04 juillet 2007
Les cygnes
(H)umour
Simplette
« Lançons nous sur l'Eure
Au fil de l'eau
Là où flirtent les cygnes aux plumes grâcieuses
Cherchons le bonheur
Moi et Pluto
Dans le rire et la joie d'heures délicieuses… »
Pluto
« A la bonne heure,
A aboyé Pluto !
Courons après les cygnes à la chair si précieuse
Laissez moi, je reviendrai dans une heure
Ou même un peu plus tôt,
La gueule farcie de deux plumes délicieuses... »
A
A
Un monde en guerre : Mars 2007 - Le centre PEREK
Alternative quantique
[ Lundi 11 Avril 2005 les forces de l'ordre font évacuer manu militari les élèves qui occupaient les locaux et le toit du lycée Montaigne, un des plus prestigieux lycées parisiens. Les lycéens protestent depuis quelques mois contre la loi Fillon sur l'École. ]
( réf : http://www.geocities.com/photo_geo/aur11avr052sw.jpg )
… Le débat de pré-campagne entre Nicolas Sarkozi et Laurent Fabius en vue des élections présidentielles de Mai 2007 alimente toutes les conversations. Les médias sont très surpris par la violence du ton qui en est ressorti, plus habitués dans ces dernières années à un consencus « mou » entre les hommes politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche...
Le centre CHU « PEREK » se situe rue Bezout, dans le quatorzième arrondissement de Paris. C’est une construction bizarre, trois structures empilées - trente, cinquante et soixante dix mètres.
L’assise de l’édifice est une tour cylindrique en béton, d’un diamètre de vingt mètres. Puis, de ce cylindre, une pyramide inversée, entièrement en verre prend le relais, la surface supérieure étant un carré de cent mètres de coté. Enfin, cette pyramide soutient la dernière structure, un parallélépipède rectangle.
… Le CHU a été inauguré début 2007, mettant à profit l’engouement pour les J.O. qui doivent se tenir à Paris en 2012. Les dirigeants européens y voient un symbole fort de la puissance de l’Europe face aux Etats-Unis d’Amérique. Mais la conception du CHU a été élaborée bien avant. En fait, dans la foulée du succès in extremis du « OUI » au référendum en France pour la ratification de la constitution européenne, la commission de Bruxelles a fait un geste : peut-être pour récompenser la France de n’avoir pas cédé aux sirènes du « NON », elle a accepté un financement de ce projet pour moitié.
Mais, cela a été difficile : au départ, il était prévu un édifice plus étendu en surface, plusieurs centaine mètres carré au sol.
Une levée de bouclier s’est dressée face à ce projet car sa création impliquait la disparition de tout un quartier artistique. La rébellion est partie d’un petit café, rue Du Couédic, « l’Insolite ». Devant la menace d’extension du conflit à d’autres sujets de mécontentement en France, comme la montée du chômage, de la précarité, du harcèlement administratif, s’exprimant en multitudes de formulaires plus ou moins incompréhensibles, le projet a été finalement amendé : pour éviter de toucher au quartier, la surface au sol nécessaire a été détournée pour finalement être prise en hauteur. Ce qui a été rendu possible par la découverte d’un nouvelle alliage extraordinairement résistant aux déformations et venant d’être mis sur le marché en Europe, après avoir fait ses preuves au Japon : le Xylon.
Le projet de compromis avait abouti à cette structure inédite : un cylindre à la surface minimum, qui abrite quatre ascenseurs, une pyramide entièrement transparente laissant passer la lumière et ne masquant pas ainsi le ciel, et enfin le bâtiment proprement dit ...
Alexandre travaille depuis plusieurs années au Centre. Il vient d’arriver dans son bureau, situé au dernier étage. Il allume son ordinateur.
Son travail consiste à éplucher les dialogues via Internet. C’est tout à fait légal, la loi permettant ces écoutes ayant été votée dans le cadre de l’assemblée européenne : malgré quelques réticences, il s’est avéré que les procédures pour appliquer la constitution ne pouvaient être efficaces qu’accompagnées de contrôles stricts des échanges via Internet. Bien sûr, un code de déontologie pour éviter les atteintes à la vie privée fut ratifié. Ce n’était pas cependant une loi unique pour chaque pays : les sensibilités étant différentes d’un état membre à l’autre, chacun avait du élaborer son propre règlement.
Alexandre s’installe confortablement. Beau ciel bleu, légère brise printanière.
« Une agréable journée en perspective ! » la pensée lui est venue spontanément.
Il lance Ec-Dé, le logiciel de contrôle, spécifiquement conçu pour les écoutes dans le cadre européen. Ce logiciel effectue un premier filtrage des échanges Internet, à partir de mots clés qu’un expert choisit. Devant le nombre incalculable de messages véhiculés par Internet, seuls de véritables spécialistes peuvent être efficaces dans le choix des paramètres. Cela demande aussi bien des compétences rationnelles qu’intuitives. Cette nouvelle activité est en pleine expansion, les Grandes Ecoles commencent à inclure cette spécialité dans leurs programmes.
Alexandre, qui rentre de vacances, imprime la liste des écoutes pertinentes des derniers jours, en fonction des critères qu’il a paramétrés avant ses congés. Il lit la synthèse et sursaute.
« Ah non ! Pas eux encore !.... »
Dans sa liste apparaissent les noms de Pluto et Simplette. Voir inscrit ces noms sur son écran d’ordinateur gâche immédiatement la journée d’Alexandre !
Car il ne comprend pas : plus de deux mois à suivre les communications de ces deux « pseudos » sur la « toile ». Alexandre les a découvert un jour par hasard, où, désœuvré , il s’est amusé à rentrer des critères loufoques dans son logiciel. « Pour de rire ». Persuadé que sa recherche serait infructueuse, les paramètres entrés défiant tout bon sens.
A sa grande surprise, le système a « craché » les noms de Pluto et Simplette. Deux adultes qui échangeaient des messages en « Chat » via un logiciel de rencontre sur Internet.
Alexandre est d’une nature très curieuse et il lui est insupportable de ne pas contrôler et comprendre ce qui relève de son domaine de compétence. Or, son excellence, c’est justement les écoutes et les analyses qu’il rédige sur celles-ci. De brillantes et percutantes déductions, toujours claires, simples, évidentes. Les autres experts qu’il côtoie ont toujours reconnu ce don.
Mais là, pour la première fois de sa vie, il est interloqué.
Deux mois.
Deux mois qu’il cogite sur cette énigme sans la résoudre.
Au début, confiant dans ses capacités, il a pensé qu’un minimum d’effort au niveau de la logique, il pourrait trouver la solution.
Malgré son énorme investissement, aucun résultat tangible pour couronner tous ses efforts.
La colère et la frustration ont grandi dans son esprit. Comprendre « Pluto » et « Simplette » est presque devenu un enjeu vital. Une obsession.
Mais impossible…
Il a pris des vacances – oh, pas uniquement pour ce problème de communication, il en avait grand besoin car son travail est devenu de plus en plus frustrant – et il a pensé qu’avec un peu de distance, il reviendrait avec les idées plus claires.
Et là, de retour, à nouveau, les noms de « Simplette » et « Pluto » qui apparaissent.
Malgré son air bronzé, son nouvel allant pour la reprise, Alexandre se sent nerveux et à nouveau désemparé.
Consciemment, il a l’espoir de résoudre leur mystère, mais inconsciemment il sait qu’il échouera encore cette fois là.
Alors Presque malgré lui, il paramètre Ec-Dé pour éditer les dernières conversations entre Pluto et Simplettte.
Songeur, il attend l’impression. Il veut se détendre. Se laisser aller – ce qui est rare chez lui - Il se souvient de ses vacances avec Claudine, sa maîtresse actuelle.
… La petite maison à l’Île de Ré...
La ballade dans la vieille ville, un jour de marché...
Le libraire, un vieux type bizarre...
« Viens voir, je vais te montrer un type extraordinaire. Un bouquiniste à l’ancienne, comme on en fait plus : Monsieur Lupot. Il est connu de tout le quartier. »
Claudine l’avait entraîné, presque de force.
Lui, les bouquins, à part les revues de bricolage et scientifiques comme « Sciences et Vie », cela ne l’intéresse pas énormément... Il avait tout de même suivi Claudine en ronchonnant.
Quand il avait rencontré ce monsieur Lupot, il avait reconnu tout de même un charisme impressionnant : Quelque chose dans le regard, l’accoutrement, la voix, les gestes... Alexandre n’aurait su dire ce qui émanait de ce bouquiniste et le touchait.
L’Univers avait alors timidement frissonné à son intention.
Il avait discuté un court moment avec Monsieur Lupot qui lui avait montré un vieux bouquin, une ancienne édition d’Alice au pays des Merveilles, aux Editions anglaises « Plimt-Tees » - qui n’avaient édité que trois ouvrages avant de faire faillite. Mais ces ouvrages étaient de pure merveille, très recherchés par les collectionneurs, vu la rareté et la confidentialité de cette curieuse maison d’Edition. Alexandre tenait entre ses mains un des exemplaires d’Alice et bien malgré lui, il était sous le charme du manuscrit.
L’Univers avait à nouveau frémi.
« Tu te rends compte, Alexandre ? C’est vraiment exceptionnel, ce genre de livre ! Et voir cela ici... » Claudine était émerveillée par le livre entre les mains d’Alexandre..
Au son de sa voix, il était sorti du rêve dans lequel il commençait à plonger.
« Pffff ! A cette époque, ils auraient mieux fait d’éditer des ouvrages techniques, plutôt que rêvasser à ce genre de conneries... Pas étonnant qu’ils aient fait faillite… »
Son ton était devenu méprisant, il ne supportait pas cet air « béat » que prenait Claudine lorsqu’elle était dans son bonheur « simple ». Un instinct de destruction s’emparait aussitôt de son esprit.
Alexandre avait toujours trouvé ridicule cette simplicité. Nunuche... D’une bêtise idiote ! Claudine lui rappelait « Bécassine ». Cette bretonne idiote, « simplette d’esprit » et qui se faisait tout le temps « blouser ».
Il avait rendu presque brutalement le livre à Monsieur Lupot. Ce dernier n’avait rien dit. Quelqu’un d’attentif aurait pu déceler un peu de tristesse dans son visage.
Pour Alexandre, l’Univers n’avait pas basculé...
« Et il n’en est absolument pas question ! » aurait-il dit si on le lui avait proposé.
… Un son de crécelle le rappelle à la réalité : l’imprimante a fini son boulot et le lui signale.
Alexandre va chercher ses feuilles imprimées et les ramène à son bureau pour les étudier.
Un monde en guerre : Mai 2007 - Ecoute au centre PEREK
Alternative quantique
[ Lundi 11 Avril 2005 le président de la République Jacques Chirac participe à une émission de TF1 sur le référendum sur la constitution européenne instaurée par le traité de Rome de 2004 ]
( réf : http://www.interet-general.info/IMG/Naplouse-11avril2005-1.jpg )
| Références | Date Réception | Organisme réalisateur |
| A356-GDSI-V06 | 15 Avril 2007 – 13h 46 | CHU PEREK |
| Références | Date écoute | Fonction |
| Alexandre Vreserp | 10 Avril 2007 – 22H 10 | Expert troisième degré |
| Acteurs sous écoute | Observations diverses |
| Pluto - Simplette | Ecoute automatique - Communication via Internet Service utilisé : Mystic - club de rencontre amicale et spirituelle. Pluto et Simplette sont deux « pseudos ». Personnes réelles encore non identifiées |
| Etat de la fiche | Fiches asociées |
| En cours de validation | A357-PLSI-V01 / A357-PLSI-V02 A357-PLSI-V03 / A357-PLSI-V04 A357-PLSI-V05 |
| Code : P pour Pluto- S pour Simplette précédé du numéro de message |
| Code | Annotations |
| 1-P | Voir signification plaquette de chocolat, cartouche de cigarette. Sans doute échange denrées prohibées ? |
| 3-P | Valentin.... A noter... Code secret ? |
| 5-P | Attention : message court mais dense. Mots clés : banane – yaourt. Nounours : une femme maquillée en homme ?... A noter faire des recherches... |
| 6-S | Confirmation mot clé : banane et contact Nounours |
| 7-P | Mots clé : batô (eau ?) et os. |
| 10-S | Mots clés : oiseau, corbeau. |
| 12-P | Veulent contacter un certain Lamorisse – vérifier si nom référencé. Signe de ralliement : un ballon rouge. Trouver date et lieu. |
| 15-S | Poème pas clair. A étudier sérieusement plus tard. A noter la présence du mot clé : chocolat. |
| 19-S | Utilisation ortographe via un code secret. Etudier complètement les trois derniers messages – Noter la présence masquée du mot diamants |
| 20-P | Message clef. Echange d’argent prévue. L’étudier ultérieurement. A noter l’histoire du pastel. |
| 21-S | ????Message incompréhensible. De diversion ? A étudier plus tard. |
| 22-P | Noter : Platter, Ray Charles, Blueberry. Autres contacts ? |
| 23-S | Piste sérieuse : Romain Didier – 54 ans – Né le 6 Aout 1950 – chercher sa fiche. |
DIAL entre Pluto et Simplette
Alternative quantique
[ Lundi 18 Avril 2005 Police : la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) publie son rapport annuel qui met l'accent sur l'augmentation des dérapages policiers. ]
1-Pluto
Y'avait comme qui dirait un "bogue" dans le potage. Expression typiquement plutonesque, incompréhensible dans le monde simpletissime ...
Dans ce monde, je résume le bouneur :
- une connexion Internet
- une double plaquette de chocolat
- une cartouche de cigarettes
- et un Pluto qui frétille .. de la langue et bave un peu de temps en temps...
Bon... C'est la simplicité de la vie, ça... Non ?
[ Confirmation utilisation Internet. Voir signification plaquette de chocolat, cartouche de cigarette. Sans doute échange denrées prohibées ?]
2-Simplette
Heu... Serais tu en train de découvrir la simplicité? Wouah !
Un gros câlin!!!
3-Pluto
Alorssssssse ? Tu t'es étouffée en mangeant la banane. Trop impatiente, tu n'avais pas même vu que tu avais déjà plein de chocolat qui te dégoulinait partout... Bâh !
J'ai droit à un gros calin ? Vrai ? Toi z'aussi... De la part de tous les Valentin...
[ Valentin.... A noter... Code secret ? ]
4-Simplette
attends ! voilà...
Lorsque ta voix s’éloigne
Quand le temps nous empêche
De parler de nos vies et mille chose encore
Même pour quelques heures, la nostalgie me mord
Mon esprit se dessèche
La tristesse m’empoigne
[ Bon Dieu ! Encore ces foutus poèmes !
Pas de mots clés : ce doit être pour faire diversion ]
5-Pluto
Pluto fait quelque chose de pas bien : il mange aussi de la banane... Mais dans un yaourt... Pas bô tout ça, non ?
Message reçu : Nounours_937 visite mon profil... Curieux pseudo pour une femme !
[Attention : message court mais dense. Mots clés : banane – yaourt. Nounours : une femme maquillée en homme ?... A noter faire des recherches...]
6-Simplette
Tu vois... ça marche, la banane, suffit de savoir où la mettre: dans les neurones.
Nounours, c'est un mec, je l'ai vu en liste.
Il cherche pluto... Wouarf !!!! RRRRRRire !!!!!
[Confirmation mot clé : banane et contact Nounours]
7-Pluto
Nounours et Pluto sont dans un batô...
L'un deux tombe sur un os...
Que fait le second ?
[Mots clé : batô (eau ?) et os.]
8-Simplette
il roul' sa bosse
dans son carosse
mais l'est pas rosse
et son nonosse
donne à plutossse
9-Pluto
Ouais, bon... Tu m'attires vers la poèsie...
Va falloir que je m'y attelle peut-être...
C’est le Plutosse
Qui roule sa bosse
Mais pas carosse
Car c’est qu’il bosse
Mais comme un gosse !
Joue du nonosse.
P’tit’ têt’ pas grosse
Pas grosse, pas grosse ?
P’tit pois d’Ecosse.
[Confirmation du mot clé : os.]
10-Simplette
petit toutou
et grand doudou
me rendent fou
Ta main nerveuse
sur mon mon corps beau
telle un oiseau
me rend heureuse
[Mots clés : oiseau, corbeau.]
11-Simplette
RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRire !!!!!
Le niveau baisse
les mots s'affaissent
et sur sa fesse
pleine de graisse
ils apparaissent:::
les boutons rouges
de la honte
12-Pluto
Késkecé, ces boutons rouges ?
Me fait penser au premier film que j'ai vu : Ballon rouge, de Lamorisse
[Veulent contacter un certain Lamorisse – vérifier si nom référencé. Signe de ralliement : un ballon rouge. Trouver date et lieu.]
13-Simplette
Va donc, eh
j'cause à un ôt'
14-Pluto
Alorssssseeeee.... Je travaille aussi, moi, d'abord...
Va donc retrouver les "ôtres" (sourire) !
15-Simplette
Splatch !!!
et le noir-tombe
noir de la tombe
mais soudain
dans sa main..;
ciel, une bombe.
Faisons la bombe
sur l'outre tombe,
outré, il tombe
Splatch !
Tombe, la vache
Tombe le lâche
murmure des hypocrites
qui rient des phrases écrites
avec le sang de la vie
avec mon sang un lavis
Rouge, le dessin
Et sur mes mains...
Splatch ! du chocolat
Noir-tombe
[Poème pas clair. A étudier sérieusement plus tard. A noter la présence du mot clé : chocolat.]
16-Pluto
Pisque c'est ça...
J’arrête un instant.
Je vais m'en fumer une...
Ah tiens, la revoilà...
17-Simplette
ah mé jarette pah...
cétoi, cé pas moi karette
pour une cigarette
18-Pluto
T'arrêtes pas passque tu poétises en mêm'temps, d'abord. Et que même moi, et que Moi, je fume pour le cancer... Et que même, c'est pas vrai. Mais bon. Si ca continue, fô qu'ça change.
19-Simplette
Cétenkor mafote
situ fédé fotes tora pas tédiamans
[Utilisation ortographe via un code secret. Etudier complètement les trois derniers messages – Noter la présence masquée du mot diamants]
20-Pluto
Des diamants ?
Ou ça, ou ça ?
Que je les vende !
Plein de blé, de pépette, de flouze, d'oseille...
Wouahhhhhh !
La vie de château....
Bon prince, je rajoute même les 350 Euros de mon pastel... Allez, je me la joue grand seigneur (et non saigneur comme le vampire) aujourd'hui...
[Message clef. Echange d’argent prévue. L’étudier ultérieurement. A noter l’histoire du pastel.]
21-Simplette
To day....
someouère ovaire ze rainnnnbove.......
[ ????Message incompréhensible. De diversion ? A étudier plus tard.]
22-Pluto
Tchoup, tchoup pi di wouahhhhh...
... J'adore toujours le Platter, ceci dit. Plus évocateur que Ray Charles. Mais le Blueberry.... Hmmmmmm... Le Pluto, il s'en lêche.... les babines, va pas voir autre chose, coquinette.
[Noter : Platter, Ray Charles, Blueberry. Autres contacts ?]
23-Simplette
Tandis que nous devisions, il eut la vision du vice et s'avisa de visser la vis et vice et versa le marsala dans la salade assaisonnée
.Attends, je t'envoisse un dial que j'onc reçu...
"lui : vous ete tres belle
lui : Merci, Didier.
lui : mon prenon est romain
lui : vous voyai ma photo
lui : jai 54a je suis né le 6 aout 1950 moi non plu je parai pas mon age est j aimerai bien vous connaitre
lui : alo
lui : que recherché vous moi une relation serrieuse
lui : pas de reponse dommage.
[Piste sérieuse : Romain Didier – 54 ans – Né le 6 Aout 1950 – chercher sa fiche.]
24-Pluto
C'est quoi, tous ces "lui" ?
C'est un contact que tu as eu, belle ensorcelleuse ?
(Désolée, mais je ne trouve pas l'équivalent avec fée)
Moi zitou, je te joins l'annonce de quelqu'une qui me visite :
"Bonjour,
Le questionnaire de présentation ne mentionnait pas : passion de la lecture, fantaisie, accro au chocolat, quelques bons clins d'oeil sur la vie et du temps à partager. Alors à bientôt ! "
Je te l'envoie, surtout pour le chocolat...
[Ah, ah ! Toujours le chocolat... Important trouver signification. ]
(fin de conversation)
Spirit_775 rend sa copie
Youni
[ Vendredi 17 Juin 2005 Echec des négociations sur le budget de l'UE élargie. Les dirigeants européens ne sont pas parvenus à un accord sur le financement de l’Europe élargie. ]
Le tout petit monsieur, toujours aussi rondouillard, chapeau melon vissé sur sa tête, parapluie d’une main, sacoche de cuir de l’autre, se matérialise une nouvelle fois au milieu du néant qu’il transforme comme d’habitude en bureau des années 1900.
Il s’est familiarisé avec cette époque.
Il s’assied dans son fauteuil Voltaire et, tel un professeur émérite du Collège de France, ouvre sa sacoche pour en extraire un épais dossier, marqué « Pluto ».
C’est le devoir du stagiaire « Spirit_775 », à qui Elias a sous-traité un travail de spiritualisation : il s’agit d’inspirer Arnaud, un être humain du vingt-et-unième siècle, de lui donner des armes pour lutter contre les F.O. …
Car la bataille est rude, il est indispensable de rassembler toutes les bonnes volonté dans le combat.
La copie rendue est intéressante, Elias a bien ri avec le sketch de théâtre « L’Examen », et malgré un aspect iconoclaste, ce texte a aussi fait sourire Youni !
Et pour faire rire Youni, il faut se lever de bonne heure...
Non. En fait, Youni a un sens développé de l’humour, mais il ne le montre pas souvent.
Youni a fait comprendre à Elias qu’il faut poursuivre dans cette voie, et c’est dans cet état d’esprit qu’il a retransmis ces directives à Spirit_775.
Maintenant, Elias lit la « copie », consignée dans le dossier qu’il vient d’ouvrir. Avant de corriger l’exercice, il fait apparaître des lunettes : il n’en a pas réellement besoin, mais une petite coquetterie n’est pas interdite. Elias se concentre... et est agréablement surpris par le travail de son élève.
Car non seulement Spirit_775 a respecté les consignes qui lui ont été transmises, mais de plus, il y a apporté une touche personnelle, que son professeur n’a pas imaginée : à priori, Elias pensait concentrer tous ses efforts envers Arnaud, en lui transmettant le souffle pour écrire tout un ensemble de paraboles à destination des humains. Mais existe le risque non négligeable qu’il s’épuise avant que son action ne soit suivie d’effet.
Ce que propose Spirit_775 est de « partager » ce travail sur les paraboles en confiant cette tache à plusieurs.
Il a d’ailleurs fait quelques recherches, sélectionnant un certain nombre d’êtres humains susceptibles de convenir.
Elias lit les noms proposés par Spirit_775.
Un nom lui plait : Philippe Lamor. Car tout un ensemble de synchronicités peuvent être utilisées : Philippe habite le même immeuble qu’Arnaud et vont se croiser lors de l’assemblée générale de leur copropriété… Tout au moins, d’ans l’univers quantique où le « OUI » l ‘a emporté. Quant au monde alternatif, cela doit se passer un peu différemment, Elias décide de s’y consacrer à un autre moment.
Chaque être humain possède en lui une dimension spirituelle. Mais celle-ci est peu développée dans un monde axé sur le matériel. Et différents niveaux de conscience existent, menant au degré ultime, l’Amour Universel. Même si Philippe n’est pas arrivé à ce stade, il a en lui un fort potentiel créatif. Qui ne demande qu’à être réactivé.
Elias se concentre donc sur Philippe et lui réveille sa partie créatrice.
Avril 2007 – Philippe et Arnaud
Alternative quantique
[ Vendredi 8 Juillet 2005 Les négociations des actions Gaz de France ont débutée le 8 juillet 2005 à 12h00. ]
( réf : http://www.pudding-prod.com/pop-compagnie/images/affaire-freming-OF-8-juille.gif )
L’assemblée vient de se terminer.
Arnaud a été « estomaqué » par l’état d’esprit qui a prévalu pendant la réunion. Surtout lors du vote sur la motion onze.
« Triste humanité... » Il est écœuré. Jusqu’à se demander s’il doit rester dans cette résidence !
Il se dit que tous sont aveugles, insensibles à la misère humaine qui s’est installée partout autour d’eux.
Arnaud connaît plusieurs SDF. Ce ne sont plus les clochards « magnifiques » du temps de ses parents, ceux du feuilleton radiophonique « Sur le banc », avec Jane Sourza et Raymond Souplex.
Non : ceux qu’il connaît sont aussi des grands diplômés.
Des personnes intelligentes, trop intelligentes. Le système, tout axé sur l’informatique, n’admet pas les « marginaux ». Il faut être moyen pour être adapté.
Moyen... Petit boulot abrutissant, petite maison de campagne, barbecue le Dimanche et tous autour de la télé avec le film du soir, ou une de ces émissions totalement formatée, les fameuses « Réalité Show »...
Un seul modèle pour tous et surtout pas un cheveu qui dépasse.
Une unité factice, qui n’a plus rien d’humain.
Arnaud sort lentement du parking, sa chaise sous le bras. Devant lui, un homme âgé fume une cigarette, lui aussi songeur.
Arnaud le remarque et se souvient que cette personne est intervenue d’une manière plutôt sensée lors du fameux vote. Une des rares interventions qui lui a plu, même s’il a jugé sa prise de parole trop modérée. Arnaud, qui fume de temps en temps, s’arrête à ses côtés. Souhaitant entamer une conversation – il en sent de façon intuitive la nécessité – il sort une cigarette et se rapproche :
« Pardon, vous avez du feu ? »
L’univers a frissonné...
L’homme âgé lui a tendu son briquet en souriant.
Un sourire un peu triste.
Arnaud ne sait pas trop comment amorcer une discussion : L’homme âgé reste muet, perdu dans ses pensées.
Arnaud respecte ce silence et malgré son envie d’établir le contact, il se retient de dire quoi que ce soit. Si une rencontre doit avoir lieu, cela se fera, mais une autre fois. Il a appris à ne pas forcer les décisions, à respecter la liberté des autres. Comme le lui a appris Juliette :
« Pas d’amour sans liberté ! »
Arnaud salue l’homme en partant :
« Bonne soirée !
- Oui... A vous aussi...»
L’univers s’est immobilisé...
Arnaud s’est dirigé lentement vers l’ascenseur. Celui-ci est occupé.
Attendant qu’il se libère, Arnaud est songeur et un peu triste : la lassitude qu’il a ressentie chez la personne qu’il vient de rencontrer a du l’imprégner.
Presque deux minutes qu’Arnaud patiente :
« Bon Dieu... Qu’est-ce qu’il se passe encore... »
Il habite au deuxième et pourrait monter à pied, mais n’ayant rien de pressé à faire, il attend bêtement.
Au bout d’un certain temps, le voyant lumineux restant désespérément fixé au rouge, il se décide tout de même à emprunter les escaliers.
Ouvrant la porte qui y mène, il tombe nez à nez avec l’homme rencontré quelques minutes auparavant, et qui remonte du parking ! Surpris de le rencontrer, il bafouille :
« Ah... Vous êtes aussi au numéro " B " ? » C’est la cage d’escalier menant à l’appartement d’Arnaud.
L’homme sourit...
« Oui. Et ce, depuis plus de trente ans !
- Moi, je viens d’emménager...»
Et Arnaud d’ajouter après un court temps de réflexion : « Mais je ne sais si je vais rester.
- Ah, tiens ? Pourquoi donc ?
- Oh... Une impression... Disons qu’à l’assemblée, il s’est passé des choses qui ne m’ont pas vraiment plu.
- Vous savez, il faut comprendre... »
Rien qu’à ces quelques paroles, Arnaud a senti une complicité s’installer entre eux, qu’il peut faire confiance.
Faire confiance… Il s’est souvent « fait avoir » dans le passé. Mais au contact de Juliette, il « voit » mieux le comportement des gens qu’il côtoie et l’a amener à développer son intuition. Il répond :
« Comprendre quoi ?
- Ce sont des gens qui ont un métier, une famille. Alors, c’est normal qu’ils défendent leur territoire...
- Vous voulez parler de la réaction des copropriétaires face à la motion onze ?
- Oui... »
Avant de rajouter : « Entre autre... »
Arnaud se lance :
« Je pense que ce n’est pas une raison. »
L’homme sourit : « Vous avez aussi raison... », laissant un temps avant d’ajouter :
« Et je ne suis pas loin de penser la même chose. Mais il faut savoir relativiser.
- Ah... Si cela n’est pas trop indiscret, vous...
- Oui. Je me suis opposé à cette motion. » Il a interrompu Arnaud, sachant ce qu’il allait dire.
Ils montent les escaliers ensemble et en silence pour arriver au deuxième. Arnaud rompt le silence :
« Je suis arrivé.
- Et bien, j’en ai encore pour un étage.
- Alors, bonsoir. »
Ils se serrent la main.
« Vous voulez peut-être rentrer un court instant. A moins que vous n’ayez quelque chose d’important à faire ? » Arnaud, sous le coup de l’impulsion, souhaite en savoir un peu plus sur cette personne.
« Pas de refus, mais je ne voudrais pas vous déranger...
- Vous savez, si je vous le propose, c’est que cela ne m’ennuie pas. Et puis, cela me permettra de connaître un voisin.
- Alors... »
Arnaud a ouvert sa porte, l’homme âgé entre lentement, jetant des coups d’œil discrets sur l’environnement.
« Ne regardez pas trop, c’est un peu fouillis... – Arnaud est un peu gêné par le regard posé sur son " antre ".
- Ne vous inquiétez pas. Je peux m’asseoir ? Ce n’est pas par impolitesse, mais j’ai du mal à rester debout très longtemps.
- Je vous en prie. »
Arnaud a amené deux chaises de la cuisine dans la pièce principale : pas encore vraiment installé il n’a que le strict minimum.
Ah, si : il peut tout de même proposer quelques bouteilles pour un apéritif, et des amuse-gueules.
« Oui. Allez : pourquoi pas un Porto. »
Arnaud le sert tout en se prenant un whisky :
« Trente ans dans cet immeuble, d’après ce que vous m’avez dit.
- Oui. Et dix de plus un peu plus loin... Rue Du Couédic.
- Ah, je connais bien : je vais souvent au café « L’Insolite ».
- Moi aussi. C’est un endroit bien sympa. Le cigare vous dérange-t-il ? Mais je peux m’en passer, vous savez. Et je ne m’en formaliserai pas.
- Non, pas du tout. Je fume aussi. Tenez, il y a un cendrier juste à coté de vous. »
L’homme âgé a sorti un cigare et l’allume.
Arnaud reprend la conversation :
« Vous disiez aller souvent à " L’Insolite ". Mais je ne vous y ai jamais vu. »
Arnaud est encore une nouvelle fois surpris de cette nouvelle coïncidence qui l’amène à rencontrer quelqu’un fréquentant ce café. L’homme au « cigare » continue :
« Pourtant, j’y vais manger une fois tous les deux jours, le midi.
- Ce doit être pour cela que je ne vous ai jamais rencontré : je n’y passe que le soir. Et c’est incroyable les rencontres surprenantes que j’ai pu faire...
- C’est vrai. C’est d’ailleurs là que j’ai fait la connaissance d’un éditeur qui m’a bien aidé.
- Ah bon. Vous êtes lié à l’édition ?
- En quelque sorte...
- Et... sans indiscrétion, vous pouvez m’expliquer ?
- Oh... C’est simple : je suis à la retraite depuis sept ans. Ancien professeur d’histoire. Depuis, j’ai été pris par la passion de l’écriture.
- Ca, alors ! Moi-même j’écris. Mais n’allez pas vous imaginer des choses extraordinaires. Ce sont des " amusettes ", des sketchs de théâtre… »
Un temps de silence, qu’Arnaud est le premier à interrompre :
« On pourrait se présenter : après tout nous sommes voisin...
- Oui : je n’ai rien à cacher, je m’appelle Philippe Lamor... »
Ils restent ainsi, à parler de choses et d’autres, mais surtout sans qu’il y ait la moindre « compétition ». Ce n’est pas une discussion à sens unique, l’un dans ces histoires, l’autre devant les écouter. Non : c’est un véritable échange, non planifié, une idée en amenant une autre, sans préméditation. Par moments, Philippe raconte son histoire, Arnaud écoute, puis c’est l’inverse. Ils évoquent des moments de joie, de bonheur simple, mais aussi leur souffrance, la difficulté de vivre, mais sans que cela ne tourne à deux rôles bien définis, l’un dans la plainte de son vécu, l’autre assumant le rôle du « sage ». Un partage de deux morceaux de vie.
L’univers ronronne agréablement.
Plus de deux heures de discussion avant de se séparer, se promettant bien sûr de se revoir, mais sans préciser ni le lieu, ni le moment. Ils le savent, cela se fera au moment où cela devra se faire. Philippe finit par prendre congé de son « hôte ».
Une fois seul, Arnaud repense à leur échange. Ce qui lui revient, c’est cette histoire avec les « SDF » : le nombre de plus en plus important de personnes bardées de diplômes se retrouvant à la rue. Une société fonctionnant de cette manière lui semble vouée à l’échec. Enfin, il n’en est pas sûr, mais ce sentiment est irrépressible chez lui.
« Pourquoi les gens ne s’en rendent pas compte ? »
Pour Arnaud, le moment clé ayant accéléré le processus est ce fameux « OUI » au référendum. Un aveuglement collectif et général. De plus en plus, l’homme au service de la machine... Oubli de l’être humain pensant, oubli des contacts personnels, oubli de l’humilité chez les experts, soi-disant puits de connaissance...
Mais Arnaud n’est pas dupe : tout ce qu’il pense a été activé par sa rencontre avec Juliette. Elle ne l’a pas changé, mais révélé....
Un beau cadeau, merci la Vie !
Il repense avec tendresse à son amie. Elle lui manque profondément. Elle aussi est sensible à la misère. Encore plus que lui. A nouveau, il imagine tous ces SDF qui n’ont pas encore rencontré leur Juliette... Ce qui l’amène à se souvenir de l’émission radiophonique « Sur le banc » des années cinquante. Avec les comédiens « Jane Sourza » et « Raymond Souplex ». Une rencontre improbable entre deux clochard magnifiques.
Une idée lui est venue :
« Pourquoi ne pas reprendre ce thème ? »
Arnaud sent son cerveau bouillonner, de nouvelles idées qu’il doit mettre noir sur blanc.
Il s’installe devant son ordinateur et se met à taper.
Le titre de sa saynète lui vient immédiatement à l’esprit : « A Vot’bon cœur … »
L’univers s’est mis à frissonner...
Avril 2007 – Philippe
Alternative quantique
[ Dimanche 10 Juillet 2005 Le « oui » à la Constitution européenne arrive en tête, après dépouillement de plus d'un tiers des bulletins de vote. Le camp du oui obtiendrait 56,45 % des voix contre 43,55 % pour le non, à la suite du dépouillement de 93,5 % des bulletins. Le premier ministre Jean-Claude Juncker avait annoncé qu'il démissionnerait si le non l'emportait. ]
Philippe Lamor est rentré chez lui assez songeur : ce que lui a raconté son voisin et nouvelle connaissance l’a marqué plus qu’il ne veut bien l’admettre.
Assez incroyable pour être crédible, mais il a décidé de faire confiance à Arnaud.
Et puis, toute cette histoire autour de Laroche Foucauld... Il a donc décidé de lui apporter son aide. Peu importe si son voisin est fabulateur ou pas, mais cela a réveillé une envie chez Philippe. Arnaud a agi comme révélateur. Philippe se rend compte que sa vie est creuse et inintéressante. Les seuls instants de bonheur, rares, sont les quelques moments passés au Café « L’Insolite ».
Larochefoucauld !
Fouiller dans l’histoire pour retrouver son histoire : justement parce que ce n’est pas sa période fétiche, il sent qu’il va vers un inconnu qui peut être merveilleux. Il apportera donc les renseignements demandés.
Arnaud lui a transmis aussi son enthousiasme. Son intérêt pour le théâtre a résonné chez Philippe, et les sketchs, tels qu’il les a écoutés, lui a mis l’eau à la bouche.
Encore un élément de nouveauté : il s’est toujours tenu éloigné de l’écriture théâtrale. Philippe est un spécialiste reconnu des ouvrages historiques, depuis sa retraite il a d’ailleurs écrit deux biographies.
L’une sur Charles Baudelaire, l’autre sur Louis Onze...
Cela lui a bien plu, mais depuis quelque temps il végète.
« Alors... Pourquoi pas le théâtre... »
Jusqu’à ces trois dernières années, il adorait aller voir des pièces, même si les occasions se sont trouvées rares.
Il se redit donc encore une fois : « Alors, pourquoi ne pas passer de l’autre coté de la barrière ? »
Un souvenir oublié lui revint à la mémoire, alors qu’il évoque avec nostalgie sa jeunesse : cela se passe lors d’un de ses séjours, tout gamin, en colonie de vacances. A la fin de la sessions, une fête est organisé par les jeunes de la « Colo », chacun peut émettre des idées. Philippe, déjà attiré par l’écriture, a proposé d’écrire une saynète qui a même été jouée !
Lui revient aussi à l’esprit, une rencontre à l’île de ré, deux ans auparavant. A l’époque, il est en vacances et a vu des affiches proposant une rencontre avec Fanny Montgermont, une jeune auteur de Bandes Dessinées prometteuse vivant à Rennes qui doit dédicacer ses ouvrages à cette occasion. Philippe après avoir parcouru rapidement ces « B.D. » a transposé de façon ludique les scénarii sous forme de pièces théâtrales. Suite à cette rencontre sympathique, il s’est retrouvé à échanger des idées avec l’auteur et le libraire. Un certain Monsieur Lupot. La « mayonnaise » a bien pris car ils ont terminé la soirée dans un bar, à discuter passionnément à trois, jusqu’à très tard dans la soirée. Il s’est même surpris à avoir l’idée d’écrire ! Mais cela a été une pensée du moment, les vacances se sont terminées, l’envie a été refoulée. Et aujourd’hui elle revient au galop !…
« Et pourquoi pas ? » radote-il à nouveau. Il trouve cela un peu fou, c’est la raison pour laquelle il se redit encore une fois :
« Oui ! Pourquoi pas ? »
L’univers a frissonné sous l’influence de la pensée de Philippe.
… Tout à ses rêves, Philippe n’a pas entendu des cris qui viennent de la rue : une rixe entre deux personnes.
Reprenant contact avec la réalité, il se rend à son balcon voir ce qui se passe.
Effectivement, dans la rue, deux hommes, dans la trentaine, s’injurient et en sont presque venus aux mains. Heureusement, la dispute, bien que violente, est restée verbale.
Les paroles sont incompréhensibles, mais Philippe croit comprendre qu’il s’agit de deux « PACS », s’invectivant à propos du loyer à partager.
La dispute dure une dizaine de minutes avant de prendre fin. Philippe referme la fenêtre et s’assied dans son fauteuil.
Il prend un cigare, souriant intérieurement.
« Quelle société ! Le PACS ! Les gens ne sont pas assez grands pour se gérer, il leur faut de plus en plus d’ assistanat... » Philippe est assez intelligent pour s’apercevoir bien sûr que son jugement est caricatural.
Mais cette pensée a le mérite d’en amener une autre :
« Bientôt, il faudra un contrat de mariage pour toute la gestion du quotidien. Tiens, un peu à l’image de ce qui se passe au travail avec la qualité. Et pourquoi pas avoir des couples " certifiés " ! »
A cette pensée, il se lève brutalement de son fauteuil pour se mettre à sa table de travail :
« Là, je tiens quelque chose... »
Philippe se met à écrire.
Curieusement, pour un novice dans l’écriture théâtrale, les phrases s’enchaînent très aisément.
Les premiers mots sortis du clavier sont le titre de son futur sketch : « La Certification ».
L’univers vibre harmonieusement.
Un os pour Goofy
Youni
(réf : http://www.abcdespetits.biz/coloriages/images/gooffy.jpg )
Elias a donné rendez-vous à son élève pour une nouvelle leçon en vue de son examen : celui-ci se rapproche et Spirit_775 a encore quelques éléments à bien comprendre pour être prêt. Elias et Sprit_775 ont décidé cette fois de se rencontrer dans un lieu « épuré » et choisi une plage du Nord, de l’univers B13-V01. Une grande étendue de sable face à la mer du Nord, à proximité des falaises de Calais. Ils ont choisi un début de matinée, ciel clair mais avec un vent de force moyenne qui siffle en balayant toute la côte. Peu de personnes dans ce paysage : au loin, un couple qui se promène amoureusement, détendu après une nuit d’amour, main dans la main et en silence. Quelques deltas planes évoluent aussi dans le ciel, se laissant porter au gré du vent pour danser un lent ballet aérien. De temps en temps, un pétrolier à l’horizon, qui se déplace sur toute la largeur du champ de vision rejoignant Dunkerque.
Elias a décidé d’aborder le sujet des points de correspondance entre les différents univers. Et plus particulièrement sur les deux réalités issues du vol de la petite feuille. Il a pris l’apparence d’un haut cadre de la fonction publique, mallette noire à la main, mais en tenue décontractée : jogging et tennis. Avec une écharpe blanche autour du cou pour rappeler sa haute fonction. Elias adore ce genre de facétie ! Mais il a été surpris par l’apparence prise par Spirit_775 qui a choisi de se projeter dans le corps d’un chien, un peu tout fou. Le « Goofy » de Walt Disney ! Elias est parti d’un éclat de rire en le voyant et se dit que si Spirit_775 devient maître spirituel, cela promet de bonnes tranches de rigolade !
Les deux esprits se sont mis en connexion et ont accordé leurs vibrations dans l’harmonie pour se promener tranquillement sur cette plage imaginaire. Elias a commencé sa leçon :
« Tu vois, dans la réalité Alternative, Arnaud rencontre Philippe à une assemblée générale.
- Oui, je me souviens
- Avec le vote sur la fameuse motion 11. S’en est suivie une discussion entre Philippe et Arnaud, et l’écriture du sketch " A Vot’bon cœur ".
- Oui, je vois très bien. D’ailleurs, l‘idée de s’appuyer sur Philippe pour écrire des textes vient de moi. En toute modestie, bien sûr.
- Et cette idée a eu l’agrément de Youni, je te l’ai dit. Tu sais que tu as de réelles capacités, il faut vraiment que tu réussisses cet examen. De grandes choses t’attendent.
- Je te remercie pour ta confiance.
- Donc, pour en revenir à Philippe et Arnaud, il y a eu cette motion de l’assemblée générale, puis ce texte de théâtre. Mais uniquement dans cette réalité que nous appelons Alternative… J’appellerai l’autre réalité Primale par commodité.
- Oui. Et alors ?
- Je t’ai appris les " Correspondances ". Ce sont des évènements différents mais qui se ressemblent dans le fond pour se produire dans des mondes distincts. Eh bien, ce phénomène se produit dans les deux réalités issues de la vibration de la petite feuille.
- Et pourquoi en est-il ainsi ?
- Une sorte d’ombre.
- Je ne comprends pas.
- Je vais te donner un exemple : cette fameuse motion, dans la réalité primale projette une sorte d’ombre, que j’appellerais " évènementielle " et qui s’étend dans différentes réalités. Et en particulier dans la réalité Primale.
- Donc, il y a aussi cette motion dans la réalité que tu appelles Primale ?
- Oui. Mais pas sous la même forme.
- Mais si je te suis, cet événement dans la réalité Primale projette lui même une ombre.
- Exact.
- Mais nous pourrions aussi dire que la motion de la réalité Primale, n’est que l’ombre de l’autre réalité !
- Encore exact. Tout dépend du point de vue où nous nous plaçons.
- Tout est lié, en quelque sorte.
- Je ne te le fais pas dire ! Tu en doutais ?
- Non. »
Goofy aboie de contentement. Elias poursuit :
« En plus de cette histoire de motion, il est vital que Philippe se mette à écrire dans la réalité Primale. C’est la raison pour laquelle nous allons donner un coup de pouce en utilisant les coïncidences pour y arriver…
- Il va donc aussi rencontrer Arnaud et se mettre à écrire ?
- Oui… Et non.
- Comment cela ?
- Il va bien rencontrer Arnaud, mais ce n’est pas cet événement qui va le décider à écrire.
- Ah bon ?
- Non. C’est un événement qui concerne Benoît. En fait, Philippe rencontrera Arnaud au café l’ " Insolite ". Mais le sketch écrit ne sera pas le même. Mais l’important est l’acte d’écrire. »
Elias s’est assis sur le bord de la dune, et caresse distraitement le crane de Goofy qui s’est couché à ses pieds. Il regarde songeur la procession de cumulonimbus qui défilent dans le ciel.
« Tiens. Je vais faire un truc que tu n’as pas encore vu… »
Elias se concentre. Les nuages se déforment pour constituer une immense image en noir et blanc. Spirit_775 a dressé son museau :
« Mais c’est l’ " Insolite " !
- Oui. Je te projette le film sur la motion dans la réalité Primale ainsi que la rencontre entre Philippe, Benoît et Arnaud. Enfin. Ce que la B.C prévoit…
- Oh ! Attends un peu avant de commencer.
- Pourquoi ? »
Goofy s’est déjà élancé, dévalant la dune à toute vitesse :
« Je crois avoir senti un os tout en bas. Mon intuition… »
Avril 2007 – Règlement intérieur
Univers quantique
[ Mardi 12 Juillet 2005 La rémunération du président-directeur général du groupe aérien Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, a quasiment doublé en un an, pour atteindre 710 000 euros au titre de l'exercice 2004-2005 (clos fin mars), selon le rapport annuel qui doit être remis aux actionnaires lors de l'assemblée générale du groupe. ]
( réf : http://www.interet-general.info/IMG/Israel-Natanya-12juillet2005-2-3.jpg )
C’est l’assemblée générale de l’Association des lycéens de première et de terminale « ES » de l’établissement Rabelais que fréquente Benoît dans le quatorzième arrondissement de Paris. Il est « ronchon » à l’idée de perdre une après-midi pour cette réunion. Benoît ne raffole pas du « bahut », il préfère retrouver ses « copains », faire de la musique et ses blagues de potache. En fait, il a du s’adapter à la situation parentale : divorce, laxisme de la part du couple, englué dans des problèmes relationnels. Benoît a une paresse installée depuis longtemps, peut-être comme une protection mais surtout signe d’un manque de motivation profonde. Le redoublement n’est pas loin...
Mais il a un bon fond : sa petite amie, Nadine Goulgakof, elle-même dans cet établissement, est hospitalisée pour une légère intervention dentaire, et lui a demandé d’assister à la réunion. Elle a su se montrer persuasive. Et puis, elle est si charmante, Benoît ne peut rien lui refuser ! La situation semble sérieuse aux yeux de Nadine, et comme elle ne peut être présente, elle lui a donné son « pouvoir ». Principalement pour voter contre la résolution onze. Pour le reste, son « petit chéri » a carte blanche pour décider de lui-même.
Quatorze heures : l’assemblée générale débute. Elle a lieu dans une salle inoccupée du lycée, salle autrefois réservée au ping-pong, mais le club, comme la plupart des activités extra-scolaires, a disparu en début d’année. Chaque participant a apporté de quoi s’asseoir, une table a été installée, où se tiennent le proviseur adjoint, comme observateur sans droit de vote, et le bureau de l’association.
Un président de séance est nommé : Richard De LaMoltinière. C’est aussi le président, choisi essentiellement pour son aptitude à l’organisation. Un bon gros garçon, coiffé en brosse et portant lunettes, de taille moyenne, toujours un sourire affable au coin des lèvres. S’il est apprécié pour sa qualité d’organisateur hors pair, prévoyant tout, efficace dans ses actions, il a peu de véritables copains : pas assez imprévu, se lâchant très peu, trop sérieux. En fait, passionné par les chiffres, Richard vise de grandes études dans le domaine économique. Il a toujours réussi brillamment, malgré des problèmes d’asthme en cours de seconde l’ayant empêché de poursuivre dans la filière « S », la voie royale pour intégrer les grandes écoles.
… La réunion a suivi son train-train habituel : unanimité sur un certain nombre de résolutions, discussion à n’en plus finir sur des broutilles, comme sur la qualité de la cantine et le manque de temps pour manger le midi... Une heure et demi passée avant d’arriver à la fameuse résolution onze.
Benoît a écouté distraitement les paroles échangées, dessinant sur un carnet qu’il a emmené pour l’occasion. Principalement des caricatures sur les participants à l’assemblée. Il a toujours eu un bon coup de crayon, mais a tout de même écouté les différentes propositions et voté chaque fois de la façon la plus honnête en imaginant ce qu’aurait fait Nadine à sa place. Enfin, le « clou de la soirée » arrive avec la motion onze : c’est une résolution complexe, Benoît arrête de griffonner pour se concentrer.
La motion a pour sujet la modification du règlement intérieur du lycée, suite aux perturbations en classe provoquées par des jeunes lors des manifestations contre les nouveaux amendements apportés à la loi Fillon. Ceux-ci doivent se mettre en place à la rentrée : la réforme passée en 2005 - malgré une forte mobilisation des lycéens – a été durcie, ils ont donc « remis le couvert » à la rentrée de Pâques 2006.
Ces « troublions », la plus part des copains à Benoît, détonnent dans le paysage propret et bourgeois du lycée. Comme acte « répréhensible » lors des manifestations, un « ascenseur » de poubelles a été érigé un matin devant l’établissement, avant l’ouverture des portes : résultat, le lycée a été fermé pour la journée.... Par principe de précaution, à cause d’éventuels problèmes d’hygiène.
Benoît sourit en pensant à cette histoire. Ce qui lui fait faire un rapprochement comique « Les rues n’ont pas été interdites quand les détritus se sont amoncelés pendant les quinze jours de grève des éboueurs de Paris !... »
A un autre moment, des manifestant se sont introduits à l’intérieur du lycée pour inciter les non-grévistes à rejoindre le mouvement. Ils ont utilisé une sortie des catacombes qui débouche dans une cave du lycée, depuis longtemps scellée et inoccupée. L’apparition de ces jeunes « cataphiles », bardés de cordes, bottés, casqués, trempés jusqu’à la ceinture, a fortement impressionné les quelques élèves encore en cours. Qui ont majoritairement rejoint le mouvement... Personne au lycée n’a compris comment les manifestants avaient pu s’introduire et les lycéens au courant, mêmes non grévistes, ont observé une solidarité exemplaire, le secret a été tenu, rien n’est remonté vers l’administration...
Pendant cette période troublée, aucun acte vraiment répréhensible n’a été commis par les lycéens, aux esprits plus frondeurs qu’agressifs : ils ont surtout voulu s’amuser, la société ne leur permettant pas ce genre de blagues. Pour preuve de leur bonne volonté, ils sont même intervenus pour calmer le jeu quand des élèves de Seconde ont chahuté les Terminales : ils n’ont jamais souhaité empêcher la préparation au bac.
Nadine a vite sympathisé avec les manifestant du lycée les plus remontés contre la loi. Même si elle comprend le rôle des professeurs et de l’administration, garant d’une certaine stabilité, elle est très sensible au problème des jeunes et à l’angoisse de ceux-ci devant l’avenir. De plus, elle possède une sens exacerbé de la justice, et ces amendements devant passer par ordonnance, sans aucune discussion, la révoltent.
… Richard De LaMoltinière a lu intégralement la motion, après avoir longuement expliqué la manière de fonctionner du conseil syndical.
Encore une fois, tous les participants ont apprécié son intervention.
Il a distribué des photocopies du nouveau règlement intérieur proposé.
Motion numéro 11
Règlement extérieur du Lycée Rabelais 2007 (Poposition)
1 – Préalable : Respect, propreté et ponctualité sont la base d’une bonne gestion d’un établissement.
2 – Notre lycée ayant considérablement réduit le nombre de surveillants, les lycéens seront tenus de ne pas rester dans l’établissement en dehors des horaires de cours prévus et des permanences programmées.
3 – Chaque lycéen pourra être présent exceptionnellement au lycée en dehors de ses horaires prévus mais il devra en signaler les raisons dans un registre, ainsi que ses horaires.
4 – Les habits portés à l’intérieur de l’établissement devront être de type le plus sobre. Les lycéens ne devront pas se laisser aller aux fantaisies des vêtements de couleurs vives, aux signes divers – à l’exception de petites croix - ni à des coiffures choquant le sens commun.
5 – Tout objet autre que leur sac ou cartable nécessaires au cours, devra être déposé à coté de la loge, dans un espace qui leur sera propre.
7 – Concernant les toilettes, une auto-surveillance devra être menée par les lycéens eux-mêmes, qui devront indiquer à l’administration tout acte ou présence suspects. Bien entendu, ces espaces devront être tenus dans un ordre parfait.
8 – Il sera strictement interdit aux lycéens d’élever la voix pendant leur présence dans le hall ou la cour.
9 – Le tabac, le vin, l’alcool et la drogue sont bien sûr formellement interdits dans l’enceinte du lycée, sous peine d’exclusion immédiate.
10 – Aucune prise de nourriture ne sera autorisée à l’extérieur du self de l’établissement.
11 – Chaque jour, un responsable parmi les lycéens sera choisi pour assurer le nettoyage et la propreté du hall et des toilettes. En fonction de leurs horaires, dix lycéens de seconde choisis par roulement, se présenteront en fin d’après midi, quarante minutes avant la fermeture de l’établissement, pour procéder au nettoyage de la cour. Brosses, balais, serpillières et savon seront fournis par l’administration. Un responsable de terminale assurera la gestion de cette tâche. Celle-ci est édictée dans le but de faire acquérir aux jeunes des valeurs de civilité dont ils auront besoin pour l’avenir.
Le vote ne pose pas de problème : la motion est adoptée à soixante quinze pour cent des voix.
Benoît est sorti assez dégoûté. Il doit rejoindre Arnaud, qui lui a proposé de manger à l’ « Insolite »...
L’Univers a grondé.
Avril 2007 - Benoît et Philippe
Univers quantique
[ Samedi 16 Juillet 2005 Mise en vente de la version anglaise du 6e tome des aventures d'Harry Potter de J.K. Rowling à minuit. ]
( réf : http://www.chandolas.fr/Pictures-Pressbook/Images-pb20050914.jpg )
Benoît se dépêche... Après l’assemblée générale, il est allé retrouver ses copains au « Café d’Orléans ». Il a longuement discuté de cette fameuse réunion au lycée, de ce qui s’y passait, de l’ambiance se dégradant, de la politique « sécuritaire » et du principe de « précaution » qui lui semble polluer toute initiative. Ils sont jeunes, ils refont le monde. Mais ils ont raison, leurs idées ne sont pas si utopiques que cela.
Puis, bien sûr, la conversation dévie vite vers la musique, vers les derniers groupes à la mode et plus particulièrement sur celui d’origine arménienne « SOAD » qui viennent de sortir leur nouveau « single »...
Benoît vient de se rendre compte de l’heure :
« Quatre heures quarante ! Mince, j’ai promis à mon père de le retrouver au café...
- Allez, tu peux rester encore un peu... On a pas encore décidé de ce qu’on allait faire demain soir au " Jardin Atlantique "... »
Le jardin Atlantique...
Un lieu de rencontre entre jeunes, le soir. A écouter de la musique, à faire des « bêtises », mais pas méchantes pour un sou. Parc fermé la nuit, où ils s’introduisent en douce et y provoquent les vigiles... Des farces de potaches : comme déplacer des barrières de protection entreposées en vue d’une manifestation quelconque dans le quatorzième - fête du quatorze Juillet ou autre - et qu’ils ont disposées pour former le mot « Barjot ». Bien sûr, cela ne peut se voir que du ciel. Mais le comique de l’histoire est que, feuilletant un livre d’histoire, Benoît est tombé sur une photo du parc, avec les fameuses barrières formant ce mot ! Le photographe ne s’est peut-être pas aperçu de la singularité de la chose, et, dans le livre, la totalité des barrières n’est pas visible. Avec un peu d’attention, on distingue cependant les lettres « B.A.R.J » sur la droite.
Pour une rare fois, Benoît a pu dire non à ses copains : Il fait passer son père avant tout. Même avec un peu de retard, l’intention y est. Benoît sort du café d’Orléans :
« Ouais... Et en plus, je suis sûr qu’il va m’engueuler ! »
Car Arnaud est assez râleur, et souvent à mauvais escient, ce qui le pouvoir d’exaspérer son fils :
« Zut ! J’ai encore oublié la vaisselle. Et ça, je vais y avoir droit... » Benoît trouve que son père exagère. Il le réprimande pour des histoires d’intendance alors qu’il plane lui-même à cent pieds... La paille et la poutre...
Il va pour prendre la rue « Du Couédic », quand, fouillant ses poches, il retrouve ses graffitis dessinés lors de sa réunion. Il s’en débarrasse, les jetant au pied d’un platane...
« Hep, toi... »
Benoît se retourne : deux policiers viennent de l’interpeller. Deux jeunes, à peine plus âgés que lui. Qui essaient d’en imposer....
« Tu sais que cela peut te coûter sept euros cinquante? »
Benoît a horreur des policiers, c’est viscéral. Mais il est tellement surpris par l’incongruité de l’évènement qu’il en oublie son agressivité :
« Pardon ? Sept euros pour un papier jeté ?
- Oui : jeter des papiers. Cela peut te coûter sept euros cinquante. C’est la loi... »
Le policier sort un carnet de sa poche. Le second renchérit :
« Tu peux nous montrer ta carte d’identité ? »
Benoît devrait avoir peur, mais il sent une joie le remplir. Il n’a jamais craint les autorités. Il a envie de répondre, en rigolant et en faisant traîner les mots :
« J’sais paaaas... P’t’êt qu’oui... P’t’êt qu’non... ».
Mais il s’arrête, apercevant soudainement son père qui sort du café, une trentaine de mètres plus bas.
« Oh zut... Pas lui ! »
Benoît le connaît bien : il va faire un scandale, il en est sûr... Mais en même temps, un monsieur d’une soixantaine d’années s’est approché, qui a tout vu :
« Excusez moi, mais que se passe-t-il ? »
A son interjection, un des policiers réagit rapidement :
- Excusez nous, Monsieur, mais vous ne devez pas intervenir : nous contrôlons ce jeune homme… Si vous pouviez continuer votre chemin…
- Oui. Vous avez certainement raison. Mais ce jeune homme n’a rien fait de grave, il me semble.
- Qu’est-ce que vous en savez ? Encore une fois, ne nous empêchez pas de faire notre travail. »
Sur ces entre faits, Arnaud vient lui aussi d’arriver. Il voit la scène et bien que souhaitant intervenir, il a décidé de n’en rien faire. Pour l’instant, car apparemment, le monsieur âgé a pris les choses en main. Il se contente de regarder la scène en silence. Le second policier, plus énervé, ne supporte plus longtemps le regard de cet homme.
« Il faut circuler, Monsieur... Nous vous l’avons déjà signifié.
- Excusez moi, mais je ne fais rien de mal. En étant là, je ne vous empêche pas de faire votre travail, il me semble... »
Benoît a décidé de jouer profil bas . Il présente ses papiers et les policiers prennent les renseignements. Mais le regard de l’homme âgé les incommode. L’un d’eux ne peut se retenir.
- Et d’abord, qui êtes vous ? Vous savez que nous pouvons aussi vous contrôler ?
- Bien sûr ! Je n’ai rien à cacher... »
Tout en fouillant et en sortant son portefeuille, il s’adresse aux policiers :
« Je suis Philippe Lamor. Ancien professeur d’histoire. Vous pouvez vérifier... »
Avant d’ajouter, avec quelque sous-entendu :
« J’écris de temps en temps des articles dans les journaux. Je suis un peu connu dans le milieu... »
Son ton, ferme mais sans agressivité en impose. Il ajoute :
« Je peux même vous donner mon adresse : Résidence Dessanges, un peu plus loin... »
Au nom de la rue, Arnaud a sursauté : c’est l’endroit où il habite !
Finalement, les policiers laissent partir Benoît. Peut-être trop de témoins, et puis, effectivement, ce n’est pas très grave... Ils repartent, l’un d’eux ne peut s’empêcher d’ajouter :
« C’est bon pour cette fois. Mais n’oublie pas que cela peut te coûter sept euros cinquante ... »
Ils disparaissent au coin de la rue.
Arnaud s’est adressé à l’homme âgé :
« Vous dîtes habiter la résidence Dessanges ?
- Oui...
- Nous aussi ! »
Arnaud et Philippe discutent quelques instants sur le trottoir. De nombreux points communs les rapproche, en particulier l’écriture. De plus, Philippe connaît bien l’Histoire et Arnaud lui a parlé de son intérêt pour Laroche Foucauld. Ce qui intrigue Philippe qui ne connaît pas bien cette période. Pour continuer la discussion, Philippe propose de prendre un verre au café. Arnaud accepte, Benoît les suit.
Ils entrent au café l’ « Insolite ».
L’univers vient de frissonner doucement...







