L'oiseau blanc ou sous le signe de la sciatique

Il avait pensé : « On va faire péter l'Univers ! » Et il le lui avait dit.

04 juillet 2007

Rencontre

(H)umour

a

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a
La poubelle motorisée, ton gris
Cahin-cahatait sur les pavés de Paris

Cling clang
Sbing Sbang …

La soucoupe volante, couleur or
Hoquetait sur les nuages de Syrtis Major

Zwip Zwoc
Kwic Kwoc …

La faille spatio-temporelle
Avait dérapé sur l’aile
D’un ange en vadrouille
Et était partie en quenouille

Pfuit Pfuit
Spuit Spuit

Ce fut la réunion improbable
De deux mondes incroyables
Le choc fut terrible lors de la connexion
Dégageant une énorme énergie de fusion

Ping Pang
Big Bang

« Zwck dcxwk  sacripant ! »
Dit la martienne, s’extirpant
De la soucoupe, tête en l’air.
Elle était vraiment colère. 

« Quoi ce machin c’est, blond tout , tout vert ? »
Dit le terrien rampant
Hors de sa voiture.
Choqué, il parlait à l’envers.

Zwck dcxwk
Hola ! Pffffff !

De sa bouche rouge
La martienne éclata de rire
En voyant soudainement surgir
Les chaussures jaune fluo du terrien.

Le terrien fut pris de court
En entendant ce rire co(s)mique.
Mais si communicatif et magique,
Qu’il explosa de rire à son tour.

RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRiiiiire
zkouatch!!!
)°][¤µ§@#\\§$$£ !!!!!

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Juin 2005 – Arnaud – Bifurcation

Alternative quantique

[ Mardi 28 Juin 2005 Le juge d’instruction Henri Pons a perquisitionné hier le bureau du ministre de l’Economie, dans le cadre de l’enquête sur les comptes des groupes chimique Rhodia et Thomson en 2002. ]

364_1

Réf : http://www.sodebo-voile.com/mediastore/1/364-1.jpg

Juliette vient de quitter le studio, elle doit assister à une conférence sur l’Art à la Sorbonne.
Arnaud est dans un état second : chaque fois qu’il voit Juliette - sa Juliette - il est transformé. Il est profondément amoureux.
Il peut se laisser aller, retenant les derniers instants qu’ils ont passés ensemble. C’est très agréable – ineffable aurait dit Juliette – de se laisser envahir par cette sensation du passé encore présent.

L’univers ronronne doucement.

Arnaud reprend contact avec le quotidien.

Avec une pensée en tête : passer au pressing.
Mais si Arnaud se souvient avoir noté les informations sur un bout de papier, et savoir qu’il est forcément quelque part dans le studio, il ne se souvient plus ce qu’il en a fait.

Il se met à chercher vainement partout, jusque à jeter violemment un stylo qui traîne sur la table de cuisine.
« Et merde ! »
Le stylo vole sous la table, cela calme Arnaud. Se reprenant, il se baisse pour le ramasser. Il aperçoit alors la petite feuille de papier, qu’il a vainement cherchée :
« Pressing VITONET – 36 Rue Hallé – Paris 14 – Tlj 07h30 – 12h00 ; 15h-19h30 ».

L’univers a commencé à trembler.

Arnaud passe dans sa chambre chercher son costume et regarde sa montre : presque midi.
Il doit se dépêcher avant que la boutique ne ferme.
Il va pour sortir, quand son portable sonne.

« Arnaud ?
- Ah c’est toi, Bénédicte ! Comment vas-tu ?
- Bien. Mais j’ai un service à te demander.
- Oui ?
- J’essaie d’avoir Juliette. Impossible de la joindre sur son portable. J’ai oublié de lui dire une chose importante. Elle est avec toi ?
- Non : elle est partie à la Sorbonne. Elle doit rencontrer André Chichon.
- Justement, c’est pour cela que je t’appelle.
- Ah bon ? Tu peux m’expliquer ?
- Voilà : je viens de renouer avec le fils d’un ami d’enfance. Alain. Je t ‘en ai déjà parlé, je crois ?
- Euh... Vaguement - Arnaud, qui a une très bonne mémoire, se remémore le moment où Bénédicte lui a parlé d’Alain. Oui, Ca y est. Je vois. Et alors ?
- Et bien, il se trouve qu’il travaille dans le design. Et tiens toi bien, tu ne vas pas me croire... »

Arnaud ne dit rien : il sait qu’une coïncidence va se produire. Depuis plusieurs mois, c’est comme ça... Il peut dire à Bénédicte :
« Tu peux y aller, ce qui te paraît extraordinaire est mon pain quotidien. »
Mais elle ne pourrait pas comprendre et le prendrait pour un « fou ». Il se contente d’une question neutre :
« Eh bien, raconte...
- Donc... Alain a fait un stage de fin d’études, il y a deux ans. Tu te souviens, je vous en ai déjà parlé. Et tu ne devineras pas chez qui...
- ... André Chichon. »

Cela a été plus fort que lui, Arnaud n’a pu s’empêcher. Il regrette immédiatement ses paroles : avec Bénédicte, cela peut aller. Mais avec quiconque, il peut avoir des ennuis. Il se dit qu’il faudra apprendre à contrôler ses réactions :
« Exactement ! Mais comment le sais-tu ?
- ... Eh bien : tu m’en as parlé au début de ton coup de fil. Donc, j’ai forcément fait le lien...
- Ah bon ? Et tu vois le hasard ! Extraordinaire, non ?
- Ah oui, alors ! Tu parles d’un hasard - cela répugne à Arnaud, mais il est obligé de " mentir ".
- ... et comme je sais que Juliette doit travailler avec Monsieur Chichon dans le design, elle pourrait s’associer avec Alain. Surtout qu’il a de grosses compétences dans l’informatique. Partie qu’elle ne connaît pas.
- C’est bien vrai.
- Oh ! - une pensée a surgi dans l’esprit de Bénédicte. J’ai autre chose que je voudrais bien que tu rapportes à Juliette...
- Oui ?
- Je devais me porter garant pour elle. Mais je ne le peux plus car je dois aussi le faire pour Alain. Ca m’embête car Juliette risque de mal le prendre... Par contre, j’ai éventuellement une solution. Le système " LOCAPASS "...
- Quoi ?
- LOCAPASS. Un système qui peut se porter garant quand tu loues un appartement. Cela dépend de ta situation, bien sûr. Mais Juliette y aura droit, je me suis renseignée. Si tu veux plus d’infos, je vais te donner l’adresse du site Internet où tu as tous les renseignements. Tu peux noter ?
- Attends. Je prends un stylo. »

La conversation dure encore cinq minutes.
Enfin, Ils raccrochent.
« Mon Dieu. Midi moins cinq ! Le pressing... »
Arnaud agit très souvent dans l’urgence.
En quatrième vitesse, il sort de l’immeuble, fonçant au pressing.

Au moment où il sort du porche de son immeuble, le portable sonne à nouveau, mais Arnaud ne peut pas répondre : il l’a oublié dans son studio, sur la table de cuisine.

C’est Juliette qui l’appelle, en prise avec son problème de carte d’identité...

L’univers a grondé.

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Juin 2005 – Les signes

Univers quantique

[ Mardi 31 Mai 2005 Démission de Jean-Pierre Raffarin. Dominique de Villepin est nommé Premier ministre. La passation des pouvoirs a eu lieu à 16 heures à l'hôtel Matignon.]

cigarette_composition

( réf : http://planetebleue.canalblog.com/images/t-cigarette_composition.gif - journée anti-tabac)

L’histoire de Juliette et Arnaud est arrivé à un point où... un point est nécessaire !
Arnaud est seul dans son studio, assis dans son fauteuil, et pratique une sorte de « méditation », même s’il est encore novice dans cet art.
Il essaie d’éliminer toute pensée concernant ses tracas quotidiens pour se concentrer sur les évènements des six derniers mois. Il se dit que trop de coïncidences sont survenues pour que celles-ci ne soient que le fait du « hasard », tout au moins au sens commun du terme, et il est bien obligé de constater que le hasard n’existe pas. Ou plutôt, que c’est une frontière artificielle posée là par la science pour indiquer ses limites.
Là où finit la science, commence donc le « hasard ». Cette pensée le perturbe car elle va à l’encontre de son éducation, de toutes ses convictions ayant conduit sa vie avant sa rencontre qu’il a longtemps interprétée comme l’amorce des coïncidences.

Mais objectivement, il ne pense plus que ces hasards « providentiels » soient provoqués par son amie, car ils se sont manifestés avant même qu’il ne la connaisse. Aujourd’hui, il est persuadé que le spirituel a quelque chose à voir avec ces phénomènes, d’autant que Juliette a exploré bien avant lui ce chemin. A sa manière, bien sûr, et sans que pour elle ne se manifeste ces synchronicités.
Son amie a baigné depuis sa plus tendre enfance dans un monde « fantastique » et a bien du mal à se gérer : la jointure avec le quotidien d’un monde uniquement préoccupé de matériel est délicate...
Quant à Arnaud, il a toujours vécu jusqu’avant sa rencontre dans un cocon ronronnant, rationaliste jusqu’au bout des ongles, ne croyant absolument pas à tout ce qui concerne le « paranormal », évitant toute remise en question.

Chacun apporte donc à l’autre sa vision. Une complémentarité. Deux fenêtres sur l’Universel. Il se dit que tout devrait être simple, mais de par leur caractère, affirmé et différent, il leur est difficile de s’entendre.

Et des heurts inévitables se produisent. Destructeurs, mais aussi constructifs, par les prises de conscience qu’ils provoquent. Et il sent confusément qu’ils se doivent d’explorer ensemble ce chemin de Vie, malgré toutes les difficultés – la plus part imaginaires d’ailleurs et grossies via le prisme de leur imagination débordante. Heureusement, Juliette est sur la même longueur d’onde sur ce choix de continuer la route ensemble.

Arnaud se remémore son ancienne vie...

Etat des lieux de leur situation avant leur rencontre.

Jusqu’à ses six derniers mois, Arnaud n’avait pas vécu heureux. Et il avait pensé que quelque chose avait cloché chez lui.
Son couple s’était lézardé au fil du temps et s’il avait continué ainsi, son fils, Benoît, âgé de 16 ans aurait fugué, il en était sûr : l’hostilité latente qui s’était progressivement installée dans le couple avait fortement perturbé son fils qui écourtait de plus en plus les moments où il devait être à la maison. Pour Coralie, sa fille âgée de vingt ans, le problème ne se posait pas : elle était majeure, indépendante, un boulot, un studio à Paris et un petit ami.

Aussi, Arnaud avait décidé un jour qu’il allait droit dans le mur et  s’était mis à chercher un studio.
Pour faire un break.
Peu de temps après, il rencontrait Juliette.

Aujourd’hui, Arnaud trouve encore extraordinaire cette rencontre à priori improbable, même si le chemin du spirituel qu’il commence à emprunter lui donne un début d’explication. Il est maintenant persuadé que c’est grâce aux « signes » que la rencontre a eu lieu.

… Arnaud souhaite mettre les choses à plat : il s’installe à son ordinateur et commence à frapper. En mode télégraphique...
« Sous-location – studio, visite avec Marc – sa petite amie qui sous-loue.
absente... »

Arnaud s’est arrêté d’écrire, repensant une nouvelle fois à la manière dont tout cela s’est passé.

... Pourtant, cela avait été un rendez-vous banal. Mais ensuite, la manière dont la location - plutôt la sous-location - s’était réglée avait été étrange, le studio qu’il avait visité répondait en grande partie à ses attentes : entièrement meublé, cuisine spacieuse, grande chambre avec deux fenêtres sur cour qu’il pourrait séparer avec des paravents, lui permettant de recevoir son fils.

A Marc qui lui faisait visiter le studio, il avait tenu à raconter honnêtement son histoire. En fait, il s’agissait d’une sous-location d’une durée de six mois au moins, la location elle-même était au nom de l’amie de Marc : 
« C’est curieux votre histoire, avait répondu Marc après qu’Arnaud lui ait présenté sa situation. Cela ressemble à mon histoire. J’ai fait un break avec mon amie, et nous allons nous remettre ensemble... »
L’analogie était quand même approximative : Arnaud avait tout juste cinquante ans, alors que Marc et son amie en comptaient à peine trente et le « break » des deux histoires n’avait de commun que la dénomination.

Arnaud s’est remis à son texte.
« Rappel le soir – amie de Marc qui me sous-loue le studio – sans me voir. Premier signe ? » 

... Il n’avait pas vu l’amie de Marc...
Ils s’étaient quittés sur le coup de deux heures, il saurait dans la soirée si la transaction pouvait se faire.
Le soir, la petite amie de Marc l’appelait.
Arnaud lui avait présenté sa situation plus en détail, Marc ayant déjà transmis à son amie un certain nombre de renseignements.
Sans voir Arnaud, elle avait dit :
« Ce studio, c’est pour vous... »
L’amie de Marc s’appelait Juliette...
Second signe...

«... Plus frappant : prénom amie Marc : Juliette ! »

Mais ce n’était pas « sa » Juliette, la véritable rencontre viendrait peu de temps après.
Une fois dans son studio, très agréable, il n’avait pu s’empêcher de déprimer. Et sa femme, Martine n’avait rien fait rien pour l’aider : elle pensait sans doute que cela n’aurait duré qu’un temps, qu’il aurait fait amende honorable et serait revenu « à la maison », comme un toutou demandant pardon !
Même si cela avait été tentant, à aucun moment Arnaud n’avait  songé retourner dans son trois-pièces.
Trois-pièces qu’il avait d’ailleurs entièrement payé, et que sa femme avait cependant occupé sans que cela ne lui posât aucun problème ! Son du en somme...

Tout cela s’était passé en Septembre.
Au début, Arnaud était retourné à « la maison ». Difficile de couper tout, après vingt ans de vie commune. Obligé de laisser tous ses objets : de toute façon, il n’aurait pas eu de place dans son studio. Mais toujours sous l’hostilité et la rancune de sa femme. Il n’y pouvait rien : le passé était le passé, il n’aurait pu réécrire l’histoire, et même, honnêtement, il n’avait pas bien vu où il avait exagéré.
Oh, bien sûr, il avait constaté amèrement son manque de fermeté, tant auprès de sa femme que de son fils, mais là encore il n’avait pu changer, malgré tous ses efforts.

Arnaud a continué de frapper à l’ordinateur.
« Fin septembre : emménagement studio - deux mois de solitude, Benoît  trois jours par semaine.
Fin Octobre : vacances de Toussaint. Une semaine Alpes - association de randonnées. – Sciatique
Mi-Novembre : rencontre Juliette – Café " L’Insolite " »

...Puis, il y avait eu la Toussaint, une semaine de vacances dans les Alpes, avec une association de passionnés de randonnée qui louait un chalet depuis des années pour leurs activités.
Un certain Roland Couettaroc, architecte renommé, passionné de randonnées entre copains, avait créé cette association qui affichait déjà plus de vingt ans d’ancienneté. C’était le second séjour d’Arnaud dans ce chalet.

Arnaud était parti avec son fils. Pour la première fois, il y avait retrouvé ses compagnons de l’année précédente avec plaisir. Mais ce n’était pas que des vacances, car il avait été prévu quelques travaux pour l’entretien du chalet. En particulier de la peinture.

Il faisait froid, Arnaud était peu sportif.
C’est là qu’il avait contracté une  " sciatique ".

Arnaud s’est arrêté d’écrire. Il n’est pas satisfait. Peu de phrases tapées, mais déjà, il trouve ennuyeux d’écrire de cette manière. Trop sec. Il a envie d’autre chose. De créer ce monde qui mêle réalité et imaginaire...
Où il prend plaisir à écrire.
Pourquoi pas sous forme théâtrale ? Il a un petit talent d’écriture, il a déjà plusieurs sketchs à son actif, mais il ne voit pas comment mêler ce genre avec cette histoire de signes et de coïncidences...

Ce doit être un roman ! Il ne s’est jamais risqué à ce type de littérature, mais il se sent prêt.
Il commence à imaginer le scénario.
En premier lieu, il ne souhaite pas utiliser leurs propres prénoms : il décide d’appeler ses personnages Vincent et Audrey.

Le titre de son texte lui parait évident : « L’oiseau blanc, ou sous le signe de la sciatique ».

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Juin 2005 – Le roman d’Arnaud

Univers quantique

[ Jeudi 2 Juin 2005 Hollande : le « non » l'a emporté par 61,6 % des voix contre 38,4% en faveur du « oui » au référendum consultatif, avec un taux de participation de 62 %, alors que le seuil requis pour que le scrutin soit pris en compte était de 30 % l’univers commençait à frissonner.]

02d

( Réf : http://www.alvasoft.net/blog/pics/2005_06/02d.jpg )

Extrait du roman d’Arnaud : « L’oiseau blanc, ou sous le signe de la sciatique »
(aux Editions Pluplette et Simpto)

«
(…)

Vincent s’était inscrit à un club de rencontre sur le Net.

On devait d’abord choisir un « pseudo », décrire ses caractéristiques, ce qu’on recherchait et passer une annonce de présentation.
Une liste de personnes susceptibles de correspondre était alors proposée. Il suffisait de « cliquer » pour rentrer en contact, soit en direct – ce qui s ‘appelait le Dial, soit d’envoyer des messages dans les Bal.

Vincent fut contacté plusieurs fois. Mais dès que cela se produisait, il n’osait aller plus loin.
Si : il fit tout de même une rencontre virtuelle avec une ancienne comédienne, recyclée dans la communication et amoureuse des mots.
Les premiers échanges avaient plu à Vincent, mais il avait senti que cela ne lui convenait pas. Ils s’étaient néanmoins téléphoné, mais cela n’avait pas été plus loin.
En fait, ni Vincent, ni cette femme n’avaient eu envie de poursuivre.

Puis il fut « cliqué ». C’était son Audrey... Mais il ne la connaissait pas sous ce nom : via Internet, ils ne se communiquaient que sous leurs pseudos respectifs : Cornemuse et Auvers.

… Les signes de coïncidence et de synchronicité avaient continué à lui arriver, sans qu’il y prête encore vraiment attention. Au début espacés, leur fréquence avait alors rapidement augmenté.
Jusqu’à se produire plusieurs fois dans la journée !
Les premières correspondances les concernaient tous deux, dans ce qui constituait leur parcours avant qu’ils ne se rencontrent.

… Des synchronicités ponctuant leur histoire personnelle passée : Audrey et Vincent s’apercevaient qu’ils avaient toujours vécu « à peu près » au même endroit géographique, aux mêmes moments. Mais sans se rencontrer cependant...
Par exemple, Audrey avait passé un certain nombre d’hiver à Chamonix, alors qu’au même moment, Vincent était aux Morillons.
Les deux lieux n’étaient séparés que de quelques dizaines de kilomètres ! 

… Des coïncidences aussi au niveau de leurs goûts : tous deux étaient passionnés par l’Art sous toutes les formes.
Audrey avait composé un air de musique à la guitare, mais avait buté sur le prélude. Quelque chose « clochait » et Audrey avait fini par laisser tomber. Arnaud, lui, avait ébauché une musique au piano... qui se trouvait être la partie manquante que recherchait Audrey !
Le plus extraordinaire, c’est que l’époque où ses morceaux avaient été composés se situait deux années en arrière avant leur rencontre !

… D’autres évènements curieux s’étaient produits, comme ce rêve étrange fait par Audrey, autour du personnage de La Rochefoucauld, et qui avait donné lieu à de surprenantes coïncidences dans la réalité, autour de ce personnage historique.
Et ni  l’un, ni l’autre n’avaient la moindre explication cohérente.

… Enfin, Vincent avait fait connaissance de Childéric Jouillac.

Celui-ci mérite une présentation plus longue.

Childéric, savant hors-norme

Brillant scientifique, aux idées révolutionnaires, sorte de professeur Nimbus, vivant complètement isolé, dans une petite maison en bord de Seine qu’il n’entretenait pratiquement pas. Sa conception de la physique pouvait transformer totalement l’idée qu’on avait de la science, et pourtant il vivait comme un SDF.
Toujours à court d’argent !

Ce qui lui posait problème était en fait un don incomparable dans le graphisme. Cela pouvait paraître incroyable qu’une telle disposition puisse aboutir à cet état de fait : mais la société marchait la tête à l’envers et ne reconnaissait plus les singularités.
Donc, Childéric avait en tête une réussite dans le domaine des Arts : il avait d’ailleurs une côte internationale. Mais le « hic » était le prix demandé pour ses œuvres, beaucoup trop élevées mais qu’il ne pouvait baisser : cela aurait dévalué les œuvres déjà vendues ! Il lui restait à réussir dans la Science...

Audrey avait connu Childéric bien avant Arnaud. Trois ans environ. Ce qui les rapprochait tournait autour d’un oiseau blanc : il avait peint une immense toile se représentant sous cette forme.
Audrey elle-même avait produit un court diaporama à partir de dessins, l’un d’eux représentait un oiseau blanc...
Mais ce n’était pas tout : Vincent avait réalisé une Bande Dessinée, plus de vingt ans en arrière, où il était question aussi d’un oiseau blanc !

Pour en revenir à l’histoire événementielle, et pour des raisons qui seront expliquées un peu plus loin, Audrey avait pris rendez-vous avec Childéric, dans le but de lui présenter Vincent : ce dernier avait toujours été attiré par la science, et si son niveau était correct, rien de comparable avec celui de Childéric. Au départ, Audrey avait été réticente pour cette rencontre, mais Arnaud avait su se montrer persuasif.

Et arriva le jour de la rencontre entre Audrey, Childéric et Vincent.

Un trio fantastique…

(…)

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Sur un petit chemin

Youni

[ 5 Aôut 2005 – A l'occasion de l'anniversaire de la mort de Marylin Monroe, l'ancien avocat-général adjoint de Los Angeles, John Miner a dévoilé aujourd'hui dans la presse des notes inédites des confessions de l'actrice à son psychiatre qui remettent en cause son caractère suicidaire. Il aimerait qu'une nouvelle autopsie soit réalisé sur l'actrice et pense que les barbituriques en grandes doses trouvés dans son corps auraient pu lui être administrés par quelqu'un d'autre.]

2005april6

réf : http://www.gnb.ca/cnb/TeleVox/Photo/2005april6.jpg

Elias a donné rendez-vous à son élève spirituel Spirit_775, et lui a proposé comme image mentale de rencontre, une route ombragée un matin de printemps, sous une légère brise emmenant des nuages gris cotonneux qui laissent transpercer quelques doux rayons de soleil par intermittence.

Spirit_775 s’est occupé de projeter des chants d’oiseaux, une rosée qui se dissipe à travers une brume fine, des odeurs d’herbe fraîches, et quelques bruits étouffés au lointain : doux clapotis d’un rus traversant une prairie bordé de frênes, ronronnement d’un tracteur, cris ponctuel d’enfants jouant dans une cours d’école – ponctuations joyeuses qui suggèrent l’activité humaine...

Les deux esprits se mettent en connexion et accordent leurs vibrations dans l’harmonie avant de se retrouver pour se promener tranquillement sur cette route imaginaire. Ils ont momentanément oublié la guerre qui fait rage entre la B.C et les F.O. Un break en quelque sorte.

Elias porte une sorte de veste de chasseur, couleur kaki, aux nombreuses poches, il ressemble au Tartarin de Tarascon imaginé par Alphonse Daudet. Elément incongru dans le personnage, surtout dans ce lieu mythique, la mallette noire qu’il a à la main. Quant à Spirit_775, il est en tenue de groom d’hôtel et a choisi de prendre l’apparence de « Spirou », le personnage de Bande dessinée créé par Franquin. Petite touche personnelle, la chevelure abondante qui descend jusqu’à ses épaules et les petites lunettes cerclées lui donnant un air intellectuel. Elias extrait de sa poche une paire de jumelles et les tend à son élève :
« Tiens, regarde. Je t’ai préparé cela pour éclaircir un peu mon enseignement. »
Spirit_775 va pour les utiliser, quand Elias retient son geste en posant sa main sur son bras.
« Avant que tu ne regardes, je t’explique. Tu as bien vu le problème posé par la petite feuille : pile ou face, deux réalités, deux mondes différents qui se mettent à exister…
- Oui ?
-... Et bien , malgré ces réalités qui semblent totalement divergentes, on y trouve des évènements similaires. Des sortes de point de stabilité.
- Ah bon ? Tu peux m’en dire un peu plus ?
- Je te l’ai pourtant déjà expliqué en cours... »

Spirit_775 va presque pour se vexer, comme un élève pris en faute : il n’a pas encore atteint la sérénité d’Elias et ce dernier le sait.
« Ne te vexe pas ! Je sais ce que tu penses. Mais crois moi, je ne te juge pas et ton oubli est normal. La responsabilité m’en incombe autant qu’à toi : tu étais distrait au moment où je t’expliquais, je n’étais moi-même pas assez concentré. Nous avions perdu un peu d’harmonie, donc c’est inévitable que tu ne te souviennes pas... »
Spirit_775 oublie sa frustration : il sait qu’il doit travailler là dessus s’il veut progresser, il est près à tous les efforts.

Elias reprend ses explications :
«  Nous devons gérer des milliards de mondes issus de la potentialité. Tous ces mondes sont différents, à divers degrés. Certains faits sont uniques et propres à une seule réalité. D’autres, communs à plusieurs mondes. Entre les deux, tout un éventail d’évènements partant du « presque » identique pour aller au « presque » différent.
- Et qu’est-ce qui décide de ces différences ?
- Tu devrais le savoir... Encore, une fois ne te vexe pas : je te laisse réfléchir, je te donnerai la réponse si tu ne trouves pas. »

Spirit_775 ne peut cependant s’empêcher de réagir par un pique ironique :
« Tu es gonflé ! Tu connais le futur, tu dois savoir si je vais trouver ! »
Elias sourit. Il s’attendait à cette réflexion.
«... Oui et Non. Et je ne suis pas normand ! Mais je ne peux te le dire : à partir du moment où je te réponds, je ne connais plus l’avenir !
- Pourquoi ?
-... Le libre arbitre ! Tu pourrais choisir de contrer ma prédiction. Pour me prouver que j’ai tort…
- Facile comme réponse ! Tu dis connaître l’avenir, mais tu ne peux me le dire. Comment alors te distinguer d’un charlatan ?
- Rien. Sinon la confiance... »

Un instant de silence, Spirit_775 reprend la conversation
« Ok. Ne me dis rien. Je préfère chercher.
- Bonne décision : je savais que tu me dirais cela...
- Tu m’énerves !
- Ce n’est pas grave. Alors, je continue. Les faits identiques d’un monde à l’autre, ces points de stabilité, sont un " pont " entre différents monde. Où nous pouvons intervenir pour agir en une seule action se répercutant sur toutes les réalités. Tu comprends leur importance. Tant pour nous que pour les F.0. !
- Oui, je vois.
- Et là, avec ces jumelles un peu spéciales, je t’ai préparé un de ces points de stabilité. Il appartient aux deux mondes générés par l’envol de la petite feuille. Maintenant, tu peux regarder. Tu as peut-être des réglages à effectuer pour te synchroniser. J’ai accordé les jumelles sur mon schéma spirituel. »

Spirit_775 a pris les jumelles et les porte à ses yeux. Il effectue son réglage, mais s’écrie soudainement : 
« J’ai trouvé !
- Quoi ?
- La réponse…
- Oui ? Et alors ?
- Je me la garde pour moi...
- Tu dis cela pour que je te la dises !
- Non !
- Je ne te crois pas.
- Fais moi confiance. »

Elias part d’un éclat de rire. Suivi de celui de Spirit_775.
Elias lui tape affectueusement sur l’épaule :
« Bien joué ! Tu es sur la bonne voie ! »
Spirit_775 regarde dans les jumelles. Il se concentre. Il s’arrête un moment pour se retourner vers Elias :
« Il s’agit de l’Amour. L’Amour Universel… Quand celui-ci est pur, on obtient un point de stabilité !
- Exact. »

Spirit_775 se remet au spectacle offert par ses jumelles.

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Mai 2006 – Juliette et Arnaud

Univers quantique ou
Vibration quantique ou
Alternative quantique

[ Mercredi 6 Avril 2005 Vatican  : la réunion des cardinaux annonce que le conclave chargé d'élire le successeur de Jean-Paul II commencera le 18 avril 2005. ]

6_Avril

( réf : http://www.grainesdeplumes.fr/Echo6avril05.jpg )

Arnaud est entré dans son studio, dans un état euphorique, ses pensées sont légères, entièrement tournées dans une attente bienveillante. Cela lui donne une sorte d'ivresse, et par moment, tout son environnement semble tournoyer dans sa tête comme après une "cuite carabinée". 
Juliette arrive à l’heure prévue : elle entre, forte et en même temps frêle et fragile.
C’est le printemps, un vent doux circule dans le studio, ajoutant sa propre douceur, comme une ponctuation suggérée.

Juliette frissonne tendrement sous le frôlement de l’air. Tout est mélodieux. Ils se regardent en silence, sans bouger.
Le paradoxe est qu’une personne étrangère entrant dans la pièce n’aurait vu que calme et immobilité, chaque chose étant là, à sa place, alors qu’avec un peu plus d’attention et de perspicacité, elle se serait vite aperçue que les apparences étaient trompeuses, et que tout frémissait.

Paradoxe éternel de l’immuable et de l’évolutif...

Les deux êtres entrent en résonance avec la pulsation environnante, vibrant selon leur propre nature, sans heurt ni violence, en communion.
Lui a pris possession de la pièce - c’est son studio après tout - et son aura invisible circule amoureusement dans tout l’espace. Mais ce n’est pas réellement une prise de pouvoir : simplement l’utilisation de son don particulier. Car il sait bien que tout un chacun participe à l’harmonie qui s’est créée. Sa présence est certes importante, mais seul, il n’aurait pu prendre conscience de son essence.

Le don particulier d'Arnaud est de faire vibrer les êtres et les choses à travers les relations qu’il entretient suite à toute rencontre sur son chemin. Il est son propre souffle, mais aussi la compassion pour les autres, la souffrance ressentie - comme une « éponge empathique », une hyper sensibilité à la frustration, la joie de participer à des échanges verbaux, la lutte constante contre sa propre agressivité et celle des autres humains, l’évocation douce amère ou joyeuse du passé, la compréhension intuitive du frémissement de la femme qu’il a devant ses yeux.
Tout est inconscient, il est aveugle, mais il ressent en cet instant la présence de tous les autres à travers le regard que Juliette pose sur lui.
Il comprend que tout être humain, comme lui, est aveugle à sa propre nature, et cependant conscient d’exister par l’intermédiaire des rencontres de l’existence.

Paradoxe de la vie...

La femme est heureuse, et ressent de tout son être la joie de vivre la volupté de l’existence.
Mais intérieurement, elle se sent frustrée d’en rester là : son ego souhaite autre chose : un frisson plus intense, une convulsion amoureuse, ou tout autre sensation inconnue.
Oh, elle ne demande pas grand chose, ni que cela dure pour l’éternité, mais uniquement un court instant pour elle et pour sa propre essence, elle désire ardemment un frisson nouveau.

Rien que pour elle ! Oublier un court moment l’harmonie universelle, être entièrement et pleinement égoïste.
A vrai dire, tous deux ressentent ce désir purement égoïste, mais celui-ci reste enfoui en eux, la jouissance du moment étant la plus forte.
Arnaud a aussi une pensée de ce genre et décide de vibrer un peu plus intensément.

Juste un court moment. Un court instant.

Oh, uniquement un minuscule changement, cela ne risquait pas de perturber l’ordre et tout reviendrait comme avant une fois son expérience achevée. Un saut quantique minuscule en quelque sorte, juste pour voir.
Coïncidence, ces deux pensées entrent en résonance au même instant.
Ainsi, l’homme augmente très légèrement l’intensité de son désir, alors qu’au même instant Julie décide avec toute sa force de conviction de se laisser aller totalement.
(... )
La conjonction de ces deux évènements provoque la jouissance commune.
Toute l’essence de la femme se révèle, en basculant dans ce nouveau monde.
Saut dans l’inconnu, faire confiance.
Frisson de peur et aussi extase du renouveau.
Le temps de tournoyer quelques secondes, tout l’univers des possibles se met ainsi à exister, un temps de suspens pour toute réalité.
La dépense d’énergie est considérable, la femme ne peut rester suspendue dans l’extase éternellement. Doucement, tournoyant à plusieurs reprises, elle décide de revenir lentement sur terre.
Un des possibles va se réaliser, la femme a repris lentement contact avec le quotidien.

L’univers a une nouvelle fois basculé, et rien ne serait plus comme avant.

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Sur un petit chemin (suite et fin)

Youni

[ 5 Aôut 2005 – il y a soixante ans, à 8 h 15, « Enola Gay » larguait « Little Boy » sur Hiroshima. Le monde venait d'entrer dans l’ère nucléaire. Trois jours plus tard, Nagasaki subissait le même sort.
Iran, nucléaire : Téhéran a rejeté les propositions de coopération de trois pays européens (qui négocient au nom de l'UE), l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, les jugeant inacceptables. 
Espace : la navette spatiale Discovery s'est désarrimée de la Station Spatiale Internationale comme prévus dans la mission STS-114. Elle rentrera sur terre lundi.
]

Niger_Garin_Goulbi_5aout2005_2_2

Réf : http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=5352

Spirit_775 repose les jumelles, il est arrivé au bout des images que lui a préparées Elias :
« C’est vraiment intéressant.
- N’est-ce pas.
- Mais j’ai vu qu’il y a une autre scène enregistrée.
- Fais voir ? »

Elias examine les lunette que Spirit_775 lui a tendues :
« Tu as raison. Tiens, cela peut être instructif. Ce que tu as vu appartient donc, comme je te l’ai expliqué, à deux réalités différentes. En fait, une petite vibration quantique, en l’occurrence la petite feuille et le vent, a donné lieu a d’autres scènes un peu analogues, comme ce qui se passe entre Arnaud et Juliette dans les deux réalités, scène que tu viens de visionner.
- Ce que tu appelles " point de stabilité " ?
- Exact ! Mais cette histoire se retrouve aussi dans un monde parallèle, à priori complètement différent. Mais il suffit de faire un exercice de transposition pour passer d’une réalité à l’autre : ces jumelles sont spécialement conçues à cet effet.
- Oui, je suis curieux de voir cela.
- Je vais te le montrer, mais auparavant, je te propose de marcher un peu. Cela nous fera du bien.
- D’accord »

Les deux esprits reprennent leur chemin imaginaire en silence. Le ciel s’est soudainement obscurci, quelques grosses gouttes se mettent à tomber. Elias demande :
«  C’est ton idée, cette pluie ?
- Oui. Je me suis permis. Mais si cela te dérange…
- Non. Pas du tout. C’est vrai que cela va bien avec ce paysage. Mais pas de pluie battante, ni d’orage. Je n’aime pas trop et j’ai envie de calme.
- C’est tout à fait mon idée. Content que tu sois d’accord. »

Le chemin qu’ils ont pris les entraîne maintenant vers un paysage plus « dur ». Les sons de la petite rivière, du tracteur et des cris d’enfants se sont progressivement atténués pour finalement s’éteindre complètement. Les arbres, se font de plus en plus rares, il ne reste que quelques pins sur une végétation rare. Normal : des roches sur un terrain granitique ont pris le pas sur les terres plus meubles et cultivables. Un site plus tourmenté, accidenté, une montagne granitique en miniature. Maintenant, des ajoncs et des genêts ont remplacé les anciennes prairies riantes, bordées de haies et de frênes. Plus une maison alentour, la nature intacte. 

« Tu as tiré ce paysage de quel endroit ? » Malgré son omniscience, Elias ne voit pas quel région son élève a mentalisée : s’il a de grands « dons », il ne s’appelle pas Youni ! Spirit_775 est assez fier, finalement, de savoir quelque chose que ne connaît pas Elias :
« Bretagne. La forêt de Broceliande.
- Sapristi ! – Elias ne jure pas souvent, pour lui ce petit mot est le plus grossier qu’il connaisse – J’aurais du le savoir…
- Cela te convient ?
- Tu penses ! j’ai l’impression de revoir mes anciens collègues.
– Lesquels ?
- Toute la clique de la Table Ronde : Arthur, Merlin, Viviane... Même Morgane, avant qu’elle ne tombe entre les mains des F.O. ! Une grande perte… Et une sacrée bagarre. Nous y avons laissé des plumes.
- ... Des ailes d’anges déplumés ! Comme les poulets... »
Elias part sur un rire énorme :
« Très spirituel !… »

… Une pluie fine s’est mise à tomber, mais le ciel s’est radouci et un bleu pale cohabite maintenant avec les nuages gris clairs. Au détour d’un chemin, ils aperçoivent un banc, sous trois grands pins qui protège un peu de la pluie. Elias propose de s’asseoir. Ils restent ainsi silencieux et immobiles, à absorber toute la magie du panorama : devant eux se déploie le site dit du « Val sans retour ».

Elias communique ses pensées, des images issues du temps de la quête du Graal, à travers l’épopée des chevaliers de la table ronde. Et aussi toute la spiritualité celtique qui s’était développée en Bretagne avant la conquête romaine.
« Je crois que ce lieu est vraiment adapté à ce que tu vas voir. » Elias a pris les jumelles et effectué quelques menus réglages avant de les tendre à son élève.
« Tiens, tu peux regarder, maintenant. »
Une nouvelle fois, Spirit_775 a porté ses lunettes à ses yeux.

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Mars : Douce-Cudi

Vibration quantique

[ Lundi 13 Juin 2005 Acquittement de Michael Jackson, accusé de pédophilie. Libération des otages Florence Aubenas et Hussein Hanoun. ]

extrasolar_spaceref

réf : http://perso.orange.fr/pgj/0605-nouvelles.htm#Gliesse_876c
(la plus petite planète extrasolaire à ce jour )

Spirit_775 est subjugué par les images qui défilent devant ses yeux…

… Le gouvernement martien a mis en place un travail civil obligatoire, une fois par semaine et d’une durée d’une demi-heure. C’est ainsi que se forment les petits groupes dans la ville de Douce-Cudi, comme dans toute ville de Mars.
Le but de ces groupes est de se connecter spirituellement pour maintenir leur idée d’harmonie, en travaillant plus particulièrement sur l’empathie aux autres. Chaque groupe choisi un thème libre et doit y « plancher » pendant la demi-heure de civilité.

Le thème choisi pour un des groupes de Douce-Cudi est une mélodieuse journée printanière. Pour coordonner l’ensemble des images mentales en un tout harmonieux, il a été décidé que chacun imaginerait un élément du fleuve M’Ouscerne qui  circule à travers la forêt entourant la ville. De plus, pour unifier la vision commune, le martien Radnua, par ses dons particulier, devra personnifier une légère brise.

Tous en phase, les antennes des martiens commencent à ondoyer doucement sous la caresse du vent printanier incarné par Radnua. Y compris celles de T’Lijeute, la petite martienne qui vient tout juste d’emménager et participe pour la première fois au groupe. Chacun se met à vibrer selon sa propre nature, sans heurt ni violence, en communion avec le souffle aérien ambiant que projette mentalement Radnua.

T’Lijeute, comme les autres frissonne tendrement sous le frôlement de l’air. Tout est mélodieux. Une martien étranger entrant en connexion n’aurait vu que calme et immobilité, alors qu’avec un peu plus d’attention et de perspicacité, il se serait vite aperçu que les apparences étaient trompeuses, et que tout esprit frémissait.

Paradoxe éternel de l’immuable et de l’évolutif...

Radnua a pris possession de l’environnement de tous les esprits et circule amoureusement parmi eux. Mais ce n’est pas réellement une prise de pouvoir : simplement l’utilisation de son don particulier. Car Radnua sait bien que tout un chacun participe à l’harmonie qui s’est installée. Sa présence est certes importante, mais seul, il ne peut prendre conscience de son essence.

Son don particulier est de faire vibrer les êtres et les choses à travers les caresses qu’il prodigue à toute rencontre sur son chemin. Il est son propre souffle, mais aussi la vibration infra-sonique sur les cailloux du fleuve, l’ondoiement des frondaisons de la forêt entourant Douce-Cudi, le crissement presque frénétique du sable, la rugosité des rochers, l’odeur des pins en bordure du torrent, et le parfum humide émanant du cours d’eau – la projection du fleuve M’Ouscerne ayant été attribuée à T’Lijeute pour son intronisation dans le groupe, lourde responsabilité !
Radnua est devenu souffle, aveugle à lui-même mais se ressentant à travers la pluralité des autres.
De même, chaque esprit martien est devenu aveugle à sa propre nature, et cependant conscient d’exister par l’intermédiaire du courant d’air qui l’enveloppe.

Paradoxe de la vie...

T’Lijeute est heureuse, et ressent de tout son être la joie de vivre la volupté de l’existence.
Elle est elle, mais aussi le fleuve et son parfum qu’exhale Radnua.
Mais intérieurement, elle se sent frustrée d’en rester là : son ego souhaite autre chose : un frisson plus intense, une convulsion amoureuse, ou tout autre sensation inconnue.
Oh, elle ne demande pas grand chose, ni que cela dure pour l’éternité, mais uniquement un court instant pour elle et pour sa propre essence, elle désire ardemment un frisson nouveau.

Rien que pour elle, oublier un court moment l’harmonie universelle, être entièrement et pleinement égoïste.
A vrai dire, chacun des martiens ressent ce désir purement égoïste, mais celui-ci doit rester enfouis en eux, c’est la règle.
Radnua a aussi eut aussi une pensée de ce genre et décide de vibrer un peu plus intensément.

Juste un court moment. Un court instant.

Oh, uniquement un minuscule changement, cela ne risquait pas de perturber l’ordre et tout reviendrait comme avant une fois son expérience achevée. Un saut quantique minuscule en quelque sorte, juste pour voir.
Coïncidence, ces deux pensées entrèrent en résonance au même instant.
Ainsi, Radnua augmenta brutalement l’intensité de son souffle, alors qu’au même instant la T’Lijeute décidait avec toute sa force de conviction de faire vibrer le courant du fleuve de façon plus dynamique.
Les quatre antennes de T’Lijeute et Radnua oscillèrent plus intensément au même moment.

La conjonction de ces deux évènements provoque la formation soudaine d’un remous plus important, provoquant une énorme vague quittant le lit du fleuve.
T’Lijeute est surprise par la tournure prise par les évènements.
Qu’e vont penser les autres martiens de ses pensées ?
Elle manque lâcher prise à sa concentration, mais réussit tant bien que mal à la conserver.
Le saut dans l’inconnu, faire confiance.
Le frisson de la peur et aussi l’extase du renouveau.

Le fleuve a quitté son lit quelques secondes, traçant un nouveau chemin possible travers la forêt, chemin d’une nouvelle réalité.
La dépense d’énergie est considérable, T’Lijeute ne peut maintenir ce nouveau tracé. Doucement, elle abaisse son rythme pour calmer le flot, et celui-ci, après un détour en forêt, reprend lentement son ancien cours.
Mais ce court instant de vibration avec Radnua lui reste à l’esprit : elle s’est sentie merveilleusement bien à son contact, elle doit le revoir.

L’univers a une nouvelle fois basculé, et rien ne sera plus comme avant.

… Spirit_775 a reposé ses lunettes :
« Et maintenant ?
- Un petit saut dans le temps. 2007. L’autre réalité. »

En silence, Elias et Spirit_775 ont repris leur marche silencieuse dans la lande bretonne…

Posté par Pluto à 06:17 - Vibration incertaine - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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