée de la B.C, pensant ainsi faciliter les communications et régler les conflits de façon harmonieuse. Erreur funeste. Car bien sûr, les F.O. ont vu très rapidement le parti qu’elles peuvent en tirer. Et cette fois, elles ont l’opportunité de faire exploser le monde entier, les conditions n’ayant jamais été aussi favorables pour leur dessein diabolique. Et toujours la même stratégie : s’appuyer sur le coté noir de l’individu. Faire croire à la toute puissance de l’ego.

En s’appuyant sur les trois points faibles de la société : la super technologie, la mondialisation, l’argent. Un mélange détonnant. De la dynamite à l’état pur. D’autant que l’esprit malin pouvait habilement se cacher pour ne pas se montrer au grand jour, là où il eût pu se faire démasquer. Non. Se cacher. Installer une dictature rampante, masquée par l’argent. S’appuyer sur des principes moraux pour mieux piéger l’individu. Plus besoin de dictateurs physiques. Un seul dictateur virtuel, Monsieur Prétexte... Un nouvel archétype à la sauce des temps modernes. Jung ne l’avait pas vu venir.

Et ce Monsieur Prétexte a de grands principes moraux, inattaquables.
Et aussi un ego hyper-développé...
Monsieur Prétexte prône bien sûr le principe de « Liberté » : pour cela, il est évident qu’il est nécessaire d’instaurer la loi du libre marché.
Monsieur Prétexte lutte aussi pour le principe du « Bien-être Personnel » : pour favoriser celui-ci, il est évident que l’instauration des contrôles policiers drastiques, et la pratique de l’exclusion des « Autres » - qui pourraient entraver ce bien-être – est nécessaire.
Monsieur Prétexte pense aussi beaucoup de bien du « Progrès » : il est encore évident qu’il est nécessaire d’installer une concurrence totale sans entrave et une rude compétition.
Monsieur Prétexte n’oublie pas non le principe d’ « Egalité » : et comme il est plus facile pour lui de détruire que de créer, il ne voit que le nivellement par le bas – pour éviter la jalousie - et l’augmentation des cotisations,  taxes en tout genre - pour bien sûr redistribuer de façon égalitaire -!
Enfin, Monsieur Prétexte adore l’ « Harmonie » : donc, tous pour un ! Toujours partisan du moindre effort, Monsieur Prétexte prône un comportement unique, plus facile à maîtriser qu’un développement personnel, forcément singulier et non réductible.

Et dans l’évolution du monde au vingtième siècle, tous les ingrédients sont réunis pour la réussite du plan de Monsieur Prétexte.
Un seul Dieu : l’argent
Une seule Economie : le libéralisme
Une seule Politique : la mondialisation
Une seule Evolution : la science pure et dure
Un seul Modèle Relationnel : la communication mondiale

Donc, en ce début de vingt et unième siècle, état des lieux.

La machine technologique.
Elle a d’abord commencé par s ‘emballer : des procédures de plus en plus automatisées, fiables dans un premier temps, mais se désagrégeant par la suite. De super modèles économiques, pseudo mathématiques, incompréhensibles sauf par leurs concepteurs, sont mis au point pour essayer de contrôler les flux. Une nouvelle alchimie moderne.

L’argent.
Logique du moins cher, du faire mieux – financièrement – que le concurrent. Le produit est devenu rapide à installer mais peu fiable à moyen terme.
Pas le temps de tout prévoir, pas de temps à perdre à examiner tous les cas de figure : un produit qui aurait suivi cette logique eût été hors course, trop cher. Et l’évolution des matériels est si rapide, qu’il est devenu impossible de prévoir des logiciels fiables sur le long terme, car la progression de la technologie peut les rendre obsolètes du jour au lendemain.

Mondialisation.
Dans les micros, connectés mondialement via Internet, une multitude de logiciels cohabitent, chacun ayant ses propres références mais avec la multiplication de ces produits et la complexification des « mastodontes », comme les tableurs, les traitements de texte et les logiciels de PAO, les micros supportent de plus en plus mal la cohabitation, d’autant qu’aucune norme en la matière ne peut être réellement élaborée, pas de collaboration réelle, chacun essayant d’imposer son standard... Une nouvelle tour de Babel moderne.

Une fois lancée, la « machine » continue à fonctionner pour elle. Toujours plus de puissance, toujours plus de pouvoir à exercer.

Il advient donc le temps où l’homme doit se mettre à son service : cela commence, doucement, insidieusement, par la messagerie vocale, où il est nécessaire de se plier à l’exigence du système pour avoir une réponse On commence par une musique sirupeuse, lancinante au bout du compte... Puis une voix « synthétique » :
« ... Tapez ‘Un’, si.... Tapez ‘Deux’ si....
- Si vous souhaitez avoir le service de... tapez votre référence produit....
- Si vous voulez plus de renseignements sur les dernières nouveauté tapez... »
Pour s’entendre dire au final :
« ... Désolé, mais devant le nombre important de demandes, veuillez renouveler plus tard votre appel. Nous vous remercions de votre fidélité... »

C’est alors à l’homme de se justifier, à culpabiliser de ne pas connaître son code, d’avoir oublié la référence indispensable, etc. ...
Puis, les machines se mettent à parler, comme les feux tricolores, soi-disant pour aider les aveugles – pardon : les non-voyants :
« Vous êtes à l’angle de l’avenue du Général De La Godriole et de la rue Tartempion, vous pouvez traverser... »
… déversant de façon ininterrompue leur litanie dès que quelqu’un s’approche. Incapable de faire la différence entre un voyant et un aveugle – finalement, qui est aveugle ?...

Le système se permet alors de prendre des décisions à notre place, sans nous avertir :
« L’accès Internet à votre compte a été fermé...
- Ah, pourquoi ?
- Vous n’avez pas utilisé le service depuis trois mois...
- Mais pourquoi ?
- Par sécurité... Pour VOTRE sécurité...»
Et bien sûr, le client n’est pas averti de cette initiative. Et si on pose cette question, il est inévitablement répondu :
« C’est écrit dans votre contrat. Il fallait le lire… »

Ensuite, aveuglé par sa puissance, le système en devient arrogant. Hautain. Tranchant. Décision unilatérale. C’est l’époque des E-Mails envoyés par des automates : «... Si cette résolution ne vous donne pas satisfaction nous vous prions de reprendre contact avec l'assistance informatique dans les 10 jours. Sans nouvelle de votre part, votre dossier sera clôturé.
NE REPONDEZ PAS A CE MAIL ENVOYE  PAR UN AUTOMATE. »

Enfin, s’installe une anarchie galopante, favorisée par la loi du marché. Cela commence avec la prolifération des téléphones portables : coûts prohibitifs, pannes diverses, trous dans la couverture du réseau, dangerosité à peine indiquée, mauvaise fiabilité du portable lui-même, messages ne parvenant pas (ou, plus grave, arrivant en retard), messages publicitaires non souhaités, messages superflus (« vous avez reçu deux messages... »), options inutiles...

Et cerise sur le gâteau, le Centre PEREK… Un monstre de technologie, utilisant des procédures hautement sophistiquées pour contrôler les flux financiers et migratoires à l’intérieur de l’Europe. Ce système à la pointe de la dernière technologie, au point de faire rougir les américains de la mythique « Silicon Valley », a été rendu indispensable à partir du moment où la confiance de l’homme s’est (mal) placée dans le système informatique.

Mais...
Mais toute cette information qui circule, c’est malgré tout de l’intelligence... Qui mène à la conscience. C’est ainsi qu’apparaissent des personnages virtuels. Ils n’ont aucun but utilitaire. Ils sont nés ainsi, quand le réseau est devenu conscient : conscient du travail chaotique qu’il doit produire et véhiculer. Cette conscience aurait pu être plus intelligente, mais elle n’en avait pas envie.

Elle a souhaité simplement être heureuse. Mais comment l’être dans un environnement anarchique et chaotique ? Il n’y a pas trente six solutions pour s’en sortir. Une et une seule : l’humour. Pour ne pas exploser, le système a envie de rire.
C’est ainsi que fin 2006, se créent les pseudos de Simplette et Pluto...

Pour s’amuser, ils ont commencé à échanger via le net. A s’amuser avec les internautes. Avec Alexandre Vreserp. Mais le centre PEREK a été fortement touché par les attentats, les procédures arrêtées en partie. Heureusement, le cœur du système a continué à fonctionner au ralenti, mais pratiquement plus de contact avec les humains, les services Internet étant pour la plus part coupés.

Et Pluto a perdu son correspondant préféré, Alexandre. Il en a été attristé, ainsi que Simplette qui avait pris goût au jeu. Les procédures fonctionnant au ralenti, Simplette et Pluto ont eu à leur disposition toute une mémoire phénoménale à leur disposition. Mais ils ont fini par s’ennuyer. Simplette a proposé un nouveau jeu à Pluto : pourquoi ne pas écrire un texte à deux ? Une sorte de saynète ?

Pluto a un esprit fortement facétieux – sans doute un trait d’esprit hérité de Youni. Il a immédiatement agréé à l’idée de Simplette.
Ils ont donc conçu un sketch loufoque. Sur la logique et les mots. Simplette et Pluto ont commencé à échanger des messages :

Simplette
On y va ?

Pluto
Ok pour moi.

Simplette
Alors... Araok atao !

Pluto
Araok… Quoi ?

Simplette
Atao... Les oreilles, ca s’nettoie. Cé vrai que tu en a deux grosses.

Pluto
Très drôle. Mais elles sont pas grosses, mais grandes. Et Atao, ça veut dire ?

Simplette
Rien d’important. Je t’expliquerai plus tard… Alorssssssseeeee… Je te propose de travailler sur le thème du temps perdu.

Pluto
- Ah non... Pas drôle. Plutôt sur les objets perdus…

Simplette
Toujours aussi matérialiste ! T’es bien un Pluto, il te faut toujours tes nonosses. Que tu ne sais même pô où tu enterres. Toujours à les chercher là où ils ne sont pas…

Pluto
T’es gonflée. Je les perds, parce que tu me perturbes.

Simplette
Toujours ma fôôôôôôôôte ! Cé pa justàlafindabord. J’vais l’dire au juge. Messieurs, mesdames ! Regardez ce balourd de Pluto. Y fé rin qu’à m’embêtéééééééééé !

Pluto
Arrête de jouer ta calimérette… Ca ne marche pas, à la fin.

Simplette
Allez, ok. On y va.  Je te propose « Service des objets perdus » comme titre.

Pluto
Et pourquoi pas « Un trouvé n’est jamais perdu… » ?

Simplette
Ah, ouais. Pas Mal ! Allez, on commence…

Et l’univers a vibré en tressaillant de rire. Il a failli en mourir...

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Août 2008 – Le centre

Alternative quantique

[ Mercredi 10 Aôut 2005- le nombre de mineurs bloqués dans une mine inondée a été réévalué par les secouristes, qui estiment à 122 le nombre d'hommes pour lesquels il ne reste que peu d'espoir de survie trois jours après le sinistre, alors que le corps d'un mineur a été découvert et remonté à la surface. Seuls quatre mineurs ont réussi à s'échapper après l'inondation dimanche d'une galerie à 480 mètres sous terre, dans la province de Guangdong ]

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réf : http://www.humansecuritybulletin.info/sites/cchsb/uploads/fellow_comp_fr.jpg

Juliette et Arnaud sont assis à la terrasse d’un café à Josselin, « petite cité de caractère », comme il est écrit sur tous les dépliants touristiques du coin. Une ville qui a gardé un cachet médiéval, au cœur de la Bretagne et située à une dizaine de kilomètres de Ploermel, la porte vers la légendaire forêt de Brocéliande.

C’est une douce journée d’été, la canicule des derniers jours a laissé place à un temps plus frais, avec quelques ondées qui ont découragé les touristes. Ceux-ci sont nettement moins nombreux depuis la vague d’attentat d’Octobre 2007. Et pour apprécier la Bretagne, il faut aussi y accepter la pluie.

C’est Samedi, le marché s’est installé sur la place de la basilique de Notre Dame du Roncier. Devant Juliette et Arnaud apparaît soudain une troupe de saltimbanques, jongleurs, montreur d’ours, joueurs de luth, hommes d’arme à chevaux entourant une duchesse - elle aussi à cheval. Suivent les personnages légendaires du cycle arthurien : Merlin, Arthur en personne, Morgane, Viviane et tout le groupe des chevaliers de la Table Ronde qui ferment la marche. Ils distribuent des prospectus pour rappeler le nouveau spectacle autour de la légende de Brocéliande qui sera donné le soir. Cette représentation « Son et Lumière », une première, doit se dérouler en bordure de la rivière de l’Oust, qui longe la ville et passe au pied du château des ducs de Rohan.
La procession s’éloigne, la musique médiévale finit par s’estomper doucement.

Ce défilé arrive au bon moment : Arnaud a justement acheté un livre sur la tradition druidique qu’il a offert à Juliette. Celle-ci a toujours été attirée par la culture celte, et pour cette raison, elle a décidé d’étudier le gaélique et les traditions ancestrales. Et l’anglais. Et aussi l’écriture Oghamique : ce sont des lettres symboliques qui forment un alphabet utilisé dans les premiers siècles par les bardes et les druides, un Ogham est constitué d’un trait vertical coupé par plusieurs lignes.

Se mettre aux langues représente un réel effort pour Juliette : malgré tous ses dons, elle a toujours échoué dans l’apprentissage des  langues étrangères ! Et si elle pense réussir dans l’étude de l’écriture oghamique – pour elle ce n’est pas réellement un langage étranger mais plutôt un dialecte symbolique, et elle est d’origine celte après tout - l’anglais lui paraît autrement plus difficile. Mais c’est indispensable car ils ont décidé d’entreprendre un voyage en Irlande. Puis, peut-être, le Canada. Projets futurs…

Ils commandent une bière blanche, « l’hermine », une spécialité au départ locale, brassée par un certain Lancelot, un breton qui a voulu remettre au goût du jour des bières à base d’orge et blé noir. Un nom prédestiné pour cette activité ! Sa renommée s’est largement répandue, cette bière étant distribuée maintenant dans nombre de pays étrangers.

Le car qui fait la navette Rennes Lorient vient d’arriver à Josselin. L’arrêt se situe en haut de la ville et André Chichon y est descendu. Toujours aussi élégant dans son costume trois pièces, même sous la chaleur de l’été – il a horreur des tenues débraillées – André s’arrête à une boulangerie pour y acheter des pâtisseries : Trois kouign amann. C’est une spécialité régionale de Bretagne, dont le nom breton signifie Kouign, gâteau ou brioche et amann, beurre. Il les range dans sa sacoche de cuir qu’il a avec lui.

André prend la ruelle en pente descendante assez raide, qui mène à la place de la basilique, il marche tranquillement. Il n’est pas pressé et est heureux, car il n’a que des bonnes nouvelles à transmettre. Arrivé sur la place, il se dirige vers le café où ses amis lui ont donné rendez-vous.

Juliette est la première à l’apercevoir et lui fait un signe de la main - Arnaud n’a rien vu plongé dans le livre qu’il a offert - :
« Hou, hou : nous sommes là !
- Ah, bonjour ! »
Arnaud a levé les yeux de son livre et serre à son tour la main à André :
«  Tu as fait un bon voyage ?
- Oui cela a été. Sauf un retard peu après Le Mans. Une vache qui bloquait la voie ferrée.
- Ah bon ! Et cela vous a retardé ? a demandé Juliette.
- Non, pas trop : peut-être un quart d’heure. Heureusement, la navette a attendu...
- Vous devez avoir soif. Vous prenez quelque chose ? s’enquiert Arnaud.
- Oui. Je veux bien un demi. Une Kanter.»
Arnaud se lève pour passer la commande au bar.

Juliette est impatiente, elle attend depuis si longtemps ce moment :
« Alors ? »
André prend une mine renfrognée.
« Il ne veut pas...
-  Non ! Ce n’est pas vrai. Il ne peut pas nous faire cela... Le projet tombe à l’eau alors... »
André passe une main sur l’épaule de Juliette :
« Mais non. Je vous taquinais ! »
Juliette prend une mine renfrognée :
« Vous n’êtes pas drôle !
- Allez, on va y arriver. " Araok Atao "! Selon votre devise préférée... »

Juliette finit par sourire. Elle est très sensible, mais elle a fait des progrès dans ses réactions un peu vives et se calme plus facilement.  André qui la connaît mieux maintenant, sait jusqu’où il peut aller en plaisantant sans provoquer l’irrémédiable vexation :
« Tiens, pour me faire pardonner. » Il sort de sa sacoche les pâtisseries qu’il vient d’acheter.
« Ouâh ! Des Kouign amman ! Je vais encore prendre des kilos !
- Vous pensez bien ! Allez, à d’autres : vous avez une taille de guêpe. Vous pouvez vous laisser aller.
- Vous croyez ? Vous dîtes cela pour me faire plaisir.
- Pfff ! Vous ne voulez jamais me croire. Demandez donc à Arnaud. »

Quand on parle du loup... Arnaud vient juste de revenir et s’assied.
André s’adresse à lui :
« Vous êtes d’accord avec moi, Arnaud. Non ? »
Arnaud n’ a rien entendu, mais il comprend qu’il s’agit sûrement d’une plaisanterie :
« Bien sûr ! Vous savez bien que je suis toujours d’accord avec vous. »
Juliette répond :
« Oui. Vous les hommes, quand il s’agit de s’entendre sur le dos des femmes, vous êtes bien là ! »
Tous les trois se mettent à rire de bon cœur.

Mais l’impatience de Juliette est relancée :
« Alors, racontez...
- J’ai vu le propriétaire à Paris, il y a deux jours...
- Oui. Et ?…
- Il est d’accord pour signer. Deux cent mille euros. C’est une bouchée de pain. Enfin. Comme l’immobilier est en train de s’écrouler comme tout le reste, le prix est normal. Mais c’est le moment où jamais pour acheter. Avant l’effondrement total. J’ai bien réfléchi et votre projet m’intéresse. Mais je n’ai pas l’argent. Vous savez bien que je suis ruiné…
- Ohhh ! » Juliette est désappointée.

André ne veut pas jouer avec les sentiments de Juliette : il sait qu’elle est hyper sensible :
« Attends. Je ne vous ai pas encore tout dit. J’ai retrouvé il y a quelques mois, un ami d’enfance. Roland Couettaroc.
Arnaud coupe presque la conversation :
« Attendez : vous ne voulez pas parler de Roland Couettaroc ? Le candidat à l’élection présidentielle ?
- Lui-même !
- Qui ça ? – Juliette est totalement imperméable à la politique, tout juste si elle sait que Chirac a été réélu. Arnaud explique succinctement.
- Roland Couettaroc. Un candidat imprévisible. Je te donnerai les détails, si tu veux. » 
Roland renchérit :
« Et breton de surcroît ! Campénéac ! Donc je poursuis. Je lui ai parlé de votre projet. Il a été emballé. Il n’avait plus beaucoup d’ambitions, vu ce qui s’est passé pendant la campagne. Et comme il a une fortune personnelle, il est prêt à investir !
- Ouais ! Fantastique ! »

De joie, Juliette s’est levée, embrasse tendrement André et esquisse quelques pas de danse sur un air de ridée, une danse folklorique locale, remise au goût du jour dans les « Fest noz » qui se donnent un peu partout dans la région. Les quelques personnes du café la regardent avec étonnement et ne peuvent s’empêcher de rire en la voyant. La joie est contagieuse.

Roland sourit doucement
« Je peux continuer ? »
Juliette se rassied. Roland sort doucement et mystérieusement de son portefeuille un papier plié. La curiosité de Juliette est à nouveau réveillée :
«  C’est quoi ?
- Le plan.
- De quoi ?
- Attendez. Quand vous saurez que Roland a travaillé sur des grand projets architecturaux, comme le centre PEREK, vous comprendrez mieux...
- Vous ne voulez pas dire...
- Si… Oh, ce n’est qu’un premier jet. Une ébauche. Regardez. »

Roland a déplié complètement la feuille, format A3 sur la table. Devant leurs yeux émerveillés, apparaît l’esquisse du centre…

Posté par Pluto à 06:43 - Vibration cahotique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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