L'oiseau blanc ou sous le signe de la sciatique

Il avait pensé : « On va faire péter l'Univers ! » Et il le lui avait dit.

04 juillet 2007

Une petite feuille, le vent : Juin 2005

Vibration quantique

[ Samedi 2 Avril 2005 Le pape Jean-Paul deux vient de mourir – Décès constaté à 21h37. ]

feuille_1

réf : http://richardgre.blog.lemonde.fr/files/feuille_1.jpg

La fenêtre du studio est légèrement entrouverte, les rideaux ondoient doucement sous la caresse de ce vent printanier, ainsi que la petite feuille posée à l’extrémité du bureau.

Elle frissonne ainsi tendrement sous le frôlement de l’air. Tout est mélodieux. Une personne entrant dans la pièce n’aurait vu que calme et immobilité, chaque chose étant là, à sa place, alors qu’avec un peu plus d’attention et de perspicacité, il se serait vite aperçu que les apparences étaient trompeuses, et que tout frémissait.

Paradoxe éternel de l’immuable et de l’évolutif...

Chaque objet entre en résonance avec la pulsation environnante, vibrant selon sa propre nature, sans heurt ni violence, en communion avec le souffle aérien ambiant.

Le vent a pris possession de la pièce et circule joyeusement dans tout l’espace. Mais ce n’est pas réellement une prise de pouvoir : simplement l’utilisation de son don particulier. Car il sait que tout un chacun participe à l’harmonie qui s’est créée. Sa présence est certes importante, mais seul, il n’aurait pu prendre conscience de son essence.

Son don particulier est de faire vibrer les êtres et les choses à travers les caresses qu’il prodigue à toute rencontre sur son chemin. Il est son propre souffle, mais aussi la vibration infra-sonique sur le verre de cristal, l’ondoiement des tissus des rideaux, le crissement presque frénétique du sac poubelle, la rugosité des fauteuils en rotin, l’odeur de l’encaustique du bureau, l’encre fraîche de la minuscule feuille de papier posée à son extrémité.

Il est souffle, aveugle à lui-même mais se ressentant à travers la pluralité des autres.

De même, tout objet est aveugle à sa propre nature, et cependant conscient d’exister par l’intermédiaire du courant d’air qui l’enveloppe.

Paradoxe de la vie...

La petite feuille est heureuse, et ressent de tout son être la joie de vivre la volupté de l’existence.

Mais intérieurement, elle se sent frustrée d’en rester là, son ego souhaite autre chose : un frisson plus intense, une convulsion amoureuse, ou tout autre sensation inconnue.

Oh, elle ne demande pas grand chose, ni que cela dure pour l’éternité, mais uniquement un court instant pour elle et pour sa propre essence, elle désire ardemment un frisson nouveau.

Rien que pour elle, oublier un court moment l’harmonie universelle, être entièrement et pleinement égoïste.

A vrai dire, chacun des éléments de la pièce ressent ce désir purement égoïste, mais celui-ci reste enfoui en eux, la jouissance du moment étant la plus forte.

Le vent a aussi une pensée de ce genre et décide de vibrer un peu plus intensément.

Juste un court moment. Un court instant.

Oh, uniquement un minuscule changement, cela ne risquait pas de perturber l’ordre et tout reviendrait comme avant une fois son expérience achevée. Un saut quantique minuscule en quelque sorte, juste pour voir.

Coïncidence, ces deux pensées entrent en résonance au même instant.

Ainsi, le vent augmente très légèrement l’intensité de son souffle, alors qu’au même instant la petite feuille décide avec toute sa force de conviction de faire vibrer ses molécules de façon plus ordonnée.

La conjonction de ces deux évènements provoque l’envol de la feuille.

Elle tournoie dans l’air, quittant la stabilité du bureau.

Le saut dans l’inconnu, faire confiance.

Le frisson de la peur et aussi l’extase du renouveau.

Le temps de virevolter quelques secondes, tout l’univers des possibles se met ainsi à exister, un temps de suspens pour toute réalité.

La dépense d’énergie est considérable, la petite feuille ne peut rester suspendue dans l’air éternellement. Doucement, tournoyant à plusieurs reprises, elle redescend lentement.

Un des possibles va se réaliser, la petite feuille se pose délicatement à terre.

L’univers a une nouvelle fois basculé et rien ne sera plus comme avant.

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Avril 2005 - Juliette

Univers quantique

[ Samedi 4 Juin 2005 – Séisme au Parti Socialiste : le numéro deux, Laurent Fabius, est exclu de la direction du parti pour avoir mené campagne pour le « NON » au référendum sur la ratification de la Constitution européenne. Malheur aux vainqueurs ! ]

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( Réf : http://www.lambiek.net/artists/c/chery_p/chery_p.jpg )

Juliette est une très jolie femme qui a dépassé la cinquantaine et est restée très jeune. Son aspect extérieur, parfois extravagant, et son comportement qui peut paraître bizarre et enfantin par moment, traduisent parfaitement son état intérieur : elle n’a pas oublié la petite fille qui jouait pendant les vacances d’été en Bretagne. Certes, elle n’y est plus retournée depuis une trentaine d’années, mais est restée profondément marquée par ces moments plutôt heureux.

Elle est pressée, car aujourd’hui est un grand jour, celui de son rendez-vous à huit heures trente chez le grand parfumeur André Chichon,  pour commencer un travail en tant que représentante de la marque auprès des médias.
« Enfin ! »
Sa situation s’éclaircit : après deux ans de galère, passant d’un « CDD » à un autre, devant affronter précarité, faible paie, stress, et heures de travail impossibles, elle aperçoit le bout du tunnel et va pouvoir enfin remiser tous ces tracas dans la malle « aux affaires passées » !

Elle chante dans salle de bain, tout en se maquillant.
Un coup d’œil à sa montre : sept heures vingt cinq.
Ca va, elle a largement le temps pour son rendez-vous.
« Chanter en travaillant… Ahi, aho… Nous allons au boulot… »
En se mettant un dernier coup de rouge à lèvres, elle fait une grimace à son image dans la glace.

« Hein ? Qu’en dis-tu, ma vieille ? »
Elle se retourne en haussant les épaules et continue de s’adresser au miroir.
« Pfff ! Toujours muette. T’es simplette, tiens. Une vraie Bécassine ! »
Elle qui passe un temps incroyable pour se maquiller, est prête en moins de dix minutes.
Pas envie de petit-déjeuner, elle verrait plus tard.
Elle descend rapidement l’escalier… pour s’apercevoir qu’elle a oublié de prendre sa boîte de chocolats qu’elle a promise à son amie Bénédicte.
« Ah, la la la la ! Ma fille, quelle tête de linotte tu fais... »
Elle remonte rapidement chez elle chercher la boîte.

Enfin, elle est dehors.  Soleil éclatant, le printemps a bien commencé.
Un sentiment curieux lui traverse alors l’esprit : la journée lui semble nettement plus lumineuse que la veille. 

L’univers a légèrement frissonné.

Toute à ses pensées, Juliette s’engage pour traverser la rue, quand un bus surgit de la droite et l’éclabousse presque : elle a juste le réflexe de sauter en arrière. Agressif, le conducteur de bus use de son klaxon en la voyant.
«  Il est gonflé... Quel imbécile, il pourrait rouler moins vite ! »
Juliette prend quelques instants pour se remettre.
«  Bon, un évènement aussi anodin ne peut me perturber… »
Tout en marchant vers son rendez-vous, elle repasse son entrevue de la journée : réunion avec André Chichon en personne, puis prise de connaissance avec toute l’équipe, devant laquelle elle doit se présenter.
Juliette est une personne ponctuelle. Jamais un retard. Une gestion impeccable du quotidien. Qui compense largement la fantaisie de ses moments libres, où elle se révèle à l’extrême opposé, fantasque, impatiente et changeant continuellement d’activités.

Mais elle a toujours réussi jusque là dans les différentes entreprises qu’elle a menées.
Elle sourit. « Quand je me souviens de mon dernier retard... Plusieurs années déjà ! Un retard qui m’a fait rencontrer Martin. Une vraie coïncidence quand on y songe...  Et une belle histoire d’amour. »
Son  histoire a duré dix ans.

«  Martin ! Je me demande ce qu’il devient...  »
Toute à ses pensées, elle en oublie presque la boutique de Bénédicte.  Heureusement, une discussion de vive voix entre deux femmes à leur  fenêtre de cuisine respective, attire le regard de Juliette.
… Qui, reconnaissant l’immeuble, la ramène à sa boite de chocolats qu’elle a promise à Bénédicte et a presque oubliée...
Elle entre dans la boutique de fleurs.

Bénédicte est une ancienne comédienne qui a du prendre un petit commerce, ne pouvant plus assurer financièrement sa vie avec les cachets dérisoires qui lui étaient proposés. Quand Juliette arrive, Bénédicte est occupée avec une cliente qu’elle finit de servir.
«  Ah, bonjour Juliette ! Je n’en ai pas pour longtemps.
- Je t’en prie, je ne suis pas trop pressée, je peux attendre. »

Juliette pense à Bénédicte et trouve assez incroyable qu’elles aient liées amitié ensemble ! Bénédicte est une fonceuse, très matérialiste, se fixant un but et s’y tenant, peu sensible aux arguments une fois l’action entreprise et assez autoritaire... Mais aussi sensible aux besoins des autres quand ses propres projets ne sont pas en cause et se montrant douce et gentille en dehors de ses activités. Cerise sur le gâteau, elle est très cultivée, critère extrêmement important pour Juliette. Cette dernière n’y peut rien : l’irritation la submerge vite au contact des gens « communs », sans qu’elle porte un jugement quelconque, mais elle a décidé un jour de ne plus s’ennuyer, jugeant que personne n’y retrouvait son compte.

Enfin, Bénédicte est disponible :
« Alors, Juliette : et ton travail ? Toujours d’actualité ?
- Tu ne crois pas si bien dire : j’ai rendez-vous tout à l’heure. Et tu ne devineras pas avec qui...
- Eh bien... Je ne sais pas, moi. Tu m’as parlé d’un emploi dans une parfumerie...
- André Chichon !
- Non !
- Si ! En personne ! C’est lui que je dois rencontrer.
- Eh bé ! Tu en as de ces relations ! Ah, excuse moi un instant... »

Une femme d’un certain âge est entré dans le magasin : bon chic bon genre, un parfum exagéré qui écœure par son manque de discrétion,  chien dans les bras, une miniature de Chihuahua. Prise par surprise, Juliette n’a pas bloqué son « émotionnel », l’aura de cette femme la submerge : elle ressent une personne sûre d’elle même, entièrement dans un ego hyper développé, qui lui fait concevoir le monde en deux catégories : celle qui sert, celle que l’on sert...
«  Une vieille pétasse... »
Juliette regrette immédiatement sa pensée : de quelle droit peut-elle juger quelqu’un sans la connaître ? Elle décide de penser à autre chose et de fermer son esprit.

En attendant que Bénédicte ait fini de servir la cliente – et apparemment  cela risque de durer un certain moment – elle jette un oeil autour d’elle. Puis, presque automatiquement, elle regarde sa montre : sept heures vingt cinq.
« Seulement ? » Première pensée...
Avant de constater l’horrible chose.
« Ce n’est pas possible... » Son visage devient livide un court instant. Elle a presque hurlé, faisant sursauter la vieille dame.
«  BÉNÉDICTE ! »

Bénédicte se retourne, soudainement apeurée à la vue des yeux hagards de son amie.
«  Qu’y a-t-il, Juliette ? Tu n’es pas bien ?
- Si... Quelle... Quelle heure est-il ?
- Huit heures vingt cinq, environ...
- Ce n’est pas possible... Ce n’est pas possible... »
Juliette a du s’asseoir un instant, cachant son visage dans ses mains, les yeux en larmes...
«  Oh non... Non... Non...
- Que se passe-t-il ? »
Juliette est incapable de répondre. La vieille dame, totalement insensible, a jeté un regard hautain sur les deux femmes, avant de sortir sans rien avoir acheté.
Bénédicte s’agenouille près de son amie.
« Tu ne veux pas t’expliquer ? »
Juliette a réussi à reprendre une petite contenance.
« Ca va aller, Bénédicte... Excuse moi. »
Elle se lève et marche comme une un automate jusqu’à la porte. Bénédicte l’a suivie :
« Tu ne veux pas que je t’accompagne ?
Non... Je t’assure que ça va aller
Une fois à la rue, Juliette fait quelques mètres avant de s’arrêter et de jeter un cri au ciel.
« Et MERDE ! »
Un couple qui passe s’arrête, surpris par le cri de Juliette...

L’univers vient de gronder...

Juliette reprend sa marche, cette fois avec une colère plus froide.
« C’est pas vrai, c’est pas vrai, c’est pas vrai… »
Ses paroles coléreuses scandent ses pas, une marche rageuse.
C’est alors qu’elle s’aperçoit qu’elle a toujours à la main la boîte de chocolats. Elle ne peut s’empêcher de rire en la voyant.
Quelque peu nerveusement, elle déchire le carton de la boîte, enfournant goulûment cinq crottes de chocolat.
Ce qui bien sûr provoque une soif irrépressible.
Elle voit alors le café « L’Insolite », en face, de l’autre coté de la rue.
Elle y entre.

Pour Juliette, l’univers vient de basculer.

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Présentation

[ 19 Avril 2005 – Fumée blanche au Vatican : un nouveau pape a été choisi : élection de Joseph Ratzinger qui a pris le nom de Benoît 16. ]

Majordome

( Réf : http://www.cinemaffiche.com/images/grandes/Majordome%20(le).jpg )

La scène représente... le vide. Face à lui, un amphithéâtre empli d’étudiants attentifs.
Un bruit pétaradant se fait progressivement entendre.
Coté jardin, arrive un tout petit monsieur, un peu rondouillard, chapeau melon, parapluie fermé à la main, moustache à la « Dupond ». Il est sur un vieux scooter poussif qui dégage un énorme nuage de fumée. Il en descend et prend une mallette noire.

« Bonjour !
C’est la rentrée, vous devez être impressionnés, mais ne vous inquiétez pas, tout ira bien : ce n’est que le premier niveau et vous aurez tout le temps de vous préparez pour l’examen.

Tout d’abord, veuillez m’excuser, mais les accessoiristes n’avaient que cet accoutrement. Vous pourrez aussi remercier Maître J.C. d’avoir bien voulu vous fournir votre apparence, étudiants années 1960 après lui-même. Pour en finir avec l’intendance, si vous avez des remarques à faire, je vous prie de bien noter son adresse : Jésus Christ chez Mr Jehova. Terre - Système solaire- Voie lactée – Code astral : 3-5-7.

( Il fait un geste pour matérialiser un tableau noir, craies, chiffon. Il écrit l’adresse au tableau )

Bon. Je vous laisse un temps pour noter.

( un temps où le petit monsieur marche de long en large )

C’est bon ? Bien.

( Le petit monsieur se met face au tableau, ouvre les deux mains, comme en offrande. Le tableau et tous ses accessoires se dématérialisent. Il se retourne vers les étudiants )

Je me présente : Je suis.... Je suis....
En fait, je ne sais pas qui je suis.
Disons que je suis. Un point, c’est tout.
Bon. Au moins, je sais que je suis là pour vous amuser et vous apprendre comment le faire à votre tour.
Disons que c’est ma mission et je l’ai acceptée.
Alors, un peu d’histoire pour commencer.
Bon....
Nous sommes entourés de...
On peut dire entourés de purs esprits, mais ce n’est pas exactement cela.
Ou encore de l’énergie, ou de la lumière ou des possibles. Mais l’image est encore incomplète.
En résumé, on appelle cela « Dieu » par commodité
Moi, je l’appelle « Youni ». Je ne sais même pas si cela a un sens.

Donc, sur « Dieu » ou « Youni », ou tout autre dénomination, vous projetez ce que vous voulez, mais que du positif.
Bon. C’est le premier secret.
Ce sera juste et faux en même temps, mais ce n’est pas grave. L’important est l’idée qui soutient la pensée.
Bon. Ne cherchez pas à comprendre. Voyez plutôt tout cela comme un travail en Alliance. Entre vous - votre égo – et ce « Youni » indéfinissable.
Bien sûr, il y a un danger : comme « Youni » est indéfinissable par définition – notez le paradoxe (h)umoristique -, vous pouvez avoir peur. Peur de l’inconnu. Ce qui déclenche un mécanisme destructeur. Appelez cela « Forces Obscures », et tout sera dit.
Mon collègue, Maître Bouddha vous donnera des exercices pour vous y retrouver.

Concernant l’Obscur, je n’ai pas encore trouvé de nom. Appelons le pour l’instant « l’Innommable » et rien ne sera dit.
Encore une fois, tout cela n’est pas important.
Mais je vous le dis, une seule façon de vous en tirer.
Pas trente six.
Ni deux
Mais une et une seule.
Cela s’appelle la Confiance. Notez.
Et l’(H)umour, bien sûr, son fidèle associé, sa main droite (ou gauche, si vous êtes gaucher).
Premier enseignement : « Soyez spirituel ! ». Notez.
Et notez aussi : « Et vive l’Humour. »
Bon .

Abordons maintenant le « vif » du sujet, ou tout au moins, prenons en un des éléments qui nous paraît mystérieux : le Temps.
Avec son flot, éternel mais aussi répétitif.
Le présent : qui mêle passé et futur, totalement confondus...
Le présent ; un point. Sans dimension. Une idée de l’infini et du rien.
Mais dans ce temps, il y a l’espace, le physique...
Même cela n’est qu’une ébauche de ce que le Temps est réellement. Mais est il ?
Pour en avoir une idée, il faut ouvrir des fenêtres. Effectuer des transpositions.
Ces ouvertures ne sont pas plus justes que le reste, mais permettent de ressentir un peu ce qu’on pourrait appeler le « Tout », ou encore « Youni ».
A travers celles-ci, il y aurait : d’abord la matière, comme un paquet regroupant une des projections du possible. Le paquet serait rempli de planètes, de cellules, de Temps uni-directionnel, de comètes, de vent, de volcans, de particules...
Tenez, je vous passe la liste de ce que la matière est.

( il matérialise tout un paquet de notes photocopiées, qu’il envoie par la télékinèse à chacun des étudiants)

Mais cette matière est trop brute et manque de chair.
Alors, si vous voulez vraiment vous amuser, il faut se retrousser les manches pour faire un peu de cuisine. Il y a du boulot ! Mais, n’ayons pas peur de l’effort, car celui-ci en vaut la chandelle (ce n’est qu’une image, car bien sûr la chandelle n’existe pas encore !)
Mais avant cela, j’ai prévu des outils.
Forcément assez primaires dans un premier temps.
Alors, voilà. Je les mets devant vous.
Bon.

On a donc : la vue, l’ouie, l’odorat, le goût, le toucher, la nouidarque... Je vous expliquerai leur fonctionnement quand on commencera les exercices pratiques. Contentez vous pour le moment de savoir qu’ils existent.
Ah... Excusez moi, on m’appelle.

( Le petit monsieur met son petit doigt à l’oreille, comme un portable )

« Oui ?... Oui... ( un temps ) Vous croyez ? Bon... C’est comme vous voulez...  ( un temps ) C’est vous qui avez conçu le plan de ces cours, donc je suis !... Ah, ah, ah ! ( deux temps ) Drôle non ? ( un temps )  Vous ne comprenez pas ? Je dis : « je suis...» Oui : je suis en voulant dire : « j’applique - votre idée ! »... Mais aussi : « je suis », comme : « j’existe ! » ( un temps )  Vous avez raison : je perds du temps. Mais vous me connaissez, je suis un peu bavard et...( un temps )  D’accord, on en reparle à l’issue du stage. Au revoir... »
Bon. J’en étais où ?

Ah oui : je dois retirer le nioudarque : c’est un très bon outil, mais dans un premier temps, nous nous en passerons. On m’a dit que le Béadule avait aujourd’hui un problème avec la synchro de la biglardette, quand on met en phase le plutomotor.
Donc, vous ne devrez pas utiliser le nioudarque dans vos exercices, j’en suis désolé.
Bon.

A partir de là, élevons la technique et donnons un support à ces outils. Ce sera le végétal, mais trop simple encore.
Alors, créons le règne animal, puis l’humain. Mais dans le désir de perfection et d’évolution constante, continuons à rêver. Pour cela, préparons une nouvelle boite à outils pour y ranger :
les désirs, les passions, l’intelligence, la sensibilité, la compassion.
Liste non exhaustive. Ne vous inquiétez pas. A la fin de l’exercice, je vous distribuerai une liste représentative plus étoffée.
Donc : élevons, élevons toujours...
Alors, il y aura le Bien, le Bon, le Juste, le Vrai...
Là, la liste est complète.
Bon.

Dans toute recette, il faut bien sûr prévoir les erreurs de cuisson, et des « trucs » pour pouvoir y remédier.
Je sais, ce n’est pas facile, mais tout étant possible, vous le savez maintenant, servons nous. Ouvrons donc une nouvelle boîte à outils pour y mettre la souffrance, la frustration, les peines, la tristesse, les angoisses, la culpabilité, la bêtise, l’injustice, le malheur, la haine, les ombres, etc, etc... Et chaque fois qu’un de ces outils sera utilisé, nous saurons que nous commettons une erreur.

Ce ne sera pas grave – rien n’est grave - si nous nous appuyons dessus pour rectifier l’exécution de la recette. Et ça en vaut le coup : au bout du chemin vous avez, vous avez...

( un temps, les étudiants cherchent le mot, émettant mentalement des mots que le petit monsieur lit. Celui-ci désigne du doigt un des étudiants, ce qui lui permet la transmission de  pensée )

La Perfection ! Parfaitement, jeune homme
Enfin, comme aujourd’hui est un jour béni, je vais vous donner une dernière boîte avec un outil extraordinaire, multi-fonction, qui s’applique à tout , un vraie réussite de nos labos C’est : L’Amour Universel...
Allez, maintenant nous allons pouvoir nous amuser...

( Le petit homme va pour enfourcher son scooter, quand il se ravise…)

Holà ! Une dernière chose avant de partir  : tout cela n’est que plaisanterie, et on allait oublier le dernier outil qui va de pair avec l’Amour , un outil transverse aussi : l’(H)umour.
Sinon, rien ne marche !
Quelle bêtise j’ai failli commettre ! J’en ris encore !
Vous voyez : « Nobody’s perfect »
Bon. Vous pouvez faire matérialiser vos cahiers d’exercice, il y en a pour tout le monde.

Allez, au revoir, je repasserai dans quelques millénaires.
Et amusez vous bien.

( le petit homme remonte sur son scooter et disparaît en pétaradant )

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Avril 2005 – Micheline

Univers quantique

[ Vendredi 8 Avril 2005 - Obsèques de Jean-Paul II.. La messe a été célébrée en présence de plus de 2000 personnalités venues du Monde entier et des centaines de milliers de fidèles rassemblés place Saint Pierre et sur plusieurs places de Rome où la cérémonie était retransmise sur écran géant. Une partie de la foule massée place Saint-Pierre a demandé la canonisation immédiate de Jean Paul II : « Qu'il soit fait saint tout de suite ».  ]

8Avril

réf : http://lezennesmail.canalblog.com/images/t-LML36.jpg

Micheline a pris à la hâte un petit déjeuner – tasse de café, biscotte - et fumé une première cigarette avant de partir en courant.
Une nouvelle fois stressée, elle démarre rageusement, manquant de renverser un motocycliste qui la double au moment où elle amorce sa manœuvre pour sortir sa voiture de sa place. Elle ne remarque même pas le doigt obscène levé par le motard en colère qui a du faire une embardée pour ne pas chuter.

Micheline est une femme plutôt petite, carrée, de corpulence moyenne, à la limite de l’embonpoint si elle se laisse aller à ses penchants pour les pâtisseries sucrées, sa plus grande faiblesse. Elle est proche de la soixantaine mais restée très vive : elle a une force de caractère qui la pousse à toujours surmonter les difficultés, en luttant avec acharnement. Cela lui a bien réussi jusque là.

Tout en conduisant elle ressasse sans cesse sa journée future :
« Penser au rétro projecteur, le nombre de chaises. Bien parler du processus sécurité. Voir la secrétaire pour la pause et les cafés... »
Elle a horreur de prendre la parole en public, surtout devant un parterre composé pour la majorité d’hommes, cela fait pourtant vingt ans qu’elle exerce son métier.
Elle a surtout horreur des retards. Pour les autres et pour elle.
Et pas une journée d’absence... quoi que…

Ah, si : Elle se souvient d’une crise d’asthme carabinée, il y a de cela vingt ans, ce qui lui a d’ailleurs permis de rencontrer son « Grand Amour ». Elle attendait dans le cabinet de son généraliste, quand Roland était apparu. En béquilles, une jambe dans le plâtre. Flash !  Elle avait tout de suite su que c’était « lui ». Elle n’avait pas osé l’aborder et il avait fallu ce hasard fabuleux où il s’était pris les pieds dans le tapis pour choir sur ses genoux ! Curieuse entrée en matière pour une Grande histoire d’Amour.

« Roland ! Je me demande ce qu’il est devenu... Lui qui disait toujours en avoir marre de son métier... Des projets, mais surtout des fantasmes... Déconnecté de la réalité. Une superbe réussite pour cet architecte urbaniste. Une vie mondaine et de frivolités, un tourbillon sans fin. Il m’en imposait, toujours à l’aise en société... Mais dans l’intimité, un vrai gosse ! Un enfant gâté qui ne supportait pas la moindre contrariété. Et qui tombait alors dans une agressivité verbale impossible à supporter. »
Elle n’avait pas compté le nombre de fois qu’ils avaient rompu. Toujours « pour de rire », jusqu’au jour où cela a été la fois de trop.

Mais une belle histoire d’amour cependant, quand elle y repense. Et qui a duré cinq ans. Elle ne peut dire même aujourd’hui, qui des deux a provoqué la rupture. Car si Roland avait ses accès de colère, elle admet aujourd’hui avoir été provocatrice. Trop passionnée, elle le sait , mais elle ne peut concevoir la vie autrement.

Et tout ce passé lui laisse un sentiment de manque. Car ces cinq années de vie avec Roland ont aussi été douces, parsemées de rires et de belles images de voyages. Et confusément, tous ces souvenirs lui semblent à la fois fades et déchirants. Fades par l’œuvre du temps qui a gommé et estompé tous ces souvenirs communs, et déchirants parce qu’elle prend conscience d’un amour pour rien. Du temps perdu, un goût d’échec énorme… Elle a eu beaucoup de mal à remonter la pente, à la limite de la dépression pendant un an.

Elle a ensuite pu analyser ce qui s’était passé : elle a toujours idéalisé ses relations, aussi bien en amitié qu’un amour. Pour inévitablement être déçue au bout du compte. Elle a alors abandonné, trouvant trop dur d’encaisser les coups du sort et a décidé un jour, du fond des tripes, de ne plus jamais se faire « avoir ». Elle s’est alors endurcie, axant tout pour réussir sa vie professionnelle et a progressé de façon formidable dans sa carrière, confirmant à posteriori que sa décision était bien la meilleure. Et tant pis pour les autres !

Passant devant une petite imprimerie, la réalité la rattrape :
« Bon Dieu !  Les photocopies : je devais en faire deux  exemplaires de plus hier. Oublié... »
Elle allume rageusement une nouvelle cigarette.
Devant elle, une voiture s’est arrêtée.
« Putain, qu’est-ce qu’ils font ces cons ? »
Elle ne se permet pas en public  ce genre de réflexions vulgaires, mais seule et sous le coup de la frustration, elle se laisse souvent aller à ces mots grossiers : elle bout intérieurement et essaie de réfréner sa colère.
« Qu’est-ce qu’il fait chaud... »
Elle dégrafe le haut de son chemisier et ouvre la fenêtre de sa portière.

Par moment, elle sent revenir son asthme, ce qui arrive dès qu’elle est stressée . Mais elle a décidé une fois pour toute de ne plus se laisser dominer par celui-ci, cela a fait partie de sa décision prise suite à sa rupture : plus d’amour, d’amitié passionnelle et plus de crise d’asthme.
« Ah, non ! Plus jamais…  »
Son esprit se remet automatiquement à penser à Roland...
De la voiture devant elle, un homme dans la quarantaine, est sorti et dépose des paquets devant une porte de la ruelle. Il a sonné à la porte et attend.
«  Marrant ça ! Il ressemble à Roland, mais en plus grand... »
Micheline s’est presque laisser aller.

L’univers a frémi.

Elle allume la radio, où on annonce huit heures...
«  Déjà ! Je n’aurais jamais le temps... »
Sous une impulsion, elle sort sa tête de la portière :
« Vous en avez pour longtemps ? Vous ne voyez pas que vous gênez? »
L’homme apostrophé se retourne en l’entendant. Il lui sourit.
« Excusez moi, mais je dépose des paquets pour un ami. Il descend. »
Effectivement, au même moment, la porte s’ouvre sur une personne âgé mais de belle prestance. Les deux hommes se serrent la main et se disent quelques mots avant que l’homme à la porte de l’immeuble ne prenne les paquets.

Malgré le sourire que lui a fait l’automobiliste arrêté, Micheline se replonge dans des pensées désagréables : elle réfléchit aux différentes excuses pour expliquer son retard.
Une vingtaine de secondes s’écoulent encore avant que le conducteur ne retourne à son véhicule.
Micheline est prêt d’exploser :
« Bon, ça va... Tu vas la bouger ta « poubelle »… »
Enfin, la voiture redémarre.
«  Que se passe-t-il, encore ! »
Devant elle, à une cinquantaine de mètres, un flot d’automobiles groupées. Elle a rejoint cette file immobilisée. Micheline penche la tête hors de la portière : « Les éboueurs. Manquait plus que cela...  C’est pas possible : quelque soit l’heure, il faut toujours que cela tombe sur moi au plus mauvais moment... »

Le camion benne avance lentement, bruits grinçants des bennes, freins crissant, gestes précis des éboueurs, signaux de la main pour relancer le camion poubelle quelques mètres, c’est comme un ballet se déroulant à la perfection.
Mais, presque aucun des automobilistes ne peut voir cette petite symphonie, chacun perdu dans ses préoccupations quotidiennes.

Tant bien que mal, la procession de voitures arrive Porte d’Orléans.
Et une fois de plus, immobilité : un agent de la circulation a bloqué l’intersection. Des voitures de police, gyrophares allumés, alarmes déchirant les tympans, traversent en trombe le carrefour. Suivis de camions de CRS. Cinq minutes d’un flot continu des forces de l’ordre. La loi Fillon est examinée à l’assemblée, une manifestation des lycéens a lieu au même moment. Enfin, le calme revient, mais tout est toujours bloqué : l’agent de la circulation a privilégié de dégager l’axe le plus important.
Les automobilistes commencent à s’impatienter, et bien sûr s’ensuit un concert de klaxons...
Puis une autre musique : celle de Nino Rota, dans « Roma » le film de Fellini. Cela étonne Micheline :
« D’où cela vient-il ? »
Malgré elle, un sourire éclaire fugitivement son visage, en saisissant l’incongruité de la situation.

L’univers a à nouveau frissonné pour Micheline, mais cela ne dure pas : à nouveau, elle pense que son retard n’est plus rattrapable. La voiture de l’homme « aux paquets » la précède toujours et la file de voiture  bien sûr immobile.

Nerveuse, Micheline cherche une cigarette : vide ! Une frustration de plus.
« Ah oui, j’ai un autre paquet dans mon sac... »
Celui-ci est posé sur la banquette arrière. Se contorsionnant, elle se retourne pour le prendre. Bien sûr, le sac est ouvert, et en s’en saisissant, tous les papiers tombent au fond de la voiture.
« C’est pas vrai... »
Micheline se penche pour tout ramasser en pestant intérieurement. Au passage, elle garde à la main son paquet de cigarettes neuf. Elle va pour se retourner, quand un énorme bruit de klaxon la fait sursauter, presque de peur : il provient du véhicule qui la suit, une vieille 403 poussive et fumante.

Micheline ouvre la portière pour voir ce qui se passe. Un conducteur, visage rubicond et assez massif, s’énerve sur son klaxon en l’apostrophant, tête penchée par la portière :
« Alors, ma p’tit’ dame ! On rêve ? Vous voyez pas que ça roule ? ».
Malgré la stridence du klaxon, il n’y a pas de colère chez ce chauffeur. Micheline regarde devant elle : cela ne circule pas vraiment, mais le jeune homme aux paquets a disparu, une place vide à sa place. Plus de musique de Nino Rota non plus. Micheline est déconcertée, ne comprenant pas.

L’univers frissonne une dernière fois.

« Marrant ça ? Où est-il passé ? »
Voyant sa fenêtre ouverte, un SDF s’est rapproché pour lui vendre un exemplaire de la revue « Sans Abris ». Il a une pancarte accrochée autour du cou : « Julien Jilouet (dit Jiji) - Exclu de la société. Ancien expert-comptable (mal) remercié. Si vous aviez un petit quelque chose »

Micheline se sent agressée : « Ah non ! Pas le temps ! » Elle referme sa vitre, ignorant totalement le SDF, et avance sa voiture, prenant la place inoccupée devant elle... avant de s’immobilier à nouveau ! La cacophonie des klaxons reprend de plus belle.
Tout s’est figé.

Pour Micheline et la file de voitures, l’univers n’a pas basculé.

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Réflexion sous un crâne

Youni

[ Jeudi 14 Avril 2005 Constitution européenne : le président de la République Jacques Chirac participe à une émission de TF1 sur le référendum sur la constitution européenne instaurée par le traité de Rome de 2004 ]

unefois2

réf : http://www.leprisonnier.net

Un tout petit monsieur, un peu rondouillard, chapeau melon, parapluie fermé à la main, moustache à la « Dupond », une mallette noire à la main se matérialise au milieu du néant. Ce n’est qu’une apparence qu’il a prise, car en fait c’est un pur esprit. Il vient de faire sa rentrée, premier cours du cursus en spiritualité, pour former les prochaines élites qui se sont engagées pour la B.C. (1).. Il se dit que c’est un bon cru, les esprits qui se sont inscrits lui semblent bien promettre.

Il descend de son scooter et le regarde, songeur, un court instant. Se concentrant, il transforme celui-ci en bureau des années 1900, époque terrestre, avec un fauteuil Voltaire bien confortable.
Il a décidé de souffler un peu avant de contacter par la pensée son supérieur direct, Youni – comme nom de résistance.
Car c’est bien la guerre !
Il n’a jamais vu Youni : face aux F.O. (2), il faut se montrer extrêmement prudent : la résistance s’organise, mais moins les combattants en savent, moins le risque de fuite est grand.

Le secteur que Youni lui a confié est la terre, petite planète de la voie lactée, issue du Big-Bang référencé B-13-V01. Il aurait préféré travailler à partir du B-05-V12, un univers entièrement empli de tétraèdres, de triangles, de cercles et autres formes géométriques, mais ce n’est pas lui qui a le pouvoir de choisir : il n’est qu’un maillon parmi les milliards de combattant pour la B.C..

Ce Big-bang avait été provoqué par les Forces Obscures, et au commencement, on aurait pu penser qu’elles avaient gagné la bataille. Heureusement, le résistant J.C. était intervenu avant que l’éclatement total ne se produise.
Et J.C. avait réussi in-extremis à faire basculer l’univers B-13-V01 - et en particulier la terre - vers le Bien.
Mais J.C. avait été rappelé par Youni qui le destinait à une nouvelle mission. D’autres résistants, comme Bouddha ou Mahomet avaient participé à cette lutte.

Depuis l’intervention de J.C, les Forces du Bien ont réussi tant bien que mal à se maintenir face aux F.O., et ce, jusqu’au milieu du vingtième siècle.
Mais là, la situation est désormais critique et tout peut définitivement basculer.

Le petit monsieur s’assied dans son fauteuil Voltaire, réfléchissant aux différents moyens d’action qui peuvent être utilisés dans le combat. Il sait que cette époque du vingt-et unième siècle  est  réfractaire à toute spiritualité, tout au moins dans la partie occidentale de la planète, la plus atteinte par les F.0. qui ont vraiment mis le paquet : la principale arme utilisée est l’argent dévoyé. Au départ moyen pratique et bénéfique pour favoriser le troc, c’est devenu un objet en soi qui a possède sa propre existence pernicieuse.
L’argent a fini par ne vivre que pour lui-même, détruisant tout sentiment humain pour réveiller les bas instincts de destruction : avidité, inégalité, frustration, crimes, guerres...

Et cela s’étend de plus en plus ! L’Orient et l’Extrême Orient commencent à être gangrenés à leur tour.
La terre, planète elle même, menace de finir dans l’apocalypse d’une explosion finale de couches immenses de méthane enfouies sous terre, le réchauffement de la planète du à l’effet de serre provoqué par les pollutions atmosphériques pouvant à tout moment être le détonateur.

Le petit homme réfléchit à la situation.
Il repense de nouveau J.C. : c’était un combattant émérite qui avait du utiliser l’arme de la parabole pour réveiller les consciences.
Le petit homme repense à ce moyen d’action : il se souvient alors qu’il lui faut rappeler G.L.(3), un autre résistant qui utilise l’arme de la parabole.

Pendant presque trente ans, G.L. a œuvré dans ce sens, espérant réveiller les consciences à travers sa saga « Star Wars ». Mais le résultat ne semble pas probant et l’argent finit toujours par prédominer. Son emprise sur « Star Wars » le transforme déjà en objet de consommation.
Il lui faut reprendre contact avec G.L. pour qu’il arrête son action et passe à une autre mission : ce n’est pas le travail qui manque… Peut-être sa saga est-elle trop simple. Ce monde ne peut accepter la simplicité...

Finalement, le petit homme se dit qu’il y manque une bonne dose d’humour. Il réfléchit à la manière de s’y prendre. De toute façon, il n’y a rien à perdre, il sent qu’il faut planter une nouvelle graine.
Mais quelle personne pourrait bien la porter en elle ?
Il se concentre, faisant défiler les milliard d’être humains de ce début de vingt-et-unième siècle. Puis Un visage lui apparaît.
Et un nom : Arnaud.
Bon, ce serait donc lui...

Tout esprit humain est composé de deux parties : ce qu’il croit faire consciemment et ce qui le meut souterrainement. Freud a appelé cette partie « inconscient », les mystiques, plus près de la vérité, « spiritualité ». Et cette partie est mue par des « vibrations » invisibles pour la plus part des êtres humains, trop pris par leur « ego ». Seule une minorité prend le chemin de l’évolution spirituelle pour devenir éventuellement « clairvoyant » et comprendre intuitivement  ce mécanisme de vie.

Arnaud est encore loin de la clairvoyance, mais « la pâte est bonne ». De plus, sa rencontre avec Juliette doit l’aider.
Le petit homme décide donc de se concentrer et de faire vibrer tout le contexte où vit Arnaud.
Le premier résultat attendu est de réveiller la partie créatrice du cerveau d’Arnaud.

(1) B.C. : Bonne Cause
(2) F.O. : Forces obscures
(3) G.L : Georges Lucas

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Juin 2005 – Arnaud – Inspiration

Univers quantique

[ Lundi 30 Mai 2005 En Hollande, le « non » français a encore affaibli le camp du « oui » et le « non » devrait l'emporter avec 59 % lors du référendum de Mercredi, selon un sondage réalisé par l'institut Maurice de Hond pour la télévision publique NOS]

Juliette vient de quitter le studio, elle doit assister à une conférence sur l’Art à la Sorbonne.
Arnaud est dans un état second : chaque fois qu’il voit Juliette - sa Juliette - il est transformé. Il est profondément amoureux.
Mais il l’aime aussi. De tout son être.
Il a toujours été conscient de la subtile différence entre «être amoureux », état précaire et instable d’un engouement qui peut être éphémère, et « aimer », dans le sens absolu du terme.
Et même s’ils se heurtent parfois – trop souvent à son goût – il a de plus en plus de mal à se passer d’elle. Pourtant ni l’un ni l’autre ne souhaitent tomber en dépendance, la corde est raide pour ne pas chuter, l’équilibre de leurs rapports est instable.

Arnaud se laisse aller, revivant leurs derniers instants passés ensembles. C’est très agréable – ineffable aurait dit Juliette – de se laisser envahir par cette sensation du passé encore présent.
L’univers ronronne sensuellement.

Une perceuse se met soudainement en marche, les murs en tremblent presque :
«  Encore ce « blaireau » de voisin… »

Arnaud reprend contact avec le quotidien, d’une façon qu’il trouve assez désagréable.

Avec une pensée en tête : passer au pressing.
Passer au pressing !...
Arnaud est invité au mariage de Gwen, un neveu à Juliette. A cette occasion, il doit absolument porter une tenue correcte : c’est pour cela qu’il a noté une adresse de pressing que Juliette lui a recommandée. 

Mais se pose un problème : il se rappelle bien avoir noté les informations sur une feuille de papier mais absolument plus ce qu’il en a fait. Pourtant, il est sûr qu’elle se trouve dans le studio...
Il se met à chercher partout, jusque dans les endroits les plus incongrus, mais impossible de remettre la main dessus...

De rage impuissante, il jette un stylo qui traîne sur la table de cuisine.
« Chiérie ! »
Le stylo vole sous la table.
Cela calme Arnaud qui se reprend et se baisse pour le ramasser : c’est alors qu’il voit le papier glissé sous la table.
Il le lit : ce n’est pas l’adresse du pressing, mais celle de son copain Francis, qui vient d’emménager. Arnaud se souvient effectivement y avoir noté son nouveau numéro de téléphone, l’autre face de la feuille contenant bien les informations sur le pressing.
« Francis ! J’avais promis de l’appeler ! »
Deux informations en tête : Francis ou le pressing ?

L’univers a commencer à trembler.

Il prend son téléphone et compose le numéro.
Deux sonneries avant qu’on ne lui réponde.
« Allo ? Salut Francis ! Je voulais te rappeler, mais j’ai failli oublier... Alors, que deviens-tu ?
(.... )
- Quoi , Deux cent Euros ? Et bien dis donc, tu as le « cul bordé de nouilles ! »
(... )
- C’est pas vrai, tu as du acheter la Française des Jeux ! C’est truqué tout cela... Surtout pour quelqu’un qui ne joue jamais...
(... )
- Tu as raison, mais tu peux en garder un peu pour m’inviter...
Non, je plaisante, bien sûr ! C’est moi qui t’ai proposé une bouffe un soir, alors...
(... )
- Que dirais tu d’un Chinois ?
(... )
- Si tu veux : j’aime bien le couscous. Que penses-tu de Mercredi prochain ? Juliette est de sortie ce soir là, nous dînerons en célibataire ! Et tu me raconteras tes dernières frasques... »
(... )
- Pas à moi ! Je te connais trop ! Bon, on se dit donc à Mercredi. Rendez-vous à vingt-heures au studio ? Cela te convient ?
(... )
- Alors Ok ! Allez, salut et à Mercredi. Et bonjour à Mariette ! »
Arnaud pense à son copain Francis en raccrochant.

( Francis ! Le super as de l’informatique. Mais trop complexe pour réussir. Trop d’idées à réaliser coûte que coûte, ce qui a nui pour son déroulement de carrière. Payé à peine plus qu’un informaticien moyen qui débute. Et toujours à la recherche de son âme sœur. Idéaliste pur et dur, qui ne peut concevoir une vie toute simple. Trop entier, pas une femme ne voudra de lui ! Peut-être quinze jours... Et encore... Quand même, il a vraiment de la chance ! Il se récupère deux micros pour le prix d’un, suite à une faille dans le système de commande par Internet et maintenant il gagne deux cent Euros au Millionnaire ! )

L’univers frémit très imperceptiblement, une idée saugrenue traverse l’esprit d’Arnaud.

( Si cela se trouve, c’est Dieu qui l’a fait gagner... Tiens, c’est marrant cette idée : les miracles, eau transformée en vin, multiplication des pains et tout le toutim, ça ne marcherait pas aujourd’hui... Dieu a du se tenir au courant des techniques et il doit avoir la possibilité de faire gagner qui il veut aux jeux de hasard... )

Arnaud se sent euphorique. Dans son esprit, tout un sketch de théâtre se met en place. Titre : « L’examen ».

Il est tellement à son idée, qu’il en oublie totalement de passer au Pressing ! Il s’est installé devant son ordinateur et a commencé à taper son texte quand son portable se met à sonner.

C’est Juliette qui l’appelle, en prise avec un problème de carte d’identité...

L’univers a grondé.

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Juin 2005 – Juliette – tourmente

Univers quantique

[ Jeudi 2 Juin 2005 - Deux membres de Médecins sans frontières, un coordinateur logistique français et un chauffeur congolais, ont été enlevés par des hommes armés en Ituri, dans le nord-est du pays. L'organisation Médecins sans frontières a précisé être sans nouvelles des deux membres qui se rendaient dans une voiture clairement identifiée sur le camp de déplacés de Jina dans la région de Djugu, situé à 35km au nord de Bunia, la capitale du district d'Ituri. Des témoins rapportent les avoir vus se faire arrêter et conduire à pied par un groupe d'hommes armés non identifié vers une destination inconnue. L'enlèvement n'a pas été revendiqué et aucune demande n'a été formulée.  ]

Tout a pourtant bien commencé : Juliette est partie en prenant bien soin de se prévoir une marge : elle ne doit pas rater l’heure.
Elle se rend à la Sorbonne, assister à une conférence sur l’Art, mais chose plus importante, rencontrer André Chichon. Elle a déjà manqué un premier rendez-vous, le fameux jour où elle a trouvé son Arnaud au Café « L’Insolite ». Heureusement, le grand parfumeur ne lui a pas tenu rigueur du rendez-vous manqué et elle a pu reprendre contact.
Il est vrai que son charme a joué, même si elle ne s’en rend pas compte.

Elle a donc pu « rattraper le coup » en obtenant une seconde chance, ce rendez-vous de ce matin. Mais ensuite, les évènements tournent mal.
D’abord, une chaleur orageuse et étouffante baigne sur Paris depuis le matin et Juliette supporte très mal tous ces temps. Mais pas uniquement elle :  elle ressent une agressivité latente chez toutes les personnes qu’elle croise, il y a de « l’électricité dans l’air ».
Ensuite, le bus qu’elle doit prendre lui file sous le nez, alors qu’elle arrive à l’arrêt. Et ce, malgré le signe qu’elle a fait. Impossible que le conducteur ne l’ait pas vue : Il a manifestement détourné l’attention, et comme aucun voyageur ne souhaitait descendre, il en a profité pour griller la station !
Plus d’un quart d’heure d’attente avant que le suivant n’arrive. Bondé, bien sûr et une promiscuité gênante.

Puis des camions poubelles, ralentissant la progression du bus, une altercation entre le conducteur et une femme agressive, qui légèrement bousculée par un jeune, plus insouciant que réellement violent, s’emporte après lui violemment. Une dispute qui dégénère, la femme, plutôt bourgeoise, n’admettant aucun des arguments de conciliation proposés par le jeune pour calmer la situation. Juliette voit avec horreur le temps passer, elle va arriver en retard si cela doit continuer comme cela...

Enfin, pour couronner le tout, Bénédicte l’a appelée sur son portable : Juliette cherche à louer un deux pièces pour se rapprocher d’Arnaud et son amie lui a promis de se porter garant pour la caution. Et là, soudainement, Bénédicte se défile. Peu importe les raisons, Juliette ne peut s’empêcher de penser qu’une « meilleure amie » ne peut faire cela. Elle-même, dans une situation identique, n’aurait jamais agi ainsi.

C’est dans ces conditions qu’elle est arrivée à la Sorbonne. Par chance, l’exposé n’a pas commencé, le conférencier est en retard.
Juliette souffle : tout s’arrange...
Elle se présente au contrôle, et là, on lui demande sa carte d’identité.
« Curieux... » pense-t-elle.
Jusqu’à présent, la présentation des papiers n’était pas exigée, mais apparemment des consignes plus strictes ont été mises en place.

Et avec horreur, Juliette s’aperçoit qu’elle ne les retrouve plus ! Impossible d’y déroger : on lui refuse l’entrée.
Son esprit vacille : chaque fois qu’elle entreprend quelque chose des empêchements se mettent en place.
En désespoir de cause, elle se décide à appeler Arnaud. Elle ne veut pas le reconnaître, mais il a de temps en temps de bonnes idées.

Le portable a sonné, Arnaud décroche.
«  J’ai un problème : je ne retrouve plus mes papiers... C’est grave : on me refuse l’entrée, je vais encore une fois rater mon rendez-vous avec André Chichon... »
Elle est soulagée d’entendre sa voix, elle se sent si seule et démunie dans ces moments là ! Arnaud lui a répondu. Mais c’est la douche froide pour Juliette. Une nouvelle fois ! Juliette répond presque en colère, malgré elle car elle sait au fond d’elle que ce n’est pas la bonne méthode :
« Bien sûr que je les ai cherché partout... »

Juliette a pris de plein fouet la réflexion d’Arnaud. Encore une fois, elle culpabilise : comme si elle était responsable de la façon dont les évènements s’enchaînent ! En temps normal, elle aurait réagi plus sereinement. Mais cette rencontre avec André Chichon est vitale pour elle. Elle écoute Arnaud :
«  (... )
- Comment cela : « ce n’est pas grave ! » ?
- (... )
- Quoi ? Sous tes affaires ? Mais tu le fais exprès. Tu aurais du savoir que j’en avais besoin... »
- (... ) »

Cette fois, Juliette est prise par une fureur incontrôlée :
«  Tu vois dans quel pétrin tu me mets. Tu ne fais attention à rien. Je ne veux plus te parler.
- (... )
- Non ! Je ne veux pas que tu viennes. Et ne me rappelle pas, je coupe le téléphone. Salut. »

Rageusement, Juliette a coupé le portable. Cela a été plus fort qu’elle.
Elle se sent tout de suite horriblement mal.
Mais pas question de rappeler Arnaud : après ce qu’il lui a dit !

Elle reste un instant immobile, avant de s’asseoir sur la banquette, face à l’accueil. Elle a décidé de ne pas se laisser submerger par ce qu’elle  appelle un « trou noir ».
Se concentrer et évacuer le stress et la frustration par la respiration : quatre inspirations, trois temps d’apnée, puis trois d’expiration suivis à nouveau de trois apnées. Un temps, un battement de cœur. Et cela pendant une minute...

Pendant son « travail », un éclair illumine la baie vitrée suivis presque immédiatement d’un roulement de tonnerre et d’énormes trombes d’eau.
Une pluie diluvienne s’abat qui submergea tous les trottoirs, faisant dégorger les bouches de caniveau.
En quelques minutes, c’est un raz de marée, toute la circulation est immobilisée...
Les lumières s’éteignent, seuls les lampes de secours continuent à luire. Juliette a arrêté son exercice : elle n’aime pas les orages. Cela doit évoquer des souvenirs inconscients et douloureux. Elle n’a pas encore compris exactement pourquoi.

Une porte s’ouvre : par précaution, la sécurité fait évacuer les lieux.
Et dans le groupe de personnes qui lentement sortent, André Chichon !
Juliette le reconnaît de suite et va à sa rencontre.
«  Monsieur André Chichon ?
- Oui ?
- Je suis Juliette Despré. Nous avions rendez-vous.
- Effectivement. Mais comme je ne vous ai pas vu...
- Veuillez m’excuser, mais j’ai eu un contretemps. J’abuse, mais si vous me permettez de passer un coup de fil rapide...
- Je vous en prie... »

Juliette appelle Arnaud.
… Ce dernier a été « anéanti » par la brusquerie de Juliette lorsqu’elle lui a raccroché au nez. Elle le sent immédiatement et regrette sa réaction brutale.
Mais dès qu’il entend sa voix et qu’ils peuvent s’expliquer, tout est à nouveau clair.

« Un amour ! Mon bébé d’amour... » pense Juliette. Au son de la voix d’Arnaud, Juliette se sent à nouveau en harmonie, tous ses tracas précédents dilués.
Et chose merveilleuse, il en est de même pour Arnaud.

La pluie a nettement diminué d’intensité, le cours normal des choses se remet en place...
Après une courte explication entre eux, chacun se remet à fonctionner : Juliette retrouve André Chichon, ils décident de prendre un pot à la cafétéria en attendant que l’exposition rouvre ses portes. Quant à Arnaud, il se remet à son ordinateur pour écrire son texte...

Pour Juliette et Arnaud, l’univers s’est remis en ordre de marche...

Posté par Pluto à 06:07 - Vibration fébrile - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Juin 2005 – Arnaud – écriture

Univers quantique

[ Lundi 30 Mai 2005 Hollande : le « non » français a encore affaibli le camp du « oui » et le « non » devrait l'emporter avec 59 % lors du référendum de Mercredi, selon un sondage réalisé par l'institut Maurice de Hond pour la télévision publique NOS.]

faire_part

Réf : http://nondenon.canalblog.com/images/faire_part.gif

Retour en arrière …
… Arnaud est installé à son ordinateur quand son portable sonne...
C’est Juliette...
« J’ai un problème : je ne retrouve plus mes papiers. C’est grave : on me refuse l’entrée, je vais encore une fois rater mon rendez-vous avec André Chichon. » 
Arnaud a tout suite ressenti l’anxiété de Juliette, il doit surtout garder son calme.
« Tu as bien regardé, tu es sûre de ne pas les avoir ?
- Bien sûr que je les ai cherchés partout... »

… C’est grave pour Juliette. Arnaud ressent la colère contenue à travers les paroles de son amie. Et il commet l’impair... Pourtant, il souhaite la rassurer :
« Ce n’est pas grave... On va bien les retrouver... »
« Pas grave !! » : les mots qu’il ne fallaient surtout pas dire !
Juliette a presque coupé Arnaud :
«  Comment cela : " ce n’est pas grave ! " ?
- Attends... Je réfléchis à l’endroit où ils peuvent être... »
Tout à l’écoute de Juliette, Arnaud essaie de se souvenir où ces foutus papiers peuvent se trouver. Et comme un flash, il se souvient : posés ce matin sur une chaise, recouverts par son gilet qu’il a posé par dessus un peu plus tard ! Toujours le portable à la main, Arnaud va vers la chaise en question et, confirmation, soulevant le gilet il aperçoit les papiers d’identité de Juliette.
« ... Ca y est, je les ai. Ils sont sur la chaise de la cuisine, sous mes affaires.
- Quoi ? Sous tes affaires ? Mais tu le fais exprès. Tu aurais du savoir que j’en avais besoin... »

Arnaud sent la fureur de Juliette et il est coincé : ne rien dire, se justifier, se mettre en colère... rien ne changera son attitude, la frustration emplit le cerveau de Juliette. Arnaud en a conscience et prend sur lui pour répondre de la façon la plus neutre :
« Ecoute, Juliette. Au moins on sait où ils sont...
- Tu vois dans quel pétrin tu me mets. Tu ne fais attention à rien. Je ne veux plus te parler ! »
Réponse cinglante. Mais Arnaud ne veut pas rentrer dans ce jeu là, il veut à tout prix éviter l’escalade dans l’agressivité. Calmer le jeu avant tout...
« Je vais passer te les donner...
- Non ! Je ne veux pas que tu viennes. Et ne me rappelle pas, je coupe le téléphone. Salut. »

Encore une fois, Arnaud est anéanti. Trop de sensibilité. Limite maladif. Un moteur mal réglé. Il a l’impression que toute son énergie s’est dissipée. Son esprit devient brumeux, il doit s’asseoir, réfléchir à la suite, mais il ne peut plus rien prévoir.

L’univers s’est mis à osciller de façon chaotique.

Pendant plusieurs minutes, Arnaud reste assis, immobile. Se sentant comme une loque, il réagit cependant, décide de sortir.
« Faire un tour... Se changer les idées... »
Il est sur le palier et va pour fermer la porte quand son portable se met à sonner. Il fouille dans ses poches, avant de réaliser que le son vient du studio.
« Bon Dieu ! Mon portable... Oublié sur la table de cuisine »

Précipitamment, il retourne à la porte qu’il a du mal à ouvrir, pris dans son énervement... Heureusement, il arrive à temps, avant que le portable ne se mette sur répondeur.
« Oui ?... »

C’est à nouveau Juliette... Dans un tout autre état d’esprit que précédemment. Et tout s’arrange miraculeusement, ce qu’elle explique à Arnaud : l’orage, l’interruption de la conférence, la sortie du groupe, sa rencontre impromptue avec André Chichon... Elle ne peut rester longtemps, elle le rappelle après sa discussion…

Arnaud a raccroché et s’est laissé tomber dans son fauteuil.
«  Pffff... Faut pas être cardiaque... »
Il se laisse aller, décompresse.
Son cerveau se remet à fonctionner. Et l’idée du sketch, " L‘examen " lui revient.
Il se lève dans un sursaut et se met devant son ordinateur.

« Pas question de laisser passer cette idée... »

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